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17 de mars de 2021 Twitter Faceboock

#OnSeLeveEtOnSeBat
Chronodrive veut licencier Rozenn : organisons la riposte féministe !
Notti Ness

Rozenn, étudiante et travailleuse syndiquée CGT à Chronodrive, est menacée de licenciement après avoir mené une lutte contre les violences sexistes et sexuelles subies dans son entreprise, mettant notamment en cause la responsabilité de la direction.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Chronodrive-veut-licencier-Rozenn-organisons-la-riposte-feministe

Pour participer à la campagne de soutien : signez la pétition de la CGT Chronodrive "Non au licenciement de Rozenn, étudiante et travailleuse mobilisée contre le sexisme !" et donnez à la caisse de grève pour permettre aux salariés, en grande majorité étudiants précaires, de se mobiliser contre le licenciement de Rozenn !

Rozenn, militante féministe en entreprise

En octobre dernier, en plein cœur de la crise amplifiée par la pandémie, Rozenn, étudiante travailleuse et syndiquée CGT, constituait avec ses collègues une commission de femmes dans le but de s’organiser contre les violences sexistes et sexuelles subies sur leur lieu de travail. Cette commission naissait d’un constat : face aux violences sexistes et sexuelles, les directions d’entreprise imposent l’omerta pour préserver leur image et leurs intérêts privés. En effet, la vague de témoignages de travailleuses de la RATP, de Biocoop, de McDonald’s ou encore de Chronodrive mettait au grand jour le caractère systémique de ces violences, mais aussi toute une panoplie de techniques managériales usant de menaces et d’intimidations pour faire taire les victimes.C’est donc pour briser et combattre cette omerta que les femmes de Chronodrive ont décidé de s’organiser contre les violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent au quotidien, n’hésitant pas à dénoncer le rôle de leur direction dans la contention de leur parole. Elles ont également dénoncé la dégradation constante de leurs conditions de travail, dans un secteur avec un fort turnover qui emploie majoritairement des jeunes étudiants précaires, les rendant d’autant plus vulnérables aux violences sexistes mais aussi racistes, sociales et patronales.

Avançant l’argument que le sexisme ne s’arrêtait pas aux portes de l’entreprise, elles ont mené une politique visant à allier les femmes de différents secteurs dans la lutte contre les violences de genre, notamment le collectif McDroits qui était à l’initiative d’une tribune de 140 témoignages dénonçant le sexisme d’entreprise. Ainsi, Rozenn est intervenue publiquement dans différents cadres étudiants et féministes, notamment en soutien aux dénonciations d’agressions sexuelles dans les IEP ou encore contre la précarité étudiante au cours de la campagne du syndicat étudiant Le Poing Levé au Mirail, pour revendiquer la nécessité de s’organiser depuis les lieux de travail et d’étude,en toute indépendance de l’État et du patronat, contre l’ensemble des violences sociales approfondies par la gestion capitaliste de la crise économique et sanitaire. 

Menacée de licenciement pour avoir lutté contre les violences sexistes et sexuelles à Chronodrive

Le 6 mars, deux jours à peine avant la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Rozenn apprenait sa mise à pied pouvant mener à un licenciement, sans qu’aucun motif officiel soit annoncé. Si la direction se justifie aujourd’hui en invoquant un tweet où Rozenn aurait porté atteinte à l’image de Chronodrive en dénonçant le gaspillage alimentaire réalisé par l’entreprise, il ne fait aucun doute que cette mise à pied fait suite à la lutte menée par elle et ses collègues contre le sexisme dans leur entreprise et constitue ainsi clairement une volonté de lui faire payer son engagement féministe, politique et syndical. Face à cette répression patronale, la CGT Chronodrive a immédiatement publié un communiquépour dénoncer les faits et lance, en alliance le collectif féministe Du Pain et Des Roses, une large campagne de soutien contre le licenciement de Rozenn et contre toute sanction à son encontre. 

L’attaque contre Rozenn est une attaque contre toutes les femmes qui relèvent la tête

Dans un contexte de libération de la parole où des milliers de femmes ont relevé la tête en dénonçant les violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent au quotidien,où des travailleuses de l’éducation, de la distribution et de la santé ont levé le voile sur la place qui leur est faite dans la société capitaliste, le licenciement de Rozenn est loin d’être anodin. Il constitue, au contraire, le mépris le plus total vis-à-vis de toutes les voix qui se sont élevées et s’élèvent encore aujourd’hui.

Si cette vague de dénonciations constitue une étape importante dans la politisation et le développement du mouvement féministe, puisqu’elle permet notamment d’exposer le caractère systémique de ces violences, elle ne saurait être suffisante. En effet, il est important de mettre en place un plan de bataille qui s’attaque profondément au système capitaliste qui se sert des violences sexistes et sexuelles, et plus globalement des violences de genre, pour se préserver. En s’organisant sur leur lieu de travail contre les violences qu’elles subissent, les femmes de Chronodrive ont été le terreau de cette mise à l’offensive qu’il est important d’amorcer pour s’attaquer à la racine du problème.En ce sens, le licenciement de Rozenn est un coup porté au mouvement féministe dans son ensemble puisque le message qu’il envoie est clair : "si vous vous attaquez à l’ordre capitaliste patriarcal, nous, les dominants de ce monde, vous écraserons".

Ne pas lutter contre ce licenciement, c’est donc donner du poids à toutes les répressions à venir des femmes qui oseraient dénoncer et s’organiser contre les violences sexistes et sexuelles, mais aussi contre tous types de violences,sociales, raciales, économiques. Il est donc indispensable que toutes les organisations et collectifs féministes, tous les partis et appareils syndicaux, mais aussi toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur soutien aux campagnes de dénonciation des violences sexistes et sexuelles, fassent front aujourd’hui contre la répression que subit Rozenn et contre son licenciement. Pour qu’ils comprennent que,s’ils touchent à l’une d’entre nous, ils touchent à toutes : soutenons Rozenn !

Pour participer à la campagne, contactez le collectif Du Pain et des Roses sur Facebook, Instagram et Twitter !

 
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