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La Izquierda Diario
17 de mars de 2021 Twitter Faceboock

Vidal démission
Paris. Face au mépris du gouvernement, 2000 étudiants dans la rue pour revendiquer des mesures d’urgence pour la jeunesse
Mateo Falcone

Face à une situation dans la jeunesse qui continue de s’aggraver, différentes organisations de jeunesse ont décidé de battre le pavé ensemble ce mardi 16 mars pour dénoncer les mesurettes du gouvernement, revendiquer un plan d’urgence face à la précarité et des moyens pour les universités.

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En milieu d’après-midi ils étaient plus de mille étudiants issus de plusieurs facultés à se retrouver près du ministère du travail dans le 7ème arrondissement. Dans le cortège, au milieu des multiples drapeaux rouge et blanc des différentes organisations politiques et syndicales, nous retrouvons Coralie, étudiante en première année de physique-chimie : « La situation est très grave, c’est dur de boucler les fins de mois, en plus suivre les cours en distanciel c’est très compliqué, alors aujourd’hui je suis sortie manifester parce qu’on en a marre d’être des étudiants fantômes ! ».

Aujourd’hui les organisations de jeunesse ont décidé de battre le pavé pour continuer à alerter sur la situation que vit la jeunesse estudiantine, et pour crier leur colère face au mépris du gouvernement. Depuis le début de la crise, la situation est chaque jour plus dramatique pour les jeunes, le recours de plus en plus massif à des aides alimentaires est en ce sens l’illustration la plus frappante d’une précarité qui se généralise. A cela s’ajoute la difficulté de suivre des cours en 100% distanciel, dès lors que l’isolement et l’absence de liens sociaux favorisent le décrochage scolaire, quand en arrière-plan les phénomènes de dépression très largement partagés, de par leur ampleur, sont devenus un véritable problème de santé publique.

C’est pour répondre à l’urgence de la situation que différentes organisations de jeunesse ( NPA Jeunes, Unef, Jeunes insoumis, …) avaient décidé d’appeler à cette date du 16 mars pour exiger notamment une augmentation drastique des moyens alloués aux universités afin de permettre une reprise des cours en présentiel au moins à 50%, mais aussi la création d’un revenu pour tous les étudiants y compris pour les étudiants étrangers et la gratuité de tous les soins médicaux.

Face à la situation dramatique de la jeunesse le gouvernement s’est contenté de répondre par des mesurettes, comme les « repas » CROUS à 1 euro ou les chèques psys. Aucune aide sociale permanente n’a été mise en place et l’extension du RSA au moins de 25 a été d’emblée balayée par le président Emanuel Macron.

Pourtant si les étudiants connaissaient la précarité bien avant la crise, le Covid-19, les confinements et couvre-feux sont venus exacerber une situation qui était déjà dramatique pour la jeunesse. Travailleurs au black, travailleurs précaires, auto-entrepreneurs, la jeunesse forme un réservoir de travailleurs, bon marché et sans sécurité de l’emploi, et une armée de réserve pour les patrons, quand il est normalisé que vie étudiante rime avec fins de mois difficiles et pâtes dans le placard. Alors que la crise économique s’intensifie, les emplois jeunes ont été les premiers à sauter. Pour les capitalistes, ces salariés très faciles à mettre à la porte (il suffit de ne pas renouveler leurs contrats – quand ils en ont un) constituent une réelle variable d’ajustement dans les périodes de crise. En ce sens les chiffres actuels sont catastrophiques pour la jeunesse, près d’un jeune sur cinq a été mis au chômage, plus de 20% vivent sous le seuil de pauvreté et près de 74% déclarent avoir été en difficulté financière ces derniers mois.

Pour ce qui est de la reprise des cours, si le gouvernement avait annoncé une reprise à 20% pour l’ensemble des étudiants, mais l’annonce ne résiste pas à l’épreuve du réel quand le manque de moyens empêche les universités de rouvrir largement leurs portes. Pour Lhassa étudiante en première année d’histoire à Paris 8 : « Les annonces du gouvernement ne sont que des annonces, alors que ça fait plus d’un mois qu’ils ont annoncé que nous reprendrions les cours en présentiels, je n’ai toujours pas eu un seul cours ailleurs que depuis ma chambre ! ».
Du ministère du travail à celui de l’enseignement supérieur, sous escorte policière, les appels à la démission de Vidal, leur ministre de tutelle, se sont multipliés. La manifestation qui devait symboliquement se terminer devant le ministère de l’enseignement supérieure a été empêchée d’arriver à son terme après l’intervention de la police.

Cette journée de mobilisation doit servir à construire les suivantes. En ce sens, la prochaine date de mobilisation régionale se déroulera le 24 mars prochain et prendra la forme d’une journée de solidarité. Pour répondre à l’urgence mais aussi commencer à penser et organiser une réponse collective, soyons nombreux, place de la Sorbonne, le 24 mars prochain de 11h à 15h. L’objectif est non seulement de répondre à l’urgence de la faim et de la détresse mais aussi de poser les bases d’une riposte commune contre un gouvernement qui fait agoniser la jeunesse et le monde du travail. Contre Vidal, Macron et leur monde nous avons besoin de nous rencontrer et de penser ensemble une riposte ouvrière, jeune et populaire !

 
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