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19 de mars de 2021 Twitter Faceboock

Rassemblement à Paris Nord
« On veut redonner espoir » : Après deux mois de lutte, les grévistes de l’Infrapôle toujours déterminés
Simon Derrerof

Ce jeudi 18 mars grévistes de l’Infrapôle et soutien de leur lutte étaient rassemblés sur le parvis de la Gare du Nord. Après 60 jours de lutte et malgré la menace de répression, la détermination reste forte pour les travailleurs qui se battent pour leurs conditions de travail.

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Crédits photo : Bono-Michel André

Ce jeudi 18 mars les grévistes de l’Infrapôle Paris Nord et leur soutien étaient rassemblés devant le parvis de la gare du Nord pour dénoncer l’attitude de la SNCF et montrer leur détermination. Depuis maintenant deux mois ces travailleurs qui s’occupent de l’entretien des voies du réseau SNCF sont en grève pour leurs conditions de travail. Alors que c’est de ces travailleurs que dépend la sécurité des millions d’usagers quotidiens qui transitent par la Gare du Nord, la première gare d’Europe, ceux-ci exercent dans des conditions difficiles dans le froid, la nuit, la saleté. Depuis plus de 60 jours, ces derniers se sont donc mis en grève après que la direction ait une nouvelle fois refusé de leur attribuer une prime qui leur avait été promise.

« Ce qu’on réclame c’est peu de chose, aujourd’hui on a un patron qui fait la forte tête, mais nous on ne lâchera rien. C’est ma première grosse grève, aujourd’hui je me retrouve à la porte de la radiation. Même pas peur ! C’est pas ça qui nous fera lâcher. Je suis content de voir avec nous des contrôleurs, des tractionneurs, je vois des étudiants, je vois de la solidarité, on est proche du but, et on ne lâchera rien. » a introduit Nourdine, gréviste de l’Infrapôle Paris Nord.

De fait, le maître mot du rassemblement était la détermination. Face à une SNCF prête depuis le début du conflit à employer tous les moyens pour casser la grève, les grévistes n’entendent pas plier. Après que l’entreprise n’ait pas hésité à passer les travailleurs en horaires de jour, leur retirant ainsi les primes de nuit, elle a finalement été condamnée vendredi dernier pour atteindre au droit de grève Or, face à cette défaite judiciaire, la SNCF a décidé de convoquer neuf agents et de les menacer de licenciements, allant plus loin encore sur le terrain de la répression. Des attaques qui renforcent la nécessité d’une solidarité large qui s’est exprimée lors du rassemblement.

Aux côtés des grévistes, plusieurs secteurs étaient présents en soutien. De nombreux cheminots, ses travailleurs de la RATP, des travailleurs de Grandpuits, des étudiants ou encore le député LFI Eric Coquerel, mais aussi l’actrice Corinne Masiero.

« Les camarades de l’Infrapôle ont relevé la tête et c’est une génération ouvrière dont je suis fier. Ils étaient là pour soutenir les raffineurs de Grandpuits, mais aussi les salariés de Roissy ou Sanofi. Et cette bataille là on espère qu’elle va se solder par une victoire. » a commencé par noter Anasse Kazib, délégué SUD Rail aux côtés des grévistes depuis le départ. « Quand on a des grèves offensives ça redonne espoir » s’est exprimé Mathieu Borie de la fédération SUD Rail. Une solidarité également financière, à l’image de Willy de SUD Rail Centre – Val de Loire venu apporter un don de cheminots syndiqués et non-syndiqués pour les grévistes. Même geste fort du côté de SUD Rail Paris Nord, pour qui s’est exprimé Karim Dabaj du Landy. « Les invisibles sortent de terre » a noté de son côté Antho, commercial à la SNCF, tandis que Fabien Villedieu, délégué SUD Rail a rappelé la force et l’exemplarité de cette lutte : « Soyez fiers. Une grève offensive, bravo. J’apprends à votre contact après 20 ans à la SNCF. »

En cette journée particulière, 150ème anniversaire de la commune de Paris, les références à cette histoire et à l’importance de la solidarité ouvrière n’ont pas manqué. Un lien directement fait par Eric Coquerel : « Quoi de mieux pour célébrer l’anniversaire de la Commune que de soutenir les Communards d’aujourd’hui. »

Les travailleurs de la CGT RATP avaient également tenus à être présents. Alexandre, Ahmed, Didier, Patrick ou encore Faouzi, délégués CGT et figures de la lutte historique contre les retraites ont insisté sur l’importance de la lutte des agents de l’Infrapôle. Autre figure présente, Adrien de la CGT Grandpuits : « Le taff on le fait, on sait mieux le faire qu’eux. Comme l’a dit Didier il faut qu’on s’organise et que partout chacun se sente concerné quand un travailleur se fait taper. »

Des étudiants étaient également présents pour soutenir les grévistes, à l’image de Matéo militant au Poing Levé et au NPA - Révolution Permanente. « On est plusieurs étudiants présents on voulait vous dire merci parce que déjà vous vous battez pour notre sécurité, merci aussi parce que vous relevez la tête, vous nous montrez qu’on peut se battre pour des conditions de travail et dans une grève offensive. Vous faites écho à notre situation, à celle des étudiants qui sont en dépression, qui sont à découverts, vous êtes un exemple pour nous ».

Elsa, élève avocate qui a défendu les grévistes au tribunal est enfin revenue sur la répression qui tombe sur les grévistes. « Merci parce que c’est un combat exemplaire, c’est un travail difficile qui est le vôtre, vous êtes responsables de la sécurité de centaines de milliers de personnes. La direction essaye de vous casser moralement, leur terreur c’est que vous fassiez exemple, que vous donniez envie à d’autres de faire comme vous. Avec la grève vous avez montré que vous aviez raison. »

Au total ce sont près de 150 personnes qui étaient donc présentes pour exprimer leur solidarité avec les grévistes de l’Infrapôle Paris Nord. Dans une période où s’accumulent partout les attaques du patronat, main dans la main avec le gouvernement, leur lutte pour la dignité est un exemple pour notre classe. Les grévistes ont également pu s’exprimer pour remercier leurs soutiens, à l’image de Younes, de Jérôme, Anthony ou encore de Rudy. Face aux PSE et aux attaques sur les conditions de travail, les grévistes montrent que la meilleure réponse est la lutte combative et l’auto-organisation. Face à la répression que tente de mettre en place la SNCF les grévistes ont besoin de soutien, en ce sens il est central de participer à la caisse de grève et de les soutenir dans leur combat.

 
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