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5 de avril de 2021 Twitter Faceboock

écologie
110 morts des inondations en Indonésie, la déforestation directement responsable
Léon Sidhoum

Le bilan du cyclone tropical Seroja qui a frappé le Sud-Est de l’Indonésie et le Timor oriental n’en finit pas de s’alourdir. Les soudaines pluies torrentielles ont provoqué de nombreux glissements de terrain qui sont, pour de nombreux défenseurs de l’environnement locaux, dues à la déforestation pour l’exploitation de l’huile de palme.

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crédits photos : AP

Le déluge qui s’est abattu sur l’archipel du Sud-Est asiatique a rapidement fait déborder les réservoirs naturels qui se sont mués en torrents de boue. De nombreux pans de colline n’ont pas supporté l’importante masse d’eaux qui s’est déversée ces derniers jours ; ce qui a provoqué de nombreux glissements de terrain dans lesquels on été emportés plusieurs hameaux entiers.

A l’heure actuelle, le bilan des victimes ne cesse de s’allonger, tout comme le nombre de personnes portées disparues. Les fragiles infrastructures du pays ont été lourdement endommagées par ces inondations : routes coupées, ponts détruits et amoncellements de détritus rend les opérations de secours presque impossibles dans les territoires les plus sinistrés. « La boue et la météo constituent un gros défi, de même que les débris qui s’amoncellent et rendent les recherches difficiles », a déclaré Raditya Djati, porte-parole de l’agence indonésienne de gestion des catastrophes. Sur l’île de Florès, particulièrement touchée, de nombreux ponts, routes et maisons sont ensevelis sous la boue. Des milliers de personnes se sont donc retrouvées sans abris en ayant perdu tout ce qu’elles possédaient. Mais la situation humanitaire risque de se dégrader dans les prochains jours.

Les glissements de terrain et les crues sont courants dans la région, notamment durant la saison des pluies. Mais l’ampleur croissante de ces phénomènes amène de nombreux défenseurs de l’environnement à pointer du doigt la déforestation qui favorise ces catastrophes. En effet, il a été démontré que les racines des arbres jouent un rôle important dans la fixation des sols et leurs capacités à ne pas être emportés durant de fortes précipitations. La déforestation accélère donc gravement l’érosion des sols.

Or, l’Indonésie qui possède la troisième forêt tropicale du monde, est l’une des régions du monde où la déforestation est encore plus rapide qu’en Amazonie. Au-delà de l’exportation de bois, c’est principalement l’exportation d’huile de palme qui est la deuxième source de profits derrière les hydrocarbures, soit dix-neuf milliards d’euros en 2014.

Parmi les principaux acheteurs de cette huile de palme : Total qui tente de vendre le biocarburant comme une solution d’avenir. La troisième dotation du CAC40, en 2019, a transformé la raffinerie de La Mède afin de produire du carburant à partir d’huile de palme. Mais la justice elle-même pointe les limites de ce greenwashing aux conséquences funestes

En Indonésie, 125 millions de personnes, soit environ la moitié de la population de l’archipel, vivent dans des régions à risque de glissements de terrain. La déforestation du sud est asiatique dû à l’exploitation capitaliste des ressources naturelle ne tue pas seulement les Orang Outant : aujourd’hui, elle tue massivement les populations les plus précaires de ces pays.

 
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