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La Izquierda Diario
6 de avril de 2021 Twitter Faceboock

Blanquer démission
Le retour au distanciel vire à la catastrophe : il faut des moyens pour l’éducation nationale !
Lili Krib

Sur twitter mardi, le #ecolealamaison était en tendance. Pour cause le retour au distanciel s’est avéré très chaotique, entre dysfonctionnements et bugs informatiques. Un an après c’est toujours l’impréparation qui règne au sommet de l’éducation nationale.

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Crédits photo : MAXIME LEONARD / HANS LUCAS / AFP

Ce mardi 6 avril, démarrait, un an après leur première mise en place lors du confinement du printemps 2020, le retour des cours en distanciel pour les écoles, collèges et lycées. Une reprise qui s’est déroulée non sans difficultés, avec une transmission numérique des enseignements en proie à de nombreux dysfonctionnements rendant les cours compliqués voire impossibles à suivre.

Pourtant, l’afflux de connexions qui a provoqué la saturation des réseaux et serveurs ce matin, comme on a pu le voir avec les environnements numériques de travail (ENT) « fortements ralentis voire inaccessibles » - comme a été forcé de reconnaître le gouvernement - dans certaines régions telles que l’Ile-de-France, le Grand-Est, les Hauts-de-France, ou l’Occitanie, était plus que prévisible. L’incapacité technique à mettre en place la continuité pédagogique est la conséquence directe de l’impréparation totale du gouvernement. Non s’en s’être vanté, depuis septembre dernier, d’être « prêt » en cas de passage en distanciel des enseignements, Blanquer demande aujourd’hui au personnel de l’éducation nationale, sans lui céder un seul centime, de soulever des montagnes en un rien de temps.

Un an après le premier confinement, aucune leçon n’a été tirée. C’est le constat largement partagé et dénoncé par les personnels de l’éducation nationale, qui ont été nombreux à s’exprimer sur le sujet ce matin sur les réseaux.
En tendance sur Twitter, les hashtag #BlanquerMent, #écolesouvertes ou encore #Pronote ont été relayés, accompagnés de multiples témoignages exprimant la colère des élèves et des enseignants et mettant en lumière l’ampleur des pannes informatiques, les risques de décrochage massif, ou encore l’abandon total dans la transition en distanciel des enseignements. Ces nombreux messages, pointaient aussi unanimement du doigt la responsabilité du gouvernement, qui n’injecte toujours pas de moyen dans l’éducation nationale, dont le personnel voit ses conditions de travail toujours plus dégradées.

Continuant de fermer les yeux sur les inégalités numériques et matérielles criantes et ne fournissant aucune aide financière à la hauteur - pour garantir ordinateur, logiciel, réseau internet ou serveur stable aux élèves et professeurs - le gouvernement refuse toujours de reconnaître sa responsabilité après avoir portant défendu vouloir garder les écoles ouvertes à tout prix au nom de la lutte contre les inégalités.

Ce matin, pour expliquer le dysfonctionnement du site virtuel du CNED (Centre Nationale d’Enseignement à Distance) « Ma classe à la maison » Blanquer parlait d’« une opération malveillante (…) apparemment venue de l’étranger » empêchant le serveur de marcher. « Une affirmation accueillie avec un certain scepticisme, tant du côté des syndicats d’enseignants que de certains experts en cybersécurité », comme rapporte Le Monde.

Cherchant encore à justifier ses manquements de taille, Blanquer a par ailleurs étayé son argumentaire autour de la surchage des plateformes numériques mises à disposition par le ministère de l’enseignement. À propos des bugs des ENT, il mentionnait les « difficultés d’un opérateur privé [OVH] qui a eu un incendie à Strasbourg il y a quelques temps et qui n’a donc pas pu faire face à l’afflux de connexions ce matin ». Une énième excuse que le directeur d’OVS, Michel Paulin, n’a pas tarder à démentir fermement dans un tweet.

Maintenir les écoles ouvertes coûte que coûte sans y injecter les financements nécessaires pour assurer la continuité pédagogique malgré la crise sanitaire, c’est se retrouver inévitablement forcé à devoir les fermer, en arrivant à des situation dramatiques et scandaleuses comme au Lycée Delecroix où 20 proches d’élèves sont morts du Covid, ou comme les remplacements de professeurs par des AEDs. Passer les enseignement en distanciel, toujours sans moyens c’est encore sacrifier l’éducation nationale, ses professeurs et ses élèves. Face à un gouvernement qui cherche à faire payer la crise aux petites mains essentielles à la société et en première ligne du virus, dans les hôpitaux comme dans l’éducation nationale, et face à sa gestion catastrophique de la crise sanitaire, il faut exiger des moyens à la hauteur des besoins pour l’ensemble des établissements scolaire, ainsi que l’embauche massive de personnels.

 
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