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7 de avril de 2021 Twitter Faceboock

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Ahmed Berrahal : « La RATP essaye de camoufler des agressions sexuelles en me faisant taire ! »
Flora Carpentier

Ahmed Berrahal, délégué CGT RATP à Pantin, est à nouveau menacé de licenciement, convoqué en entretien disciplinaire ce jeudi 8 avril. Dans une interview exclusive, il révèle les vraies raisons de cet acharnement à son encontre : avoir dénoncé plusieurs cas d’agressions et de harcèlement sexuel dans l’entreprise, que la direction cherche à étouffer à n’importe quel prix.

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Quelques mois à peine après avoir été réprimé de 2 mois de mise à pied, Ahmed Berrahal, syndicaliste CGT au dépôt RATP Flandre à Pantin et meneur de la dernière grève, se retrouve à nouveau dans le viseur de la RATP. Cette fois-ci, il lui est reproché d’avoir remonté à sa hiérarchie la main courante d’une salariée accusant un chef d’agression sexuelle. Avoir satisfait ses obligations en tant que représentant syndical et secrétaire CSSCT en alertant d’un fait aussi grave serait ainsi constitutif de harcèlement moral envers le chef incriminé. Le message de la RATP est on ne peut plus clair, face au harcèlement et aux violences sexistes et sexuelles en entreprise : circulez, il n’y a rien à voir ! La main courante en question, datée de juin 2020 et que nous avons pu consulter, est pourtant explicite :

« Un collègue de travail m’a proposé d’aller boire un verre (...), ce que j’ai accepté. A l’issue de ce verre, à bord de sa voiture (…), celui-ci m’a touché les seins. Je l’ai alors arrêté et je lui ai demandé ce qui le prenait de faire ça. (…) Je lui ai demandé de me déposer. Il s’est alors arrêté (...), est sorti de la voiture avec moi. A ce moment-là il m’a attrapée par l’arrière du cou et m’a embrassée (…). Je l’ai immédiatement repoussé et je me suis énervée, la scène m’a beaucoup choquée. » 

« Mon rôle c’est d’alerter la direction et prendre cette alerte au sérieux », explique Ahmed. « Quand une femme va dans un commissariat, c’est quand même qu’il y a un signe, c’est une alerte ! Combien de fois on entend des femmes alerter, faire des mains courantes par rapport à leur mari ou leur ex-mari et qu’est-ce qu’on fait ? On ne fait rien et après on entend dire que cette femme s’est fait tuer ou tabasser par son ex-mari, tout ça pourquoi ? Parce qu’on prend limite la femme pour une menteuse ! » s’indigne Ahmed.

Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Ahmed témoigne avoir soutenu de nombreuses salariées de la RATP victimes de harcèlement ou de violences sexistes et sexuelles, face à une direction plus soucieuse d’étouffer les affaires que de prendre une quelconque mesure pour protéger ses employées. Il raconte ainsi le cas de Christelle, conductrice de bus à Nanterre, victime de séquestration et d’attouchements par des agents de sûreté RATP (GPSR). Plutôt que de l’épauler, sa hiérarchie a réagit en lui endossant implicitement la responsabilité de ce qui lui était arrivé, par des questions à charge. Les agents GPSR n’ont eux jamais été inquiétés.

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Cette répression à l’encontre de ceux qui dénoncent les violences faites aux femmes en entreprise n’est pas l’apanage de la RATP, comme l’a montré récemment le licenciement de Rozenn, de la CGT Chronodrive, après avoir dénoncé les violences sexistes dans son entreprise. A Mc Donald également, des salariées ont brisé l’omerta en témoignant des violences subies, couvertes par la direction. Autant de cas qui démontrent que seule l’organisation des travailleurs, et en premier lieu des travailleuses, peut permettre de faire face à ces violences patriarcales qui gangrènent le monde du travail et participent à la mise au pas des salariés.

Pour refuser cet acharnement qui s’abat à nouveau contre Ahmed Berrahal et dénoncer la répression antisyndicale, soyons nombreux ce jeudi 8 avril à 8h devant le dépôt de bus RATP Flandre, 168 av. Jean Jaurès à Pantin (métro 7 Fort d’Aubervilliers).

 
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