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9 de avril de 2021 Twitter Faceboock

Capitalisme Vert
Pantouflage et greenwashing. Brune Poirson quitte le gouvernement pour rejoindre le groupe Accor
Ella Dall’erta

Brune Poirson, l’ancienne secrétaire d’Etat chargée de la Transition écologique, quitterait la politique pour rejoindre la direction de l’antenne du développement durable du géant hôtelier Accor. Si la secrétaire d’Etat n’était pas à un pantouflage près, elle montre une nouvelle fois la réalité de « l’engagement écologique » de ce gouvernement en rejoignant une entreprise qui multiplie à la fois les licenciements et le greenwashing.

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Crédits : Ludovic Marin/AFP

Après avoir laissé son poste de secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson quitte celui de députée du Vaucluse afin de prendre la direction d’une antenne du développement durable au sein du groupe Accor d’après le Journal du Dimanche. Ce départ vers cette multinationale n’est pas une surprise, la femme politique se révélant une véritable adepte du pantouflage, passant du ministère indien, à l’agence française de développement, puis de Véolia, au gouvernement, comme le révèle un article de Planet.fr. Cette histoire témoigne en tout cas du cynisme dont fait toujours plus preuve le gouvernement à l’égard de la question écologique. En effet, lorsque Brune Poirson rejoint le gouvernement, elle sort d’un emploi que l’on peut qualifier sans sourciller de « peu écologique ». Directrice du développement durable de Véolia, son entreprise reçoit le prix Pinocchio qui vient nommer les pires entreprises en matière d’écologie en 2013, pour l’ensemble de son œuvre de privatisation de l’eau dans des villes indiennes.

Son retour vers le privé dans une multinationale comme Accor, leader mondial de l’hôtellerie, est une nouvelle fois pour le moins révélateur de la politique de la Macronie. En effet, ce départ n’est pas anodin : il s’agit bien d’un membre du gouvernement qui choisit finalement de se diriger vers un groupe privé connu pour une série de scandales et qui multiplie les licenciements.
En octobre 2020, le groupe prévoit de supprimer entre 300 et 400 emplois ainsi que de licencier 767 personnes en France en janvier dernier et 1200 dans toute l’Europe. Aussi, en Australie, un hôtel Accor a été accusé de discrimination raciale à l’égard des Aborigènes. La lutte de plus d’an un des femmes travaillant pour une sous-traitance de nettoyage au Ibis Batignolles témoigne également des conditions de travail scandaleuses auxquelles sont confrontées les travailleuses du groupe Accor à qui appartient la chaîne Ibis. Autant de scandales qui montrent de fait le manque de considération de la part de l’ancienne secrétaire d’Etat ainsi que des membres du gouvernement à l’égard des questions sociétales telles que les licenciements ou la xénophobie.

Une nouvelle expression aussi des liens existants entre la haute fonction publique et les grandes entreprises capitalistes, passant sans cesse de postes de cadres dans les multinationales à des postes de direction de l’administration française. Les postes politiques deviennent dès lors des positions permettant de remplir le carnet d’adresse afin de pouvoir en toute facilité se reconvertir dans des emplois particulièrement lucratifs dans le privé. Dans tout les cas, ce nouveau cas montre le peu d’attention accordé par ce gouvernement à la question écologique, quand des mêmes personnes dirigent des entreprises qui polluent et détruisent notre planète, puis sont placées à la tête de ministères écologiques. Ce sont aussi ces mêmes personnes qui sous couvert de greenwashing licencient et détruisent nos vies en défendant un “capitalisme vert” qui ne résout en rien les problèmes environnementaux qui s’accroissent.

 
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