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La Izquierda Diario
23 de avril de 2021 Twitter Faceboock

Gestion impérialiste
Guyane : entre variant brésilien et gestion coloniale, la situation sanitaire empire
Carla Biguliak

Quelques semaines après l’explosion de la troisième vague de Covid en Guyane, l’augmentation exponentielle des cas, dont 80 % correspondent au variant brésilien, alarme les spécialistes.

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Crédits photo : AFP - Jody Amiet

Depuis plusieurs semaines, différents spécialistes alertent sur la détérioration de la crise sanitaire en Guyane. En effet, la courbe de contamination de Covid-19 avait déjà commencé à augmenter vers la fin du mois de mars, ces derniers la situation s’est accélérée de façon considérable, en grande partie à cause du variant brésilien, la rendant tout bonnement catastrophique. Selon le point épidémiologique régional du 22 avril, « le taux d’incidence régional poursuit son augmentation et s’élève à 192 cas pour 100 000 habitants soit une hausse de +33 % par rapport à la semaine précédente. (…) Plus de 80 % des cas correspondent à du variant V3 (BR) ».

Dans ce sens, le directeur de l’Institut Pasteur de Guyane, Mirdad Kazanji, souligne dans les colonnes du Monde qu’« en deux mois, on a observé une diminution drastique du virus d’origine, et la montée rapide du variant brésilien, qui représente aujourd’hui 85 % des échantillons ».

Cela n’est d’ailleurs pas une surprise, puisque la Guyane partage avec le Brésil 730 km de frontière, qui, bien que fermée, est poreuse. Ce qui n’est pas non plus surprenant, c’est que ce variant est beaucoup plus contagieux que la souche historique Sars-Cov-2, et peut s’attaquer à des populations plus jeunes, ce qui se traduit par une très haute occupation des lits de réanimation. Ainsi, le professeur Djossou affirme, dans la colonne du Monde, que « l’évolution est plus rapide chez certains patients vers les formes graves ou sévères de la maladie. Il faut les mettre sous assistance respiratoire très vite ».

Précisément, un autre facteur alarmant alarmante face à cette augmentation des cas et face à l’énorme circulation du variant brésilien est le manque de préparation des hôpitaux pour faire face à cette troisième vague qui les attaque et qui laisse le personnel hospitalier complètement démuni. L’hôpital de Cayenne ne dispose que de 23 lits de réanimation, et si cette semaine ils ont ouvert douze autres lits pour accueillir les patients non atteints de covid, la situation est telle qu’ils n’ont pas les moyens pour garantir encore plus de lits. Dans ce sens, le professeur Djossou soutient, toujours pour le journal Le Monde, que « le problème, c’est le personnel non médical qui manque pour ouvrir des lits ».

Une infime partie de la population vaccinée

Un autre fait alarmant face à cette troisième vague galopante est le pourcentage de la population vaccinée à ce jour, qui n’atteint que 5 %, très loin des moyennes nationales. Selon l’ARS local en plus du manque de vaccins ce sont aussi des demandes de vaccination qui sont en berne. Dans ce contexte et pour rendre encore plus claire l’énorme inefficacité du gouvernement à fournir une information correcte et donc à encourager la population à se faire vacciner, une initiative scandaleuse d’un supermarché à Saint-Laurent-du-Maroni, en partenariat avec l’ARS, est apparue pour offrir des bons de 5e aux clients qui se sont fait vacciner.

Ce terrible mépris montre assez bien que les autorités sont bien conscientes de la précarité dans laquelle vivent les Guyanais, mais qu’elles ne répondront que par quelques miettes. Il serait ridicule de penser que l’accélération de cette troisième vague en Guyane est une surprise. C’est plutôt l’éternelle impréparation du gouvernement français face à ce virus, mêlée à la manière catastrophique dont il gère les territoires sous domination coloniale, qui expliquent le terrible coup dur que représente l’aggravation de la crise pour la population guyanaise.

Si le plan du gouvernement pour résoudre la pandémie est difficile à appliquer dans l’hexagone, et que les chiffres mettent en doute l’efficacité de la stratégie gouvernementale répressive et liberticide, il devient presque ridicule dans les territoires d’autre mer. En Guyane, non seulement les squats et les bidonvilles abondent, mais les infrastructures hospitalières ainsi que les ressources humaines et matérielles laissent beaucoup à désirer. Face à cela, il est urgent de revendiquer l’auto-organisation démocratique des travailleurs, en particulier des travailleurs de la santé, afin de pouvoir établir, un véritable plan à la hauteur de la crise qui priorise la vie et la santé de la population au lieu de veiller sur le profit des grandes entreprises de l’impérialisme français.

 
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