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La Izquierda Diario
23 de avril de 2021 Twitter Faceboock

Répression Syndicale
Tous à Blanquefort le 27 avril : contre la répression syndicale et pour l’avenir de l’usine Magna
Théo Agapé

Après le rachat de l’usine Getrag Ford Transmissions à Blanquefort par Magna, 3 représentants syndicaux sont immédiatement menacés de sanction disciplinaire. Une volonté de la nouvelle direction de casser l’intersyndicale et d’intimider l’ensemble des travailleurs alors que l’avenir de l’usine est incertain.

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Le 27 Avril est un rendez-vous important pour les travailleurs de l’usine Getrag Ford Transmission à Blanquefort dans la lutte contre la répression syndicale qui vient de passer un cap et pour l’avenir de l’usine. En effet, une bataille intense a débuté entre les nouveaux repreneurs Magna Powertrain et les travailleurs depuis l’annonce de départ de Ford l’été dernier. L’avenir incertain de l’entreprise a poussé l’intersyndicale à monter au créneau : face à des perspectives encore floues, et l’absence de projet pour l’avenir du site de la part de la nouvelle direction, ils ont déposé l’été dernier un droit d’alerte. En cause, la diminution drastique de la production annoncée pour 2024 et un potentiel PSE menaçant plus de 800 employés, et les emplois qui sont induits. « Ford et Magna ont déjà approvisionné une somme de 30 millions d’euros pour supprimer 354 salariés, soit la moitié de l’effectif », assure Vincent Teyssonneau (délégué syndical CGT) au micro de France Bleu .

Il faut dire que Ford et Magna préparent le terrain depuis des années contre les deux usines automobiles de Blanquefort. Déjà, le 30 septembre 2019, le géant américain de l’automobile officialisait la fermeture de l’usine, Ford Aquitaine Industries mettant à la porte 849 salariés. Côté Magna (ex-GFT), c’est une diminution de la production qui est programmée depuis des mois : environ 177 000 boites sont produites alors que la capacité de production est d’environ 500 000 ! Une production en sureffectif dont la direction pourra se servir comme argument pour justifier les futurs licenciements. Cette chute des volumes de production, et donc la diminution du chiffre d’affaires, a également permis aux nouveaux acquéreurs le rachat de l’usine pour 13,8 millions d’euros alors que sa valeur actuelle est estimée à 27,5 millions. Un joli cadeau de la part du géant Ford alors que l’ensemble des travailleurs se trouve dans l’incertitude quant à la préservation de leurs emplois. C’est face à cette situation prévisible et préparée que les délégués des différents syndicats ouvriers (CGT, FO, CFTC) demandent des explications et des garanties concernant l’avenir des travailleurs pouvant précipiter des centaines de familles dans la précarité. Suite au CSE, un droit d’alerte économique avait été voté par les travailleurs pour que les repreneurs clarifient dès à présent l’avenir de l’usine et des ouvriers.

De leur côté, les institutions étatiques ont appuyé le rachat de l’usine sans garantie de préservation de l’emploi, ni provision suffisante pour d’éventuelles indemnités. Un positionnement explicitement du côté du patronat et du capital dont le gouvernement nous a habitué depuis le début de la crise sanitaire. Le contrat commercial entre les deux parties prévoit un PSE provisionné à 32 millions d’euros sur les années 2022 à 2024 pour un effectif de 354 salariés soit un équivalent de 74 millions d’euros pour 800 salariés en vue de la fermeture d’usine. Par comparaison, c’était 200 millions d’euros que Ford avait déboursé pour fermer l’usine voisine en 2019 pour le même nombre d’employés !
Dans une lettre ouverte à l’Assemblée Nationale, le député de la gironde Benoit Simian déclarait le 24 Novembre 2020 que «  Cet accord semble respecter les salariés en maintenant les emplois permanents et en renouvelant les accords d’entreprise liés à la protection sociale (…) Il faut se réjouir de cette opportunité pour notre territoire que Magna investisse dans notre main d’œuvre (…) j’espère que la Commission européenne se positionnera très bientôt favorablement à ce rachat  »

La Commission Européenne a donné un avis favorable et son feu vert pour le projet de reprise, alors que Magna, la nouvelle direction, a des antécédents catastrophiques sur le plan social dans les différents sites qui lui appartiennent. Le 18 Janvier 2021, c’est à Cologne que 400 travailleurs apprennent par une vidéo de la direction qu’ils vont se séparer de la moitié des ouvriers de l’usine, rapporte la section du syndicat IG Metall de Köln-Leverkussen. Ce n’est pas sans rappeler la gestion catastrophique de l’épidémie de Covid au sein même de l’usine , où ce sont les salariés qui ont imposé la fermeture de la boîte au premier confinement pour préserver leur santé, alors que la production n’était pas essentielle .
Dans une crise sanitaire sans précédent qui fait plonger des millions de personnes dans l’extrême précarité avec l’accélération de la crise économique, le patronat met en place des mécanismes violents pour faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et aux secteurs populaires : suppressions de postes, licenciements, recul sur les acquis… à Magna, la direction s’attaque aux représentants syndicaux qui défendent les salariés, en cherchant par là à intimider l’ensemble des travailleurs.

L’intersyndicale revendique a minima : « Le maintien de la production de la boîte MX65 pour Ford jusqu’à fin 2026, la mobilisation des équipes commerciales de Magna pour trouver d’autres clients que Ford, la réalisation d’investissements pour produire des nouvelles transmissions automatiques à double embrayage, hybrides ou électriques et la provision de 200 millions d’euros pour réaliser ces investissements ou pour la mise en place d’un PSE digne de ce nom ». Mais pour une bataille qui vaille la peine de se battre, il faut poser la question de l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emploi, zéro recul sur les acquis, et de manière immédiate retrait de l’ensemble des sanctions disciplinaires qui menacent les trois représentants syndicaux. A contre-courant de la répression syndicale et de la restriction de des droits des travailleurs, nous revendiquons une extension de ceux-ci, qui sont clairement capable de prendre en main des productions sans les patrons et leur logique de fuite en avant vers plus de profit. Les perspectives peuvent donc se poser autrement encore, alors que le nouveau repreneur se montre tout aussi hostile que le précédent, et alors que les projections semblent très floues et sombres, la seule issue progressiste serait de mettre nationaliser l’usine, en la mettant sous contrôle des travailleurs eux-mêmes, les meilleurs à connaître leur outil de travail.

Si aujourd’hui les constructeurs automobiles se repeignent en vert en justifiant les licenciements par la transition énergétique, passant à l’hybride/électrique et en délocalisant, c’est surtout un argument pour justifier des vagues de licenciements et de fermetures. Contre ce greenwashing, bien utile pour les patrons, il serait possible d’envisager, sous contrôle démocratique des travailleurs eux-mêmes, la reconversion de leur production dans une perspective plus écologique, incompatible avec les ambitions financières patronales.

Mais pour imposer ces revendications, il va falloir engager un bras de fer pour exiger l’ensemble de ces demandes, en imposant par la force la sauvegarde des emplois pour commencer. Pour toutes ces raisons, si la direction s’attaque aujourd’hui à trois représentants syndicaux, c’est bien pour montrer l’exemple, chercher à museler ceux qui défendent les salariés : il faut condamner fermement les attaques de la direction, et faire changer la peur de camp. Nous apportons tout notre soutien à Vincent, Gilles et Régis et tous les travailleurs de GFT dans cette bataille qui s’ouvre. Contre la répression syndicale, il va falloir se battre durement, pour que la nouvelle direction apprenne ce message : s’ils touchent à l’un d’entre nous, ils touchent à tous !
Rendez-vous le 27 Avril à 13h sur le parking de l’usine GFT pour les soutenir, et engager le bras de fer à leurs côtés !

 
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