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3 de mai de 2021 Twitter Faceboock

IMPUNITÉ POLICIÈRE
Interdiction de filmer la police en Turquie : quand Macron inspire Erdogan
Emilia Louise

Une circulaire rédigée discrètement le 27 avril demande à la police turque d’interdire les enregistrements audio et vidéo lors de leurs missions. Une mesure visant à renforcer l’impunité policière qui rappelle dans la droite lignée de la Loi Sécurité Globale en France.

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Crédits photo : BULENT KILIC/Reuters

C’est un collectif d’avocats, l’Association des Juristes Progressistes, qui a alerté sur cette circulaire. Celle-ci a été rédigée par la Direction générale de la sûreté et demande aux policiers de « ne pas autoriser les enregistrements audio et vidéo lorsqu’ils accomplissent leur mission, à intervenir contre les personnes qui font ces enregistrements et à engager contre elles des poursuites lorsque les conditions légales sont réunies ». Un texte qui a été rédigé de façon très vague, laissant une large place pour l’interprétation. Ce flou volontaire pourrait permettre d’appliquer ce texte aux journalistes, ce qui conduirait, en plus du renforcement de l’impunité policière, à une restriction de la liberté de la presse.

Le texte a d’ailleurs directement servi à la répression des manifestations du 1er mai à l’occasion de la journée internationale des travailleurs et des travailleuses. Plus de 212 arrestations ont eu lieu, à cause du verrouillage partiel de la Turquie dû à la pandémie. Mais les médias locaux ont également montré qu’un important dispositif policier avait été déployé afin d’empêcher la presse de filmer les manifestations et les arrestations à Ankara et Istanbul.

Un renforcement de l’arsenal répressif et de l’impunité policière qui se généralise dans plusieurs pays

Cette circulaire fait directement écho à l’article 24 de la loi Sécurité Globale voté le mois dernier en France. Cette loi a été vivement contestée dans la rue par des centaines de milliers de manifestants et notamment l’article 24 qui prévoyait d’interdire la diffusion de l’images de policiers « dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ». Suite aux mobilisations, cet article a formellement été supprimé mais remplacé par un autre interdisant « la provocation à l’identification d’un agent de la police nationale [...] dans le cadre d’une opération de police ». Ainsi, que ce soit la circulaire turque ou la loi française, le but est d’interdire la diffusion d’images de policiers, et donc des violences policières.

Dans le contexte de crise économique et sociale qui s’installe suite notamment à la crise sanitaire, les gouvernements se préparent pour faire face aux mouvements de lutte des classes. Ils renforcent leur arsenal répressif et policier afin de réprimer plus facilement et en toute impunité les mobilisations sociales. En Grèce, c’est au mouvement étudiant que le parlement s’est attaqué en votant une loi instaurant une police spéciale pour patrouiller dans les universités.

Ces différentes mesures montrent que l’on ne peut pas attendre des institutions qu’elles nous protègent. Contre l’impunité policière et contre la mise en place d’un arsenal répressif toujours plus important, c’est dans la rue qu’il faut défendre nos droits et libertés.

 
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