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3 de mai de 2021 Twitter Faceboock

CRISE SANITAIRE
Rentrée scolaire catastrophe. Blanquer et Castex mentent, organisons-nous !
Boris Lefebvre

En cette rentrée scolaire des collèges et lycées, les moyens font toujours défaut pour faire face à la crise sanitaire. Les autotests ne sont pas encore arrivés, les masques ne sont toujours pas gratuits, la campagne vaccinale est au point mort... Et face a l’inadaptation des programmes en pleine crise sanitaire des lycéens ont bloqué leur établissement et refusent de passer le bac.

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Crédits photo : AFP/Patrick Hertzog

Une semaine après la rentrée dans les écoles maternelles et primaires, Blanquer se retrouve encore une fois à être accompagné par un membre du gouvernement pour appuyer sa parole de plus en plus délégitimée en raison des mensonges et de l’incurie de sa gestion de la crise sanitaire dans les écoles. Macron pour la rentrée dans le premier degré, Castex pour le second degré. Mais à chaque fois, les mêmes promesses, les mêmes effets d’annonce et les mêmes insuffisances constatées partout. Les masques ne sont toujours pas gratuits pour les élèves et aucune campagne vaccinale n’est envisagée pour les personnels d’éducation dans les semaines à venir. La seule différence notable de ce lundi de rentrée ce sont les blocages et les actions menées par des lycéens et des étudiants un peu partout sur le territoire et relayées par le #BACNOIR, à rebours des directions syndicales enseignantes qui n’ont encore posé aucune date dans le paysage pour faire face à la politique criminelle de Blanquer.

Il n’y a aucun risque, tente de faire entendre sans succès Jean Castex en déplacement avec le ministre de l’Éducation nationale. Seules 0,65% des classes, soit 1884 d’entre elles, « ont dû être fermées en application d’un protocole sanitaire strict ». Ces chiffres sont certes relativement bas, si l’on compare avec ceux d’avant les vacances mais ne signifient rien tant nous manquons de recul sur la situation et ce alors même sur les collèges et lycées étaient encore fermés. La conclusion totalement hâtive selon laquelle « le virus circule très peu » et que « le dispositif de surveillance est performant » est un enfumage médiatique supplémentaire. Blanquer, discrédité sur toute la ligne, ne peut plus l’affirmer en son nom propre tant il est désormais évident que la réalité est tout autre sur le terrain.

L’autre grande annonce que le gouvernement veut faire passer lors de cette rentrée qui vient clôturer une période de deux semaines de cours en distanciel agrémentées de deux semaines de vacances généralisé sur tout le territoire, c’est l’arrivée en force des autotests pour endiguer la pandémie. À l’heure même où cette tâche risque d’être mise sur le dos des enseignants, Castex s’est félicité au lycée professionnel de Laxou, près de Nancy, que les autotests soient déployés progressivement à partir de cette rentrée tout en inventant purement et simplement que les enseignants des collèges et des lycées auraient été « testés à deux reprises » avant la rentrée. Pourtant, sur le terrain, le son de cloche est radicalement différent. Philippe Vincent, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), affirmait samedi 2 mai au micro de Franceinfo que « l’essentiel des autotests étaient encore en Chine » et que le « lundi [de la rentrée] il ne se passera pas grand chose ». Un tel démenti n’empêche pourtant pas le Premier ministre de mentir éhontément le jour même de la rentrée.

Face à cette situation et à l’intransigeance du gouvernement qui affirmait par l’intermédiaire de Macron jeudi dernier que « les deux épreuves qui ont des examens terminaux, la philosophie et le grand oral, seront maintenues », l’UNL a appelé à bloquer les établissements ce lundi, mouvement suivi un peu partout sur le territoire. « Les conditions ne sont pas réunies pour passer les épreuves dans de bonnes conditions » d’après le syndicat lycéen. Mathieu Devlaminck, président du syndicat UNL, réclamait sur BFMTV l’annulation du Grand oral en Terminale et de l’oral de français en Première. Il réclamait aussi le passage en contrôle continu : « Le contrôle continu, ce n’est pas la solution qu’on aurait voulu. On aurait aimé passer des épreuves dans de bonnes conditions. Sauf que l’action de Blanquer ne nous le permet pas aujourd’hui. Personne n’est à passer quelques épreuves que ce soit ».

Cette revendication prend tout son sens à l’aune d’une année scolaire encore plus chaotique que la précédente qui, depuis le mois de novembre dernier, a introduit une disparité très grande entre les établissements et les élèves. Pourtant, elle peut être à double tranchant car l’introduction du contrôle continu dans les épreuves de bac est le fruit de la réforme Blanquer. Pour l’heure, l’urgence pour les élèves et les profs du second degré à quelques jours des épreuves du Bac et du Brevet est de revendiquer l’annulation des épreuves, et en particulier le Grand oral, fruit de la réforme Blanquer, de revendiquer l’abrogation des bénéfices des Terminales en présentiel sur Parcoursup qui donne un avantage aux élèves qui ont été en classe toute l’année et mettre fin à la mascarade des épreuves finales qui vont concentrer toutes les inégalités accumulées depuis un an. Si les enseignants dénonçaient massivement, lors du tout premier déconfinement sans moyens, une école garderie du MEDEF, celle-ci, un an après, semble définitivement bien abîmée par les réformes, par la crise sanitaire et par l’absence de moyens pour y faire face. Tout cela finit par accroître un sentiment de manque de sens de l’éducation dans un système capitaliste, où le seul but semble être celui de l’évaluation jusqu’au bout, au dépends des apprentissages et de l’émancipation des élèves. En ce sens les lycéennes et lycéens donnent le la, et enrayent le jusqu’au boutisme gouvernemental malgré la répression, de la nécessité d’une mobilisation afin d’obtenir un plan d’urgence et une réelle adaptation de l’éducation sous pandémie.

 
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