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La Izquierda Diario
3 de mai de 2021 Twitter Faceboock

Assurance-Chômage
Réforme de l’Unedic. Les jeunes pourraient voir leurs allocations baisser de 30%
Irena Mathilde

La réforme de l’assurance-chômage, qui entrera en vigueur le 1er juillet, constitue une attaque d’ampleur contre le monde du travail, et en particulier contre les jeunes. Selon un nouveau rapport de l’Unedic, elle pourrait ainsi conduire à une baisse de 30% des allocations pour les jeunes entrants sur le marché du travail.

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Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN / AFP

On savait déjà que la réforme de l’assurance-chômage allait pénaliser 1,15 millions de chômeurs. En effet, alors qu’aujourd’hui, le salaire journalier de référence est calculé sur les jours travaillés sur une période de 12 mois, avec la réforme, il sera calculé sur une période de 12 mois mais prendra en compte les jours d’inactivité en plus de ceux travaillés. Touchant ceux qui travaillent de manière entrecoupée, le nouveau calcul pénalisera donc tous les emplois précaires : CDD, intérim, contrats saisonniers, ainsi que ceux qui s’inscriront au chômage après avoir connu un congé maternité, une maladie ou même une période de chômage partiel.

Mais en plus, un nouveau chiffrage de l’Unedic, effectué à la demande de la CGT et que Les Échos ont pu se procurer, montre que les jeunes entrant sur le marché du travail après le 1er juillet, soit après l’entrée en vigueur de la réforme, seraient particulièrement touchés par cette dernière. Les Échos expliquent ainsi qu’il suffira qu’un jeune ait travaillé une seule journée, dix-sept mois et un jour avant d’avoir un CDD de six mois, pour qu’au moment de s’inscrire au chômage après l’entrée en vigueur de la réforme il ne reçoive que 657 euros mensuels contre 934,80 euros avant la réforme, soit près de 30% de moins ! Le journal résume : « une seule soirée de babysitting pourrait venir réduire fortement le montant de l’allocation d’un jeune au chômage après un premier CDD au sortir des études ». La réforme va donc pénaliser les jeunes qui ont fait des petits boulots pendant leurs études et qui se retrouvent au chômage après un premier contrat de travail. Une idée alarmante, lorsque l’on sait que près d’un étudiant sur deux travaille de façon déclarée pour pouvoir payer ses études et manger à côté.

Par ailleurs, comme le rappelle Mediapart, ces baisses d’allocations toucheront très largement l’ensemble des chômeurs, puisque les écarts entre avant et après l’entrée en vigueur de la réforme pourraient être deux fois plus importants que les calculs initiaux présentés le mois dernier. Le sociologue Mathieu Grégoire explique ainsi auprès de Mediapart : « à salaire égal et emploi égal, l’indemnisation pour un même épisode de chômage de trente jours peut donc varier du simple au cinquantuple en fonction de la date de survenue et de la répartition des emplois dans la période de référence ».

En définitive, le but de la réforme est bien de baisser les allocations et de compliquer l’accès aux droits pour « inciter » les jeunes et les chômeurs à chercher du travail quand, dans le même temps, le gouvernement détruit des emplois et ne fait rien pour résoudre la précarité dans la jeunesse. Cette réforme ne va conduire les salariés qu’à accepter des emplois précaires avec des conditions de travail misérables et constitue une attaque brutale contre le monde du travail contre laquelle il va falloir se battre dans la rue, avec l’ensemble des organisations politiques et syndicales.

 
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