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7 de mai de 2021 Twitter Faceboock

Blanquer démission
Mobilisation dans les lycées. La colère monte face au maintien des épreuves du Bac
Simon Derrerof

Depuis lundi 2 mai, jour de réouverture des établissements c’est plus d’une centaine de lycées qui sont bloqués par des lycéens, qui refusent les modalités de passage du bac annoncées il y a peu par Blanquer.

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Ce lundi, une semaine après la reprise dans les écoles maternelles et primaires, c’est dans le second degré que les élèves retournaient en cours. Une rentrée marquée par un climat de colère et de tensions, alimenté par la décision de Blanquer d’imposer le maintien des épreuves écrites et du Grand Oral du baccalauréat qui cristallisent les inquiétudes de nombreux lycéens depuis la réforme du bac. Ces derniers jours, les appels à bloquer les établissements s’étaient multipliés via des lycéen.ne.s sur les réseaux sociaux ou au travers d’organisations comme l’UNL.

Finalement, partout en France, des milliers de lycéens ont bloqué la rentrée pour protester contre ces modalités d’examens, mais aussi pour manifester leur colère et leur désarroi suite à une année qui s’est déroulée dans des conditions calamiteuses. En effet, depuis un an, les lycéens subissent violemment le manque de moyens dans l’éducation nationale, mais aussi des protocoles sanitaires largement insuffisants, et voient les inégalités scolaires accentuées par la crise du coronavirus.

C’est aussi contre une gestion gouvernementale dans laquelle ils auront vécu le mépris pour leur santé et celle de leur proches que les lycéen.ne.s se mobilisent alors qu’on tente aujourd’hui de leur imposer de passer les épreuves du bac et des BTS.

Ce que dénoncent les lycéen.ne.s, à l’image d’Issia mobilisée à Balzac, à Paris c’est le refus de prendre en compte l’impact de la pandémie et sur le déroulement de l’année scolaire : « On est là parce déjà normalement on a un bac inégalitaire, en situation de pandémie on est très mal préparés, les cours en distanciel n’ont pas pu être assuré, on a pas eu des cours adaptés, on veut une annulation des épreuves ou un passage en contrôle continu, on ne peut pas garder des épreuves normales, dans une situation anormale, ce bac est inégalitaire, on ne peut pas ne rien faire ».

Lucie, lycéenne à Balzac, militante à Solidaires lycée et à la CLAP, va dans le même sens : « Le gouvernement ne nous écoute pas, nos blocus sont réprimés, on ne nous demande pas notre avis, on veut être tous égaux, il faut continuer à se mobiliser et aller manifester ».

A Aubervilliers, les lycéen.ne.s du lycée d’Alembert ont bloqué leur établissement avant de s’affronter à la police venue les réprimer. Dans de nombreux établissements, la réponse du gouvernement aura une nouvelle fois été celle de la répression répondant par la matraque à la contestation sociale. Des images qui rappellent les violences subies par certains élèves de la part de forces de police lors de la grève du bac et des grèves sanitaires de novembre

A Muret, en Haute-Garonne, le lycée Pierre d’Aragon était aussi bloqué à l’image de centaines d’établissements lundi et mardi.

Une nouvelle expression de la colère contre la gestion catastrophique du gouvernement

La colère dans les lycées n’est pas anodine, elle fait suite à une année complète où le gouvernement n’aura jamais cessé de naviguer à vue au mépris de la vie des lycéens et des personnels de l’Education nationale, sans jamais mettre en place un protocole sanitaire à la hauteur. Un choix qui aura été la cause de trop nombreux morts. Cette nouvelle mobilisation fait suite à celle qui avait déjà secoué l’éducation nationale en novembre dernier. De très nombreux lycéens s’étaient alors mobilisés contre l’absence de protocole sanitaire mis en place dans leurs établissements. Malgré une forte répression, le gouvernement s’était vu contraint de reculer face à un mouvement qui pouvait commencer à le faire trembler, cédant sur les demis-jauges.

Après les mobilisations contre les E3C, la réforme des retraites et le protocole sanitaire, le mépris du gouvernement semble pouvoir mettre une nouvelle fois le feu aux poudres. Dans le mouvement actuel, c’est la même défiance et la même colère qui est en train de s’exprimer. Après une année on ne peut plus chaotique la volonté du gouvernement d’appliquer jusqu’au bout une sélection inégalitaire ne passe pas.

Crise économique, pandémique, attaques réactionnaires : la jeunesse doit se battre pour une mobilisation d’ampleur

Les racines de la colère lycéenne sont une nouvelle fois profondes. L’accélération de la sélection sociale par les réformes Blanquer et Parcoursup inquiètent une nouvelle génération qui a peur pour son avenir, alors que le chômage augmente et que le gouvernement ne cesse d’infliger un accroissement de la précarité. D’autre part, la jeunesse qui se mobilise subit le plein poids d’une politique liberticide et réactionnaire, les lycéens qui bloquent pour leur avenir se retrouvent à affronter la matraque et les gaz tandis que le gouvernement dans le même temps tente d’imposer sa ligne sexiste autour de « tenues républicaines » fustigeant le voile d’un côté et les crop-tops de l’autre.

Le premier recul de Blanquer face à la mobilisation sur les protocoles sanitaires a montré la force de frappe que la jeunesse pouvait détenir et sa capacité à faire reculer le gouvernement, mais aussi le rôle qu’elle pouvait jouer pour que ce ne soit ni à la jeunesse ni aux travailleurs de payer le coût de la crise. Pour l’heure la revendication du refus des examens du bac est légitime, après une année scolaire particulièrement difficile. Pour autant, elle peut être à double tranchant car l’introduction du contrôle continu est le fruit de la réforme du bac Blanquer. Pour l’heure, l’urgence pour les élèves et les profs du second degré à quelques jours des épreuves du Bac et du Brevet est de revendiquer l’annulation des épreuves, et en particulier le Grand oral, fruit de la réforme Blanquer, de revendiquer l’abrogation des gratifications accordées au présentiel pour les terminales sur Parcoursup qui donne un avantage aux élèves qui ont été en classe toute l’année et de mettre fin à la mascarade des épreuves finales qui vont concentrer toutes les inégalités accumulées depuis un an.

Pour autant, la mobilisation doit aller plus loin et pousser contre un système de sélection qui tend encore à évaluer et sélectionner. Plus largement c’est aux côtés des professeurs tout aussi touchés par le casse de l’enseignement que la jeunesse doit se mobiliser pour obtenir plus de moyens dans les universités, le respect de leur vie et de celle de leurs proches, dans le sens du communiqué des enseignants du lycée Flora Tristan de Noisy- Le Grand en soutien aux lycéens. Contre le mépris du gouvernement, c’est par la mobilisation et dans la rue que la jeunesse pourra le faire reculer pour obtenir et mettre en place les moyens qui permettront véritablement l’épanouissement et la réussite de tous les élèves dans la voie qui leur convienne et qu’ils auront choisie.

 
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