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La Izquierda Diario
10 de mai de 2021 Twitter Faceboock

Enquête Mediapart
Loi Sécurité Globale. Darmanin tente de dissimuler la sanction de la CNIL sur l’usage de drones
Arthur Coste

Mediapart a récemment publié un article révélant que Gérald Darmanin a tenté d’échapper à une sanction de la CNIL concernant son utilisation de drones et surtout a tenté de la dissimuler aux yeux du grand public.

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Crédits photo : AFP/Ludovic MARIN

Fin 2020, Darmanin est informé que la CNIL s’apprête à sanctionner son ministère pour usage illégal de drones. Il va alors tenter de défendre auprès de cette dernière ses pratiques de surveillances en dehors de tout cadre légal. Mais surtout, il va jusqu’à demander à la CNIL de ne pas publier la sanction si sanction il y avait, afin de ne pas influencer le débat parlementaire et faire en sorte que le projet de loi soit adopté. Dans un courrier signé par Darmanin que s’est procuré Mediapart, il va jusqu’à écrire : « les conséquences de la publicité d’une telle sanction seraient susceptibles de nuire aux travaux parlementaires en cours », affirmant ainsi sa volonté de cacher des informations au grand public. La CNIL a débouté sa demande, et a infligé en janvier dernier un rappel à l’ordre au ministère, enjoignant ce dernier de cesser toute surveillance attentatoire à la vie privée tant qu’un cadre légal ne serait pas établi. Mais ce fameux cadre légal est sur le point de rentrer en vigueur avec la loi « sécurité globale », permettant ainsi l’utilisation de drones par la police à des fins de surveillance.

Il faut dire que cette situation n’est pas récente car dans un questionnaire adressé par la CNIL à la préfecture de police de Paris, au groupement de gendarmerie départementale de Haute-Garonne et au commissariat de Cergy-Pontoise, ils confirment que depuis 2019 les drones font partie de l’arsenal de répression de la police de Paris. A la base utilisés en judiciaire, leur utilisation a été très rapidement élargie à « la visualisation générale de l’espace public en vue d’assurer le maintien de l’ordre », au « contrôle routier » et aux « gestions de crise ». La préfecture précise que depuis 2019, ils ont notamment été utilisés lors des « manifestations récurrentes des gilets jaunes sur instruction orale du préfet de police ». Déjà utilisés dans un cadre illégal, la police ne s’est visiblement pas gênée pour utiliser les drones dans leurs actions de répression, permettant ainsi d’optimiser le nombre d’œil crevés et de manifestants nassés puis tabassés depuis les airs.

Mais rassurez-vous, la préfecture affirme que depuis juillet 2020, pour palier aux lacunes en matière de respect de la vie privée, ils ont équipé leurs drones « de dispositif technique garantissant, par floutage, l’absence de données à caractère personnel ». Sauf que Mediapart a déjà montré que ce logiciel possédait de nombreuses failles, notamment un floutage efficace à 70% seulement.

En définitive, une disposition liberticide que même certains anciens députés de la majorité critiquent. Ainsi, l’ancienne députée LREM Paula Fortez explique : « lorsqu’une caméra de vidéosurveillance est disposée dans l’espace public, il est obligatoire de prévenir les citoyens. C’est beaucoup plus compliqué à mettre en place avec les drones ».

Comme le dit le député LFI Éric Coquerel « on ne peut isoler ce texte de la loi antiterrorisme et renseignement qui prévoit de généraliser la surveillance par algorithme ou du continuum de la sécurité évoqué par le gouvernement, qui implique une police municipale et des agents de sécurité privées dotés de prérogatives réservées avant à la police nationale ». Plus encore, la Loi Sécurité Globale qui autorise l’usage généralisé de drones s’inscrit dans un tournant autoritaire plus global du gouvernement Macron, en préparation à de nouvelles explosions sur le terrain de la lutte des classes dans la continuité du mouvement des Gilets jaunes, de la bataille contre la réforme des retraites, du mouvement contre les violences policières et du mouvement contre la Loi Sécurité Globale. Un tournant qu’il s’agit de combattre dans la rue en exigeant le retrait de toutes les lois liberticides.

 
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