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La Izquierda Diario
19 de mai de 2021 Twitter Faceboock

Lutte contre les oppressions
Bordeaux. Rassemblement de 200 personnes contre les LGBTQIphobies
Émilie Vallée

Ce lundi, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les LGBTQIphobies, 200 personnes se sont retrouvées à Bordeaux.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Bordeaux-Rassemblement-de-200-personnes-contre-les-LGBTQIphobies

Ce lundi 17 mai, environ 200 personnes se sont réunies sur le parvis des droits de l’Homme à Bordeaux devant le Palais de Justice, pour la journée mondiale de lutte contre les LGBTQIphobies. De nombreux collectifs et associations étaient présents tels que le Girofard, Fack Ap (Feminists and Queers Against Patriarchy), le Collectif Collage Féministe Bordeaux ainsi que le collectif Du Pain et Des Roses. Sur des pancartes déposées contre le mur du Palais de Justice on pouvait lire les noms de victimes de meurtres LGBTQIphobes. Au dessus, un collage « LA LGBTPHOBIE TUE » avait été réalisé. L’association Fack Ap a pris la parole pour dénoncer l’attitude satisfaite et hypocrite des élus qui ont pris la parole avant eux et qui se félicitaient des « progrès » accomplie par le pays sur les droits des personnes LGBTQI. Cet évènement recouvre cette année une importance particulière dans un contexte de pandémie et de déni des droits des personnes LGBT. À titre d’information, SOS Homophobie a reçu 1815 témoignages sur sa ligne d’écoute en 2020. Les violences dans le cercle privé ont fortement augmenté, notamment dans les familles, ce qui peut s’expliquer par l’augmentation du temps passé au domicile durant les confinements et le travail à distance.

Comme toujours lorsqu’il est question de sexisme ou de LGBTphobies, l’État instrumentalise ces luttes à des fins sécuritaires et racistes. Cette année nous nous avons encore pu observer ce phénomène au travers de l’homonationalisme qui consiste à présenter les personnes racisées (et le plus souvent de confession musulmane) comme homophobe ; des conceptions racistes qui s’inscrivent dans toute la décomplexion raciste et islamophobe dans les plateaux télé suite à l’offensive sécuritaire et raciste du gouvernement..

On peut aussi citer l’exemple de Marlène Schiappa qui a proposé de créer des « quartiers sans relous », en augmentant la présence de la police dans les quartiers où le plus de plaintes ont été enregistrées. Or la police prend davantage les plaintes lorsque les faits se sont déroulés notamment dans des quartiers populaires. Il s’agit donc bien d’une mesure qui renforce le racisme de l’institution policière.

Cependant l’État ne s’intéresse que très peu aux droits des personnes LGBTI lorsqu’ils ne peuvent pas instrumentaliser leurs luttes. Ainsi, lors du projet de loi bioéthique, les députés de l’assemblée nationale ont refusé de voter l’interdiction des mutilations des personnes intersexes (personnes nées avec des caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires considérées comme ne correspondant pas aux définitions sociales et médicales typiques du féminin et du masculin). Au contraire, ils ont voté l’orientation systématique des enfants intersexes vers des centres de référence des maladies rares qui pratiquent et légitiment des interventions médicales non nécessaire et souvent traumatisantes. Dans ce même projet de loi bioéthiquele droit à la PMA a été refusé aux hommes trans qui ont encore la possibilité de porter un enfant.. Cela montre a quel point l’État français, dont le pays serait « le pays des droits de l’homme », reste au contraire attaché à une vision du genre dépassée, réactionnaire, basée sur l’idée que le genre est fixe, binaire et déterminé par le sexe biologique. Enfin les thérapies de conversions ne sont toujours pas interdites, et l’examen de la proposition de loi visant à les interdire a été repoussé. La ministre de l’Égalité Elisabeth Moreno promettait encore la semaine dernière une énième mesure cosmétique sous la forme d’une circulaire rappelant que la loi actuelle reconnaissait déjà « les délits d’abus de faiblesse ou de harcèlement, les délits de discrimination, les propos homophobes ainsi que les violences volontaires  ». La loi pour l’accès à la PMA pour les couples de femmes n’est toujours pas adoptée non plus. Les exemples seraient encore nombreux et c’est pour toutes ces raisons que la journée internationale de lutte contre les LGBTQphobies ce lundi 17 mai était l’occasion de porter ces revendications.

 
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