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7 de juin de 2021 Twitter Faceboock

Ni la peste ni le choléra
Le 12 juin : manifestons contre l’extrême droite, le racisme d’Etat et le gouvernement !
Paul Morao
Mahdi Adi

Le 12 juin il faudra manifester contre l’extrême-droite, mais aussi contre le racisme d’État et le gouvernement, pour le retrait des lois racistes et liberticides à l’instar de la loi séparatisme et la loi Sécurité Globale. Car c’est bien Macron et Darmanin qui mènent une offensive autoritaire et islamophobe sur le terrain du RN, qui multiplient les attaques anti-sociales, et qui répriment les quartiers populaires et les mouvements sociaux.

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Crédit photo STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

12 juin : une première réponse dans la rue face à l’offensive liberticide et raciste du gouvernement et de l’extrême-droite

Le 4 mai dernier, un ensemble de militants politiques, associatifs et syndicaux appelaient dans une tribune à une grande manifestation au printemps « pour dire non à l’extrême-droite, à ses idées qui se propagent jusqu’au gouvernement et défendre nos libertés individuelles et collectives. » Un texte qui mettait directement en cause le gouvernement, pointant les polémiques attisées par les ministres de Macron et les mesures réactionnaires telles que la loi séparatisme et la loi sécurité globale.

Après ce premier texte, un ensemble d’organisations politiques, syndicales et d’associations appellent dans une nouvelle tribune à manifester le 12 juin face aux « attaques contre les libertés et les droits sociaux [qui] s’accentuent gravement » et afin de « construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable ». Parmi elles la CGT, la FSU, Solidaires, le NPA ou encore la France Insoumise.

Trois semaines après l’alignement de toute une partie de la gauche institutionnelle sur la manifestation des syndicats de police, et alors que le climat réactionnaire donne des ailes à l’extrême-droite qui n’hésite pas à appeler au meurtre des « gauchistes » cet appel constitue une initiative progressiste et une première réponse, après le mouvement contre la loi sécurité globale, au climat sécuritaire et raciste attisé par le gouvernement et l’extrême-droite ces derniers mois. Ce samedi, il faudra donc être massivement dans la rue.

Macron et Darmanin sur le terrain de Marine Le Pen

Depuis un an, les mesures réactionnaires se multiplient dans le cadre de l’offensive initiée par le gouvernement : dissolutions du CCIF, attaques contre le syndicat étudiant UNEF, lois élargissant les prérogatives de la police, manifestations policières, polémiques racistes et sécuritaires quotidiennes, tribunes de policiers et militaires... Pour la macronie il s’agit d’alimenter un climat sécuritaire et raciste propice au Rassemblement National et à un remake d’un duel Macron – Le Pen au second tour de élections présidentielles de 2022, seul espoir pour LREM de l’emporter.

Par ailleurs, cette offensive tous azimuts, accompagnée par la majeure partie du champ politique, du PS au RN, est indissociable d’un contexte de crise économique et sociale, marqué par une succession ininterrompue d’explosions de lutte de classe depuis 2016. Du mouvement contre la loi Travail en 2016 à la lutte contre la réforme des retraites de 2019 en passant par le mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement et les classes dominantes ont réprimés la jeunesse et les travailleurs massivement descendus dans les rues, employant les techniques de répression jusque là utilisés contre les habitants des quartiers populaires.

La loi Sécurité Globale, le nouveau schéma de maintien de l’ordre de Darmanin, ou encore les revendications sécuritaires des syndicats de police, de la droite et de l’extrême-droite, constituent en ce sens un moyen de préparer les prochaines explosions sociales en renforçant les prérogatives des forces de répression. Dans le même temps, l’offensive islamophobe qui s’est incarnée dans la loi séparatisme permet au gouvernement d’accentuer l’offensive contre les quartiers populaires et les musulmans, au service de la consolidation d’un bloc social scellé par la peur ou la haine d’un « ennemi intérieur ». A ce titre, le combat contre l’offensive sécuritaire et raciste actuelle dépasse largement le cadre du combat contre « les idées d’extrême-droite ».

Combattre l’extrême-droite c’est lutter contre le racisme d’État et le gouvernement, pour le retrait des lois racistes et liberticides !

Parce qu’elle s’inscrit dans le cadre de l’offensive autoritaire et islamophobe de Macron et Darmanin, la lutte contre la montée des idées d’extrême-droite est indissociable de celle contre le racisme d’État et la politique du gouvernement, pour le retrait des lois racistes et liberticides telles que la loi séparatisme et la loi Sécurité Globale. En effet, la dernière séquence a encore démontré le leurre d’un « front républicain » contre le Rassemblement National aux côtés de ceux-là même qui jouent sur son terrain. A ce titre, la participation de Yannick Jadot (EELV) et Fabien Roussel (PCF), sans parler du PS, aux côtés de Gérald Darmanin et du Rassemblement National à la manifestation organisée par les syndicats de police mercredi 19 mai devant l’Assemblée Nationale montre que la gauche institutionnelle elle-même n’est pas exempte de compromissions avec le régime et ses institutions racistes telles que la police.

De plus, il s’agit de ne pas oublier que si aujourd’hui le Rassemblement National parvient à récupérer la colère de nombreux secteurs des classes populaires, c’est bien la conséquence des espoirs trahis par la « gauche de gouvernement » – comme celle qui a fait passer la loi Travail à coup de matraque et de 49.3 en 2016 pour précariser les travailleurs – ainsi que la lassitude face à l’impasse du « vote utile » pour « faire barrage » à l’extrême-droite et la perspective de signer un chèque en blanc à l’extrême-centre et son programme ultra-libéral et anti-social. De même, l’atonie dans laquelle les directions syndicales maintiennent le mouvement ouvrier en ne proposant aucun plan de bataille à la hauteur face aux pires attaques à l’instar de la réforme de l’assurance-chômage, ne peut que pousser une partie de notre camp social à tomber dans le désespoir. Or c’est bien là-dessus que Marine Le Pen capitalise en masquant la nature profonde du Rassemblement National : un parti raciste, corrompu et anti-ouvrier !

Pour toutes ces raisons, la lutte contre l’extrême-droite ne peut faire l’économie de la construction d’un projet alternatif qui porte à la fois les aspirations sociales et démocratiques des travailleurs, de la jeunesse et des classes populaires. Un tel projet , pour être crédible, doit être clairement en rupture avec les illusions électoralistes vendues par une gauche institutionnelles qui a trop souvent trahi, de même qu’il doit rompre avec les dates de mobilisation sans lendemain, la participation à un « dialogue social » illusoire, et tout ce qui tient à la stratégie de la défaite prônée par les directions syndicales qui a marqué les derniers grands mouvements sociaux en France. Face au gouvernement et à l’extrême-droite, à l’offensive liberticide, raciste et anti-sociale, c’est sur le terrain de la lutte des classes qu’il s’agit de faire entendre notre voix !

 
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