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La Izquierda Diario
10 de juin de 2021 Twitter Faceboock

« The United States is back ! »
Don de 500 millions de doses : Biden manie la “diplomatie vaccinale” face à la Chine
Camille Lupo

Joe Biden rend officiel cette semaine au sommet du G7 l’achat de 500 millions de doses de vaccins Pfizer destinées à être données à d’autres pays via le dispositif COVAX. Loin de tout philanthropisme désintéressé, il s’agit de la volonté affichée de Joe Biden de faire concurrence à la “diplomatie vaccinale” maniée par la Chine.

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Crédit image : horizondurable.info

« The United States is back ! » a déclaré Joe Biden dans son allocution dans une base aérienne de l’armée américaine dans le sud-est du Royaume Uni. Ce mercredi 9 juin, le président des États-Unis débutait une tournée européenne en vue du G7 sous le signe du rapport de force de l’impérialisme américain face à la Chine et à la Russie. Selon Le Monde, avant de décoller pour l’Europe, le président avait lui-même établi ces objectifs : faire savoir « clairement à Poutine et à la Chine que les États-Unis et l’Europe sont soudés ».

Toujours sur la même base militaire d’Andrews avant son décollage, le président Biden a également assuré l’annonce prochaine d’une stratégie vaccinale mondiale, dans la lignée des déclarations précédentes de son gouvernement qui s’est positionné pour la levée des brevets des vaccins. « Les États-Unis sont déterminés à travailler sur la vaccination internationale avec le même sens de l’urgence dont nous avons fait preuve dans notre pays », a déclaré Biden selon Le Monde.

Politique vaccinale et America First

La politique vaccinale du gouvernement Biden avait déjà suscité plusieurs interrogations après les déclarations sur la levée des brevets. Loin de tout philanthropisme désintéressé, le premier objectif de cette stratégie est bien de garantir les intérêts économiques de l’impérialisme étatsunien sur le marché mondial.

Sur le territoire, comme nous l’expliquions déjà dans un précédent article sur Révolution Permanente, les dépenses du plan de relance de Biden pour les États-Unis semblent être le prix à payer pour retrouver une unité nationale post-pandémie et une économie puissante, et ainsi tenter de freiner l’émergence de la Chine sur le marché mondial.

Parallèlement, à l’international, le but principal d’une réponse globale à l’épidémie pour les États-Unis est également une réponse à la politique internationale de la Chine. La Chine s’est servie de la diplomatie vaccinale pour s’assurer l’accès à des matières premières et conclure des accords commerciaux, notamment en Amérique Latine où l’épidémie fait rage. Comme l’explique le journal El Español, « actuellement, les vaccins chinois sont le principal atout contre la pandémie de Covid au Chili et au Pérou, deux pays qui contrôlent 40% de la production mondiale de cuivre ». Le besoins de vaccins fournis par la Chine a aussi fait changer la trajectoire de Bolsonaro, qui refusait jusqu’ici que Huawei participe à la construction du réseau 5G au Brésil.

Le principal outil de contre-pression des États-Unis face à la politique chinoise a été le programme vaccinal COVAX, qui se veut être un programme facilitant la distribution de vaccins aux pays les plus pauvres. Selon le New York Times, les Etats-Unis ont prévu l’achat de 500 millions de doses de vaccin Pfizer pour les donner à d’autres pays via le dispositif COVAX. Une annonce que doit rendre publique Biden lors du sommet G7 de cette semaine, un sommet auquel il sera confronté à Poutine et dont le but est de montrer « clairement à Poutine et à la Chine que les États-Unis et l’Europe sont soudés ».

Après la politique de Trump et de guerre douanière contre la Chine, le gouvernement Biden semble vouloir s’engager dans la diplomatie vaccinale pour s’arroger une place de leader sur ces questions et maintenir sa place dans les marchés mondiaux face à la Chine. Bien loin de garantir un véritable accès équitable à la vaccination, la politique de Biden est bien celle d’ “America First” et des intérêts impérialistes, dans la lignée des tensions qui marquent la politique internationale depuis la crise de 2008.

Face à la crise sanitaire, il n’y a rien à attendre des puissances capitalistes

Le premier frein à l’élargissement de la vaccination, qu’il s’agisse de la production ou la distribution, reste les brevets. Comme l’explique un rapport d’Oxfam : « De nombreux producteurs de vaccins, que ce soit dans les pays en développement et dans les pays riches, ont potentiellement des capacités à disposition ou pourraient rapidement augmenter les capacités existantes s’ils avaient accès aux technologies et aux licences de propriété intellectuelle. Selon des données de l’UNICEF, seulement 43% des capacités mondiales de production de vaccins COVID-19 sont actuellement utilisées pour produire des vaccins qui ont été validés ».

Un rapport de l’OMS soulignait également fin avril que 75% des doses de vaccin utilisées l’avaient été dans les pays les plus riches. En cette période de crise sanitaire, la vaccination contre le COVID-19 est révélatrice des profondes inégalités à l’échelle mondiale générées par la concurrence entre les puissances impérialistes. La gestion capitaliste de la crise sanitaire plonge le monde entier dans une impasse, et il n’est pas possible de laisser la résolution de la crise du COVID-19 entre les mains d’une minorité qui ne pense qu’à ses profits. La levée des brevets est la première étape nécessaire pour une distribution massive du vaccin, mais c’est aussi toute la chaîne de production et de distribution qui doit être placée sous contrôle de ceux qui sont le mieux à même de la gérer : les travailleurs.

 
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