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La Izquierda Diario
17 de juin de 2021 Twitter Faceboock

Grève des profs
Grève au collège Barbara (93) "Il nous faut plus moyens pour des élèves qui en ont besoin !"
Correspondant.e 93

Alors que Blanquer rendait 200 millions du budget de l’Education Nationale à Bercy sur le budget 2020, les moyens continuent de diminuer dans les établissements scolaires. Le collège Barbara à Stains REP+ en Seine-Saint-Denis, comme de nombreux établissements du département doit faire face à une rentrée dégradée.

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85 % d’enseignants grévistes au collège Barbara ce jeudi 16 juin ont dénoncé les politiques d’austérité dans l’Éducation Nationale et se sont rassemblés devant la direction des services départementaux de l’Éducation Nationale (DSDEN) après avoir demandé une audience pour exiger des moyens décents.

La nouvelle dotation horaire globale ((DHG), dotation reçue pour chaque établissement indiquant le nombre d’heures et le nombre de postes prévus à chaque rentrée scolaire) prévoit une baisse d’effectifs pour le niveau 6e. C’est ainsi qu’un poste en mathématiques et 2 classes sont supprimées. Cependant, les prévisions d’effectifs par le rectorat de Créteil sont bien en deçà de la réalité. Ainsi, cela conduirait à un effectif moyen de 27, 3 élèves par classes. Tout cela sans tenir compte des inclusions des élèves UPE2A et ULIS.

Une enseignante rappelle que « Depuis 2012, ce sont plus de 20% des heures d’enseignement destinées à nos élèves qui ont ainsi disparu de notre dotation, ainsi que les dispositifs qui les accompagnaient. Pourtant, à la lecture des résultats des évaluations nationales de nos élèves de 6e, nous constatons que 54 % d’entre eux ont une maîtrise fragile en mathématiques, 28 % en français contre respectivement 26 % et 11% au niveau national, et ce malgré le dévouement de tout le personnel. Ces chiffres sont des exemples illustrant la nécessité d’avoir plus de moyens pour des élèves qui en ont besoin. »

Ils et elles soulignent que l’inclusion des élèves à besoins particuliers comme les ULIS (Unité locale d’inclusion scolaire) ou les UPE2A (unité pédagogique pour les élèves arrivants allophones) est mise en danger. « Comment prendre ces nouvelles alors que nos dirigeants indiquent vouloir lutter contre les inégalités sociales et scolaires à l’École ? Comment imaginer faire progresser des élèves, déjà en grande difficulté, au sein de classes surchargées, sans demi-groupes et sans inclusion ? Comment proposer de nouveaux projets alors que ceux qui fonctionnent ne peuvent perdurer, faute de moyens ? Comment recevoir cette remise en question des « 24 élèves par classe en REP+ », alors qu’en temps de pandémie, la distanciation sociale reste un geste barrière indispensable ? »

Il n’y a rien détonnant à ces coupes budgétaires au détriment de la réussite des élèves et des conditions de travail du personnel lorsque l’on sait que Jean-Michel Blanquer a supprimé 1883 emplois dans le second degré à la rentrée 2021. Dans l’académie de Créteil par exemple, alors que le nombre d’élèves progresse d’1,5%, ce sont 86 postes supprimés.

Le Journal officiel du 24 janvier 2021 porte annulation de 212 501 312,60€ du budget de l’éducation nationale. Cela fait deux fois qu’il n’exécute pas la totalité de son budget. En 2018 déjà 200 millions restaient en fin d’année. Ces 200 millions économisés c’est l’équivalent de 4200 postes d’enseignants.
Comme le rappelle le communiqué du SNES-FSU « Pour tenter de masquer sa politique de casse du service public d’éducation, le gouvernement mobilise une vieille martingale usée en prétendant que la suppression des emplois sera compensée par une augmentation énorme d’heures supplémentaires, équivalente à 1 847 emplois. C’est une méthode de patron voyou se moquant totalement de la charge de travail supplémentaire qui va peser sur les personnels. Qui plus est, le récit ministériel est démenti par les faits. Les enseignants sont tellement surchargés de travail, épuisés et respectueux de la qualité du service public qu’en 2019 seulement 1/3 des HS supplémentaires budgétées a été consommé. C’est bien du côté de la suppression d’enseignements, de formations, de l’augmentation des effectifs par classe qu’il faut chercher les causes et les conséquences de ce matraquage austéritaire. »

À l’heure où les personnels s’affrontent à des DHG en baisse et loin d’être à la hauteur des besoins, il semble plus que jamais nécessaire de revendiquer des mesures d’urgence pour une éducation publique et de qualité que l’intersyndicale aurait dû porter en cette période et apporter une réponse d’ensemble face aux attaques austéritaires de Blanquer.

 
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