http://www.revolutionpermanente.fr/ / Voir en ligne
La Izquierda Diario
22 de juin de 2021 Twitter Faceboock

Régionales
Régionales. Une abstention historique et le symptôme d’une crise politique profonde
Nathan Erderof

L’abstention historique est bien évidemment le fait marquant de ces élections. Avec près de 67% d’abstention ces élections constituent un moment historique dans l’histoire de la Vème République et le symptôme de la crise profonde qui touche ses institutions.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Abstention-historique-le-marqueur-d-une-crise-politique-profonde

Crédits photo : AFP

Dimanche soir les élections régionales ont livré leurs premières conclusions. La droite sort vainqueur, les résultats sont mitigés à gauche, où aucune force hégémonique ne semble pouvoir surgir, et décevants pour LREM qui se prend une énorme claque à un an des présidentielles. Pour l’extrême-droite le résultat est aussi très en-deçà des attentes. Mais ce qui s’impose comme le véritable marqueur de ce premier tour, c’est l’abstention historiquement haute.

Ainsi avec 66, 73% d’abstention ce premier tour des élections régionales constitue un nouvel approfondissement de la crise qui touche les institutions politiques de la Vème République. Jamais dans un scrutin politique en France, hors référendum, l’abstention n’avait atteint un tel niveau. Sur les 47,77 millions d’électeurs appelés à voter, plus de 30 millions ont choisi de ne pas se déplacer. Certes les élections régionales ont rarement déplacé les foules (en 2015 le taux d’abstention était déjà de 50,02%) mais pour la classe politique et le patronat ce score constitue une véritable bérézina. D’autant plus quand on s’attache à le décortiquer : 87% des 18-24 ans, 83% des 25-34 ans, 71% des 35-49 ans, les deux tiers des 50-59 ans, 56% des 60-69 ans ne sont pas allés voter au premier tour des Régionales. Ce n’est qu’au-delà de 70 ans que l’abstention devient minoritaire, à 40% selon Ipsos.

Les analystes politiques médusés ont tant bien que mal tenté d’avancer de multiples justifications. Certains ont expliqué que c’était la conséquence d’une crise sanitaire qui depuis un an a confiné les différents aspects de la vie sociale, économique et démocratique, ou encore le signe de « l’inadaptation des Français à la vie politique[1] ». Cependant cette abstention record est avant tout le signe du désintérêt, voire de la nausée profonde que provoquent ces compétitions de la classe politique pour gérer ses affaires, de cette course à la position et à la place que la politique politicienne mène depuis si longtemps. Ainsi que la dernière expression d’une tendance de fond – les expressions européennes et municipales avaient péniblement atteint la barre de 50% de participation- qui dévoile une défiance de plus en plus marqué vis à vis des partis traditionnels et sa politique anti-populaire

Une autre leçon a retenir de ces élections, c’est que le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et la bipolarisation du champs politique sur la droite peine à convaincre. Le tout sécuritaire, la chasse aux immigrés, aux musulmans, aux gauchistes qu’a voulu nous imposer l’ensemble de l’échiquier politique n’a pas permis à la bourgeoisie dans un contexte de grave crise économique de s’assurer d’une base électorale conséquente.

Cette abstention historique est enfin bien évidemment le pendant des politiques austéritaires menées en alternance par la droite traditionnelle et par la gauche institutionnelle qui ont occupé le pouvoir à tour de rôle. Ces trahisons systématiques de la « gauche » au pouvoir ont constitué à la fois le terreau sur lequel s’est développé l’abstention au sein des classes populaires et le RN en tant que prétendu parti « antisystème ». A cet égard, le cuisant revers du RN est le second fait politique marquant de ces élections quand son électorat, jusqu’alors stabilisé s’est lui aussi cette fois très majoritairement abstenu.

Le premier tour étant passé et dès lors que la classe ouvrière n’aura pas voix au chapitre lors du second, c’est à notre tour à une abstention politique et active que nous nous consacrerons, sans offrir la moindre voix à ceux qui ne nous proposent que l’austérité, la xénophobie ou des illusions électoralistes. Ce que cette abstention record nous montre, c’est que plus que jamais notre classe a besoin d’un projet à la hauteur de la radicalité des gilets jaunes, de la lutte historique contre la réforme des retraites et du mouvement anti-raciste de juin dernier. Cela ne pourra se faire qu’à rebours des manœuvres politiciennes et accords de boutiquiers dont la bourgeoisie est coutumière et par la construction d’une politique indépendante des partis dominants et en faveur des travailleurs. C’est dans cette perspective qu’avec Révolution Permanente nous nous préparons à défendre la candidature d’Anasse Kazib aux présidentielles.

[1] Olivier Duhamel sur LCI

 
Revolution Permanente
Suivez nous sur les réseaux
/ Révolution Permanente
@RevPermanente
[email protected]
www.revolutionpermanente.com