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23 de juin de 2021 Twitter Faceboock

Mouvement ouvrier
« Macron, Runacher, assassins ! » La fonderie MBF liquidée avec la complicité de l’État
Belkacem Bellaroussi

Le tribunal de commerce a annoncé mardi la liquidation de la fonderie MBF de Saint-Claude dans le Jura. 300 emplois sont supprimés. « On a été mis à mort alors qu’on avait du boulot, on est dégoûtés », a réagi Saverio Vadala, représentant de l’intersyndicale CGT-CFDT-SUD de l’entreprise.

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Crédits photo : Emmanuel Rivallain / France Télévisions

« Si la fonderie ferme, la ville coule ». Ces mots, prononcés il y a plus d’un mois, sont ceux de Christiane Benoit, salariée de la fonderie MBF de Saint-Claude, dans le Jura. Créée dans l’immédiat après-guerre, la fonderie MBF Aluminium, qui fabrique carters de moteurs et pièces de boîte de vitesse, avait été placée en redressement judiciaire début novembre, faute de pouvoir rembourser ses dettes.

Depuis le 1er avril, les salariés de la fonderie occupaient leur usine en attendant repreneur. Une unique offre de reprise, portée par l’entrepreneur Michael Azoulay, était en attente d’une décision du tribunal de commerce. L’État a refusé de suivre cette offre de reprise qui proposait de conserver 210 salariés et la possibilité pour ces derniers de monter au capital jusqu’à 21%, évoquant un "passif fiscal" de l’entrepreneur et le refus de Renault de travailler avec lui.
Finalement, la liquidation de la fonderie automobile MBF de Saint-Claude (Jura), employant 270 salariés permanents et 40 intérimaires, est tombée peu avant 16h à Dijon. Le projet de reprise étant considéré comme insuffisant en termes de garanties financières, il était par ailleurs fragilisé par l’absence d’engagement de commandes des principaux clients de l’entreprise, Renault et PSA. Un coup de massue pour les salariés et pour la ville de Saint-Claude.

« C’est 300 emplois au total qu’on met sur le carreau »

En larmes, des salariés qui ont fait le déplacement jusque Dijon s’effondrent dans les bras l’un de l’autre. Nail Yalcin, délégué syndical à la CGT lance :"Macron, Runacher, vous êtes des asssassins ! C’est l’Etat qui nous a condamné aujourd’hui.". Il rappelle alors le désastre que représente cette liquidation pour le bassin d’emploi de Saint-Claude. En effet, la ville accumule les difficultés depuis un certain temps, voyant par exemple sa ligne TER supprimée, la fermeture du service chirurgie de son hôpital, et la perte de près de 3000 habitants en quelques années. Le sous-traitant automobile était le premier employeur privé de la ville du Haut-Jura.

Les syndicats dénoncent la passivité des deux constructeurs et de l’État, dont ils espéraient une aide au sauvetage de plusieurs millions d’euros. Deux semaines auparavant, l’État retirait cette offre de soutien. “Toutes les fonderies sont en difficulté. On pensait que l’Etat allait agir, imposer aux constructeurs de relocaliser les productions. On se rend compte qu’ils nous ont lâché. C’est honteux… 300 emplois en moins, ce sont des familles détruites” fulmine un salarié. Les salariés ont manifesté leur colère en renversant un véhicule sur une voie de tramway avant d’y mettre le feu, rapidement éteint par les pompiers, selon la police.
Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et dise aux constructeurs, arrêtez le massacre, ramener du travail pour les fonderies en France, pour qu’il y ait assez de travail pour tout le monde, du travail il y en a

expliquait à France 3, Paolo Spadafora élu CGT au CSE en février dernier

. Le rapport affirme aussi que les deux champions industriels devront répartir leur production en France, en Allemagne et dans des pays à bas coût de main d’œuvre. Une stratégie assumée de casse de l’emploi, que les constructeurs automobiles reprennent aussi à leur compte.

Les salariés de la fonderie devaient se retrouver en assemblée générale ce mercredi après-midi dans l’espoir de continuer leur lutte. A rebours de ce que l’État leur propose avec la reconversion, c’est pour leurs emplois qu’ils luttent. Nombre des salariés sont en fin de carrière dans ce bassin d’emploi, et ne voit pas comment et où ils pourraient être repris si ils se reconvertissent. "J’ai des enfants, j’ai un mari, on travaille tous dans la même usine, raconte Isabelle, 25 ans de fonderie. Ça va être compliqué dans notre bassin de Saint-Claude".

Dans les secteurs industriels comme l’automobile ou l’aéronautique, les grands donneurs d’ordre ont laissé les conséquences de leurs orientations prendre lieu dans des temporalités distinctes boîte par boîte. Face aux capitalistes et l’Etat qui les couvre à tout point de vue (financier, pour hâter leur stratégie de réorganisation des filières), la coordination autour de mots d’ordre communs s’impose : pas une fermeture de boîte, pas un licenciement, pas de cadences supplémentaires, les fonderies doivent être nationalisées, sans rachat. Aux capitalistes de payer, quoiqu’il en coûte ! On voit déjà que les luttes des fonderies ne manque pas de soutien populaire car avec leur fermeture ce sont de nouvelles régions qui risquent de se retrouver sinistrés avec tous les drames humains que cela implique. Leur problème c’est l’isolement, un isolement qui ne pousse qu’à essayer de se sauver fonderie par fonderie. Il faut un plan de sauvetage global des fonderies, il faut un plan de lutte global, avec l’ensemble du secteur automobile pour l’imposer à l’Etat !

 
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