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La Izquierda Diario
20 de juillet de 2021 Twitter Faceboock

Université d’été de Révolution Permanente
Meeting. Visages de la nouvelle génération ouvrière : « On ira jusqu’au bout pour faire la révolution »
Hélène Angelou

Pour sa première université d’été en tant qu’organisation indépendante, Révolution Permanente accueillait dans un meeting marquant quelques-uns des visages de cette nouvelle génération ouvrière qui a marqué de sa radicalité les derniers épisodes de la lutte des classe. Au centre des discussions la possibilité de construire, dans les coordonnés nouvelles de la lutte des classes, une nouvelle organisation révolutionnaire en France.

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Du 8 au 11 juillet dernier, s’est tenue la première université d’été de Révolution Permanente en Île de France. Près de 200 militants, ouvriers et jeunes, qui pour beaucoup avaient signé la lettre de rupture avec le NPA ont pendant quatre jours de discussions politiques intenses posé les bases des batailles à venir et notamment celle centrale pour la fondation d’un parti révolutionnaire des travailleurs.

Dans le contexte de l’ouverture d’un nouveau cycle de lutte des classes à l’international, l’Université d’été de Révolution Permanente accueillait dans un meeting marquant quelques-uns des visages de cette nouvelle génération ouvrière qui a marqué de sa radicalité les derniers épisodes de la lutte des classes – de la bataille contre la loi travail à la bataille contre la réforme des retraites en passant par le mouvement des Gilets Jaunes, le mouvement féministe ou antiraciste.
Laura, cheminote, Christian, travailleur de l’agroalimentaire, Yassine, machiniste à la RATP, Rozenn étudiante et salariée licenciée de Chronodrive, et Adrien, raffineur, tous militants à Révolution Permanente, sont revenus sur les grèves qu’ils ont menées dans leurs secteurs et sur l’importance stratégique de s’organiser dans un parti révolutionnaire. Un parti capable d’intervenir dans les luttes pour en tirer le meilleur pour l’ensemble de la classe, et nécessaire non seulement pour se préparer aux affrontements de demain mais aussi pour poser la question de la prise du pouvoir. Comme le rappelle Laura, leurs luttes sont « une leçon contre le scepticisme » et posent de manière centrale la question de l’intervention des révolutionnaires.

Une génération ouvrière combative et politique

A rebours de la prégnance d’un certain scepticisme en effet, leurs expériences témoignent d’une mobilisation et d’une politisation de franges de notre classe non seulement autour de questions économiques partielles, mais aussi autour des questions féministes, antiracistes ou écologiques.

Ces luttes interviennent dans un contexte de pandémie qui a contribué à une prise de conscience du rôle central que les travailleurs jouent dans la société de par leur place dans le système de production. En ce sens, Christian, ouvrier agroalimentaire en Moselle dans la boulangerie industrielle Neuhauser, est revenu sur la bataille qu’il a mené avec ses collègues, d’abord contre le mépris et la mise en danger des ouvriers, ces « travailleurs essentiels » du confinement travaillant sans le moindre protocole sanitaire mais aussi pour imposer la redistribution des produits alimentaires que le patron gaspillait dans un contexte d’aggravation de la pauvreté et de la précarité. Au moyen de droits de retrait et l’imposition d’un protocole sanitaire en indépendance du patron et de la direction, « ce sont des discussions sur le contrôle ouvrier qui se sont ouvertes », raconte Christian, « et on a prouvé que les ouvriers sont capables de se mobiliser au-delà des revendications de salaire, avec l’idée que "c’est nous qui produisons, c’est nous qui décidons" ». Forts de cette expérience, dans un contexte d’attaques contre le monde du travail au sortir du confinement, les ouvriers de Neuhauser ont mené une grève offensive, obtenant par le rapport de force l’embauche de personnel supplémentaire.

Ces expériences de grève et ces victoires permettent non seulement des bonds dans la conscience de classe des grévistes, comme l’illustre les formes embryonnaires de contrôle ouvrier imposées par les travailleurs de Neuhauser, mais aussi d’infuser une radicalité et des méthodes de lutte issues du rapport de force, loin du dialogue social pratiqué par les directions syndicales qui peuvent nourrir notre classe. Yassine, machiniste au dépôt de Malakoff et gréviste lors de la grève contre la réforme des retraites de l’hiver 2019-2020 en témoigne également : « J’ai compris dans l’expérience de cette grève l’utilité de s’organiser, j’ai appris qu’il y l’art de la guerre et il y a l’art de la grève ! ». La coordination RATP-SNCF a joué de fait un rôle central dans la prise de conscience par les grévistes de la nécessité de prendre en main leur propre grève, pour proposer une direction et des méthodes alternatives à celle des directions syndicales, basées sur l’auto-organisation des travailleurs dont la radicalité a marqué fortement la grève de l’hiver.

Rozenn, étudiante salariée licenciée de Chronodrive témoigne elle aussi de la combativité d’un secteur précarisé, en grande partie étudiant, sans tradition de lutte et caractérisé par un turn-over important. Là aussi la pandémie s’est accompagnée d’une hausse des cadences, dans le cadre d’une organisation du travail déjà marquée par un minutage et une mise en concurrence constante. La création d’une section syndicale CGT combative dans ce contexte a permis d’organiser la colère : « On voulait faire comprendre qu’on pouvait relever la tête, même à 19 ans, même en ne restant que six mois dans l’entreprise ! », explique Rozenn. Au-delà des questions de précarité, c’est aussi la lutte contre les violences sexistes et sexuelles que la jeune section syndicale a pris en charge, suite à la plainte d’une collègue de Rozenn ayant subi du harcèlement au travail et confrontée à une direction lui imposant de travailler aux côtés de son agresseur. La création d’une commission de femmes, en indépendance de la direction, a été centrale dans l’auto-organisation des femmes travailleuses : « Cette commission de femmes nous a prouvé que oui, on a la force de faire changer les choses » ! Cette politique combative a subi la répression de la direction qui a décidé de licencier Rozenn deux jours avant le 8 mars. La lutte contre son licenciement a donné lieu à deux jours de grève de soutien suivie par une dizaine de collègues. « On a fait une grève féministe, on a parlé de questions de genre, d’oppression patriarcale. Malgré tous les obstacles, la jeunesse des salariés, on a réussi à lutter contre la division pour allier les organisations féministes et le mouvement ouvrier », revendique Rozenn. « En refusant le scepticisme, et avec la volonté d’implanter une tradition de lutte, en tant que militants révolutionnaires, on a pu montrer aux collègues que la grève est une nécessité. […]C’est en discutant politique, en luttant contre la division entre ouvriers et ouvrières, mais aussi en bataillant dans les organisations ouvrières et féministes pour créer la convergence autour de cette répression qu’on a pu mobiliser ».

A la raffinerie Grandpuits de Total, les ouvriers ont lutté non seulement pour défendre leur travail et revendiquer « zéro licenciements », mais aussi par une grève hautement politique. « C’est le principal acquis de cette lutte », affirme Adrien délégué CGT et raffineur à Grandpuits, « penser une politique hégémonique qui allie la classe ouvrière et la question de préserver la planète ». Cette démonstration a permis de mettre au cœur des débats sur l’écologie la question des travailleurs des secteurs polluants que sont les raffineries ou l’aéronautique et de montrer concrètement « la centralité de la classe ouvrière, qui peut résoudre les questions qui traversent la société et lutter pour une transition écologique, mais aux mains des ouvriers » qui ont le pouvoir de transformer la société, explique Adrien. La « méthode Grandpuits », faite d’auto-organisation, d’une intransigeance face aux licenciements, et d’une d’alliance avec les écologistes, fait aujourd’hui l’objet d’une reconnaissance importante et fait figure de méthode alternative exemplaire pour notre classe.

Ces luttes importantes démontrent contre tout scepticisme que les ouvriers se politisent et se mobilisent non seulement en défense de leurs conditions de travail, mais aussi sur des questions féministes, antiracistes et écologiques.

La nécessité d’une organisation révolutionnaire des travailleurs et le rôle des militants révolutionnaires

Au-delà de la combativité et de la radicalité ouvrière, ce que chacune de ces grèves ont en commun, c’est aussi de partager une boussole politique par l’intervention de révolutionnaires. « C’est nous qui faisons tourner la société, nos métiers sont politiques. Les militants révolutionnaires, leur rôle ça doit être de montrer ça dans leurs secteurs, de faire comprendre le rôle essentiel de notre classe pour changer la société », résume Yassine.

Ces visages de la nouvelle génération ouvrière, militants révolutionnaires, témoignent de la possibilité d’une fusion de cette avant-garde ouvrière avec la stratégie révolutionnaire.

« En face de nous, la bourgeoise est organisée, ils ont des partis politiques, des syndicats. C’est pour ça qu’on doit tirer des bilans de nos interventions, pour se préparer à la lutte de demain, pour s’organiser jusqu’au bout, jusqu’au renversement du système capitaliste qui nous exploite, nous opprime et détruit notre planète ! », conclut Adrien.

Ce meeting et ces quatre jours de discussion et de débats à l’université francilienne de Révolution Permanente auront permis de montrer à nouveau l’actualité de la lutte révolutionnaire et de ses idées et la nécessité de construire une organisation à même d’intervenir dans les luttes et dans l’espace politique avec comme drapeau la centralité de la classe ouvrière. C’est avec ce projet et autour de ce combat que nous présenterons Anasse Kazib aux présidentielles de 2022 si et seulement si nous parvenons à franchir la barre des 500 signatures. Une étape à laquelle nous invitons tous nous lecteurs à prendre part, en participant à la campagne et à la recherche de signatures et en militant à nos côtés.
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