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La Izquierda Diario
11 de octobre de 2021 Twitter Faceboock

La transphobie tue !
« Trans assassinées, État complice ! » : des centaines de personnes marchent contre la transphobie
Inès Rossi

À l’appel de l’association Acceptess-T, une marche contre la transphobie institutionnelle et quotidienne a eu lieu dimanche 10 octobre. Plusieurs centaines de personnes ont défilé pour rendre hommage à Ivanna, Sasha, et toutes les victimes de la transphobie et de la transmisogynie.

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Crédits photo : L.G.

La même semaine de septembre, la communauté trans a été doublement endeuillée. Ivanna, femme trans péruvienne et travailleuse du sexe, a été retrouvée assassinée dans son appartement, après plusieurs jours sans donner de nouvelles, et Sasha, jeune femme trans de 22 ans, acceptée et soutenue par sa famille et son entourage, s’est donnée la mort, épuisée par la transphobie qu’elle subissait au quotidien.

Dimanche 10 octobre, à l’appel de l’association Acceptess-T, des centaines de personnes se sont réunies pour rendre hommage à Ivanna et Sasha, mais aussi à toutes les autres victimes de la transmisogynie. Sur les pancartes, on pouvait lire les noms de Vanesa Campos, Jessyca Sarmiento, Mathilde, Doona et tant d’autres femmes trans, victimes de la violence transphobe, qu’elle soit physique ou sociale, véhiculée par l’État et ses institutions.

Les familles des victimes étaient également présentes, notamment la sœur et la mère d’Ivanna, venues du Pérou grâce au Fond d’Aide Sociale Trans d’Acceptess-T, pour lui rendre un dernier hommage et demander à ce que justice soit faite. La mère de Mathilde, qui s’est ôtée la vie à 19 ans, a également prononcé un discours poignant, promettant de se battre et de reprendre le flambeau de la lutte de sa fille, celle de l’émancipation des personnes trans.

« C’est très difficile pour les enfants et les adolescents transgenres, qui sont en pleine structuration de leur esprit, de leur avenir, mais quel avenir ils ont à part se battre pour être considéré comme une personne ? » nous dit la mère de Mathilde. « Si j’avais pas été dans le milieu associatif, j’aurais jamais entendu parler de l’assassinat d’Ivanna, ou avant ça de l’assassinat de Jessyca, de Vanesa, etc. Et les seules fois où les médias en parlent c’est pour banaliser les violences qu’elles subissent. »

"Trans assassiné.e.s ! État complice ! Trans precarisé.e.s ! État complice ! Trans expulsé.e.s ! État complice !" scandaient les participants, pointant la responsabilité de l’État, qui ne garantit ni l’accès à la transition médicale, ni aux papiers, ni au logement pour toutes et tous. Au contraire, via la police, il harcèle et expulse les personnes trans migrantes, et réprime celles et ceux qui manifestent pour leurs droits. Il crée et accentue le chômage et la précarité, qui sont le terreau des violences faites aux personnes LGBTI+.

Comme de nombreuses personnes LGTBI+, Ivanna a été contrainte de migrer de son pays de naissance pour fuir la transphobie, mais a retrouvé un climat transphobe en France, facteur de précarité économique et d’isolement. C’est en France qu’elle a été assassinée, dans l’indifférence d’un gouvernement qui institutionnalise la transphobie, la transmisogynie, le racisme et la putophobie. Ce sont ces mêmes institutions transphobes qui sont coupables de la mort de Sasha, qui s’est suicidée malgré un entourage bienveillant, une bonne santé et des études qui la passionnaient. Elle a été usée par la transphobie quotidienne, les maltraitances médicales et la haine publique et médiatique dont souffrent toutes les personnes trans dans une société transphobe.

Face à cette violence du quotidien et cette violence institutionnelle, nous devons porter un projet révolutionnaire pour renverser le système capitaliste sur lequel prolifèrent la précarité, la haine et l’oppression. À l’image des femmes trans qui se sont retrouvées en première ligne contre la répression policière et militaire en Colombie en mai, nous pensons que la riposte se fera dans la rue et sans aucun compromis avec un État qui assassine nos camarades !

 
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