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29 de décembre de 2021 Twitter Faceboock

Universités
Vidal annonce le maintien des examens en présentiel : la sélection avant tout
Irène Karalis

Alors que la situation sanitaire menace de devenir incontrôlable, Frédérique Vidal a confirmé ce mercredi les priorités du gouvernement en ce qui concerne les étudiants : la sélection avant tout, et ce au détriment de la santé des étudiants.

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Crédits photo : Ludovic Marin / AFP

Avec près de 208 000 nouveaux cas en 24 heures, la situation sanitaire menace de devenir incontrôlable. Le variant Omicron, nettement plus contagieux, s’attaque aussi aux couches les plus jeunes de la population et parmi elles les étudiants. En témoigne une enquête réalisée par l’UNEF à Paris 1 selon laquelle 16% des 5000 étudiants interrogés seraient positif au Covid et 50% seraient cas contact.

Alors que ces chiffres présagent d’une propagation exponentielle du virus chez les étudiants, le ministère de l’enseignement supérieur et les directions d’université souhaitent à tout prix maintenir les examens en présentiel. La direction de Paris 1 a même songé à faire passer tous les malades du Covid en rattrapages ; une politique scandaleuse que la présidence a démenti, affirmant qu’il y aurait des sessions de « substitution » dans les semaines suivantes pour les étudiants qui ne pourraient pas se présenter aux examens.

Finalement, c’est cette politique qu’a confirmée Frédérique Vidal ce mercredi sur Franceinfo, affirmant : « la décision qui a été prise, c’est de maintenir les examens en présentiel, ce qui est la demande majoritaire des étudiants ». Pour le gouvernement, il s’agit une fois de plus de maintenir la sélection coûte que coûte. Justifiée par « la valeur du diplôme » et l’idée que maintenir les examens en présentiel serait « un facteur de stress en moins », cette sélection à marche forcée avait déjà eu lieu en 2021 dans des universités comme Paris XII. Une fois de plus, le gouvernement n’a que faire de la situation sanitaire et des conséquences qu’une telle décision pourrait avoir sur la courbe de contaminations : pour lui, il s’agit de sélectionner avant tout. Pourtant, une telle stratégie est pour le moins absurde : le nombre de contamination ne va pas cesser d’augmenter et de plus en plus d’étudiants vont, faute de stratégie sanitaire conséquente, tomber malade et être dans l’incapacité de composer au moment des éventuelles sessions de substitution.

Plus encore, maintenir les partiels en présentiel en plein rebond épidémique pourrait être catastrophique : la période des partiels rime, dans beaucoup d’universités, avec plusieurs centaines d’étudiants entassés dans des amphithéâtres pendant plusieurs heures. En réalité, plus qu’une réponse à une soi-disante demande de la part des étudiants comme le prétend Frédérique Vidal, il s’agit pour le gouvernement de sélectionner toujours plus, tout en ne mettant à disposition des universités aucun moyen supplémentaire. De fait, au delà de la période des examens, les universités peuvent être des clusters en puissance à défaut de permettre la distanciation sociale et l’effectivité de protocoles sanitaires conséquents.

Et si Frédérique Vidal a fait mine de se soucier de la santé mentale des étudiants, affirmant savoir « combien la vie étudiante est essentielle pour la réussite et le bien-être des étudiants », ces déclarations sonnent bien hypocrites au vu de la politique du gouvernement durant toute la crise sanitaire vis-à-vis de la jeunesse. Après s’être empressé de fermer les universités, quelles qu’en soient les conséquences sur la santé mentale des étudiants, le gouvernement s’est contenté d’annoncer le repas à 1€ pour répondre à la précarité grandissante, mesure qu’il s’est empressée de retirer pour les étudiants non-boursiers aussitôt qu’il l’a pu.

Aujourd’hui, la situation reste inchangée : 20% des moins de 25 ans témoignent de symptômes dépressifs, 20% des jeunes sont au chômage et les banques alimentaires ne désemplissent pas. Les étudiants ont été fortement impactés par la crise sanitaire, et parmi eux les plus précaires : la pandémie a accentué une réalité déjà présente, à savoir celle d’une université de plus en plus sélective qui jette les jeunes des classes populaires aux marges de l’université.

C’est dans ce contexte qu’un certain nombre d’organisations étudiantes – dont Le Poing Levé à Paris 1 – ont exigé le passage en distanciel des examens afin de réduire les risques de contamination tout en permettant aux personnes contaminées de composer depuis chez elles. Une revendication légitime mais qui reste minimale et a son lot de problèmes pour tous les étudiants coincés dans des logements insalubres, qui ont des connexions internet défaillantes ou des difficultés à s’isoler pour pouvoir travailler.

En ce sens, la seule solution qui paraît raisonnable serait l’annulation des partiels et la validation de l’ensemble des étudiants pour éviter la création de nouveaux clusters tout en permettant à chacun de poursuivre ses études. Une fois de plus, ceux que le gouvernement met sur la sellette sont les jeunes des quartiers populaires, les étudiants précaires qui sont obligés de se salarier à côté de leurs études pour subvenir à leurs besoins. Il y a donc urgence à refuser la sélection brutale imposée par le gouvernement, qui profite de la crise sanitaire pour jeter aux marges de l’université tous les étudiants les plus précaires, et revendiquer une université ouverte à toutes et tous !

Plus largement, il s’agit de revendiquer des moyens et des embauches massives pour l’enseignement supérieur, à commencer des tests, des masques FFP2 et du gel hydroalcoolique gratuits pour tous ceux qui fréquentent l’université. Des moyens qui permettent de réorganiser la vie étudiante et les cours tout en prenant en compte la réalité épidémique, seule manière d’éviter le « stress » évoqué par Frédérique Vidal pour les étudiants comme pour les personnels de l’université, contraints depuis deux ans de faire avec les moyens du bord et de s’adapter sans arrêt à la gestion erratique du gouvernement. Ces moyens doivent être alliés avec la mise en place de protocoles sanitaires décidés par le bas, par les étudiants en lien avec les travailleurs de l’université, c’est-à-dire les plus à même de réfléchir à la réorganisation des universités en fonction des nécessités sanitaires. Mais l’imposition de tels protocoles ne pourra venir que de la mobilisation et de l’auto-organisation des étudiants et des personnels de l’université.

 
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