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15 de janvier de 2022 Twitter Faceboock

Covid 19
Contaminations, hospitalisations : l’Institut Pasteur révèle les conséquences à venir du pari de Macron

Dans une récente mise à jour de ses prévisions, l’institut Pasteur estime que nous pourrions atteindre jusqu’à 5200 admissions quotidiennes à l’hôpital et 32 000 hospitalisations totales. Un scénario perçu comme moins catastrophique que prévu par certains, mais qui annonce pourtant une pression extrême sur l’hôpital du fait du pari imposé par le gouvernement.

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Depuis décembre, le nombre de cas Covid-19 ne cesse d’exploser en France, dans un contexte de diffusion du variant Omicron, désormais majoritaire dans 41 pays. En, Omicron représente presque 90% des cas détectés alors que le nombre de cas détectés quotidiennement continue d’augmenter et s’établirait entre 500.000 et 1.000.000 contaminations par jour d’après le gouvernement. Si cette situation, génère déjà d’importantes difficultés, notamment dans les écoles fautes de moyens et de protocoles sanitaires à la hauteur.

Moins, mise en avant dans les médias, la situation dans les hôpitaux est également marquée par une tension extrême, qui ne va que s’intensifier dans les semaines à venir. Ce mercredi, 12 janvier, l’Institut Pasteur a en effet publié des mises à jour sur ses prévisions sur l’évolution de l’épidémie, un meilleur recul sur le variant Omicron ayant permis de mettre à jour les hypothèses de ses modèles. Si celles-ci sont présentées dans la presse comme « plus optimistes » qu’en décembre, voire comme un démenti d’un « scénario catastrophe », elles laissent entrevoir une situation de tension très forte dans les hôpitaux.

Ces prévisions se basent en effet sur des données statistiques de transmission, de sévérité des variants, de vaccination et de protection conférée par ces vaccins et les infections précédentes ou encore de durée des hospitalisations. Au regard de l’incertitude qui pèse encore sur le variant, ces données sont encore incomplètes et les scénarios évoqués disparates. Les résultats de l’étude sont donc à interpréter comme des tendances sur l’évolution de l’épidémie. Mais ce qui ressort de cette analyse, c’est l’imminence d’un pic d’infections à la mi-janvier, suivi d’un pic d’admissions à l’hôpital et en réanimation pour la deuxième moitié de janvier, entraînant une occupation importante des lits d’hôpitaux à la fin janvier et courant février.

Selon le scénario et les hypothèses estimées les plus probables par l’Institut Pasteur, ce pic pourrait atteindre les 5200 admissions quotidiennes à l’hôpital, nécessitant 32 000 lits d’hospitalisation conventionnelle et 6000 lits en soins critiques pour prendre en charge ces patients atteints de la Covid sur la durée de leur traitement. Dans ces conditions, le taux d’admissions à l’hôpital ainsi que le nombre de patients en hospitalisation conventionnelle pourraient dépasser ceux atteints lors du premier pic de 2020. Le nombre de personnes en réanimations, en revanche, resterait inférieur à la première vague en raison des symptômes moins sévères du variant Omicron, tout en atteignant des niveaux élevés. Actuellement, 24 000 personnes sont hospitalisées en raison d’une infection à la Covid dont 4000 en soins critiques.

Les semaines à venir devraient ainsi être marquées par une forte pression sur l’hôpital, entraînant dans son sillage déprogrammation d’opérations et tri des patients auxquels se préparent différents hôpitaux. Une situation qui loin d’être inéluctable, comme le laisse entendre Olivier Véran, expliquant que « les mesures traditionnelles n’ont pas véritablement d’impact » sur Omicron, est le produit de la politique du gouvernement de laisser l’épidémie circuler massivement sans stratégie pour limiter les contaminations et protéger les plus fragiles.

De fait, le rapport souligne l’impact essentiel de la réduction du taux de transmission, c’est-à-dire du nombre de personnes que contamine chaque malade. En effet, avec des réductions de 10% ou 20% de ce taux de transmission, le nombre d’hospitalisations par jour en plein pic serait réduit respectivement de 29% et de 52%, réduisant par la même le nombre de lits nécessaires pour soigner les patients en hospitalisation conventionnelle et critique, réduisant l’engorgement des hôpitaux, la nécessité de déprogrammer des interventions ou encore celle de trier les patients. Les mesures permettant de faire baisser ce taux de transmissions (protocoles sanitaires à la hauteur, distanciation, télétravail) apparaissent donc comme essentielles dans la gestion de la crise, à rebours de la stratégie pro-patronale déployée par le gouvernement.

Les protocoles sanitaires désastreux ainsi que l’absence de moyens pour les écoles et les facs expriment le pari de Macron : laisser massivement circuler l’épidémie pour maintenir l’économie à tout prix. Un pari qui repose notamment sur un mythe, celui du caractère « bénin » du variant Omicron. Or, si Omicron est moins létal et entraîne des formes moins sévères, sa contagiosité extrême entraîne des conséquences potentielles importantes.

Or, si ce constat s’appuie sur des éléments objectifs, plusieurs études parmi lesquelles une étude américaine menée sur des rongeurs montrant que le virus s’attaquait moins aux poumons, réduisant la gravité des cas, de très fortes incertitudes demeurent. L’Etat de New-York, actuellement frappé par des contaminations massives à Omicron connaît par exemple actuellement une hausse importante des hospitalisations en soins critiques, démentant l’idée d’un variant inoffensif. Dans le même sens, l’épidémiologiste Eric Feigl-Ding met en cause les chiffres rapportés sur la mortalité de Omicron en Afrique du Sud. Pour le chercheur, la mortalité excédentaire imputable au variant Omicron dépasserait la mortalité atteinte lors de la vague du variant Delta, pourtant plus létal.

Si les incertitudes demeurent donc, une chose est sûre : la politique du gouvernement repose sur un un pari sur nos vies, et fait peser tout le poids de la crise sur un hôpital déjà exsangue. Face au mépris et à la mise en danger des travailleurs et de la population en général ces dernières semaines plusieurs mobilisations ont vu le jour, à l’image de la journée de grève massive dans l’éducation nationale du 13 janvier, où le personnel de l’enseignement a manifesté contre les protocoles ridicules de Blanquer et le manque de moyens pour faire face à l’épidémie, mais également des dynamiques de grèves dans les hôpitaux comme à Marseille ou Rouen Ces mobilisations sont le point de départ pour imposer nos protocoles sanitaires, élaborés par les travailleurs et les usagers, mais également pour arracher les moyens nécessaires pour les appliquer et pour permettre aux travailleurs de l’hôpital public d’effectuer leur mission dans des conditions décentes.

 
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