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La Izquierda Diario
25 de janvier de 2022 Twitter Faceboock

Solidarité !
Expulsion imminente : le cinéma autogéré La Clef Revival appelle au soutien cette semaine, solidarité !

La préfecture de Paris souhaite expulser de façon imminente le cinéma occupé et autogéré La Clef Revival. Ses militant.e.s appellent à la solidarité et organisent toute la semaine des projections, prises de parole, concerts. Nous les avons interviewés.

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Alors que les bénévoles de La Clef Revival ont dénoncé ce lundi une expulsion imminente, nous les avons interviewés sur leur occupation et la menace qui pèse sur elle.

RP : Salut ! Le cinéma autogéré où vous êtes bénévoles est menacé d’expulsion imminente. Est-ce que vous pouvez revenir sur ce qu’est La Clef Revival ?

En septembre 2019 un collectif issu des milieux squat, de voisin.e.s, de militant.e.s et de travailleur.euse.s du cinéma s’est créé pour s’opposer à la vente de La Clef, un cinéma du 5e arrondissement de Paris. Le propriétaire du lieu, c’est le CSE de la Caisse d’Épargne IDF, actuellement dirigé par la SNE CGC, un syndicat de patrons. Un bâtiment comme ça, dans le 5e arrondissement, ça représente beaucoup d’argent. Le prix de revente est estimé à 1.5 millions, mais avec la spéculation immobilière il est monté à 4 millions. Donc le CSE a essayé de se débarrasser du cinéma pour le vendre. Finalement, le collectif a rouvert les portes du cinéma le 20 septembre 2019 pour que ce cinéma reste associatif, libre, indépendant et collectif.

C’est devenu un cinéma autogéré par des militant.e.s bénévoles. La Clef Revival est maintenant le dernier cinéma indépendant et associatif de Paris. Ça fait maintenant deux ans et demi qu’on occupe le bâtiment, et qu’on projette des films tous les soirs à prix libre, des films militants, précaires, autoproduits, marginalisés, etc. On y crée des films, on organise des résidences pour des jeunes réalisateur.rice.s, on a fait deux radios et un plein air pendant les confinements, bref, plein de choses. Une chronologie de l’occupation est disponible sur notre site.

Tout de suite après le début de l’occupation, le CSE de la Caisse d’Epargne nous a attaqué.e.s en justice. On a eu trois procès, deux appels, la justice nous a donné raison plusieurs fois en nous laissant du temps pour proposer une alternative viable au rachat, ce qu’on a fait en créant un fonds de dotation qui a réuni plus de 100 000 euros, avec un projet de reprise. L’occupation a été beaucoup médiatisée, nous sommes soutenu.e.s par des institutions, des associations et de nombreuses personnalités du cinéma et du monde politique.

RP : Depuis la situation s’est compliquée avec la proposition de rachat par le groupe SOS. Vous pouvez nous raconter ?

Oui, entre temps, la situation s’est compliquée. Un acheteur potentiel a essayé de mettre la main sur le bâtiment, le groupe SOS. C’est un groupe dit « social et solidaire » qui mise sur la capitalisation de la culture : ils se présentent comme des sauveurs de lieux culturels précaires qu’ils rachètent pour leur appliquer des logiques de rentabilité, qui précarisent les salarié.e.s des assos rachetées, qui empêchent la formation de cellules syndicales, etc. SOS, c’est une asso à un milliard de chiffre d’affaires, leur président c’est Jean-Marc Borello, conseiller personnel de Macron et cofondateur de LREM. Autant te dire qu’on ne les a pas accueillis avec beaucoup d’enthousiasme.

On ne va pas trop s’attarder sur les différents procès, mais la principale ligne de défense de la majorité CGC du CSE, c’est de dire qu’on est un squat d’habitation et qu’on profite d’un cinéma du 5e arrondissement pour chiller. C’est faux. Cela fait deux ans et demi qu’on travaille bénévolement pour la sauvegarde de ce cinéma. En plus, on peut tous et toutes justifier d’un logement à côté : il s’agit d’une occupation pacifique et désintéressée. D’ailleurs, il faut préciser que la vente du bâtiment ne fait pas l’unanimité au sein du CSE : depuis le début de l’occupation, on a le soutien total des élu.e.s CGT du CSE qui s’opposent radicalement au rachat du cinéma par le groupe SOS.

RP : Vous avez annoncé cette semaine que l’expulsion est désormais imminente. Pourquoi, et qu’est-ce que vous prévoyez pour faire face à cette situation ?}

Il y a quelques jours, nous avons appris que le CSE avait porté plainte contre la Préfecture de police de Paris pour inaction, ce qui a donné lieu à une situation un peu lunaire dans laquelle la Préfecture a dû se justifier de ne pas nous avoir expulsé.e.s plus tôt !

Le CSE demandait à ce que nous soyons mis.e.s dehors sous 15 jours, et requérait une astreinte à l’encontre de la préfecture de 1200 euros par jour si nous n’étions pas mis dehors passé ce délai. Mais une nouvelle fois, la justice nous a donné raison, en refusant cette astreinte et en nous laissant deux mois au lieu des deux semaines requises par le propriétaire.

Malgré cela, on a appris récemment que l’expulsion se rapprochait fortement, et qu’on serait mis.e.s dehors dans les prochains jours. C’est donc le branle-bas de combat à La Clef. Toute la semaine, de 6h à 22h non-stop, nous organisons des projections continues, des concerts, et des prises de paroles de personnalités du cinéma et du monde politique. On veut montrer que La Clef Revival doit exister dans le milieu de la diffusion et de la diffusion cinématographique française (et internationale !!!) On a reçu énormément de messages de solidarité, mais il faudra être nombreux.ses pour empêcher cette expulsion ! Vous pouvez retrouver la liste des ativités de la semaine sur notre site.

 
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