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La Izquierda Diario
16 de mars de 2022 Twitter Faceboock

Urgence sociale !
Hausse des prix : quatre mesures d’urgence pour lutter contre l’inflation !
Emile Causs

En février, l’inflation a atteint 3,6 % et devrait continuer à augmenter. Les prix de l’énergie et des produits de première nécessités alimentaires menacent de s’enflammer encore davantage dans les semaines à venir. Face à cette situation, des mesures urgentes sont nécessaires pour lutter contre la hausse des prix et pour que ce ne soit pas aux travailleurs de payer la crise.

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A un mois de l’élection présidentielle, l’inflation est au cœur des préoccupations et de l’actualité. La parodie de débat organisée par TF1 ce lundi n’a pas manqué d’en faire une question centrale, et les huit candidats invités ont pu développer leurs lots de promesses. Il faut dire que la hausse actuelle atteint des niveaux inédits depuis mi-2008. En février, l’inflation en France a augmenté de 3,6%, en particulier sous l’effet du prix de l’énergie qui a explosé de 21,1% en une année selon l’Insee. Selon la Banque de France, l’inflation pourrait dépasser rapidement les 4%.

Le déclenchement de la guerre en Ukraine après l’invasion russe, a exacerbé l’explosion des prix de l’énergie, déjà en hausse depuis septembre, à cause notamment de la spéculation, au point d’être qualifié par Bruno Lemaire de choc comparable à celui pétrolier de 1973 . Comme le rapporte le journal Capital, « la hausse des prix des produits pétroliers atteint 26,9% sur un an, avec +26,3% pour le gazole et +22,4% pour l’essence. Les prix de l’électricité ont gagné 4,9% et ceux du gaz "ralentissent à peine", à 47,1% de hausse après 50,9% le mois précédent. » Cela se traduit concrètement par des prix à la pompe difficilement concevables il y a encore quelques semaines. Celui-ci a dépassé les deux euros le litre et certains s’inquiètent qu’il n’atteigne rapidement les trois euros !

Dans ces conditions, certains travailleurs qui doivent se déplacer plusieurs fois par jour pour leur emploi se posent la question : « avec le prix de l’essence, est-ce que travailler vaut encore le coup ? ». Autre symptôme de cette explosion des prix, depuis le début de semaine, certains dépôts pétroliers sont bloqués par des agriculteurs et des entrepreneurs du BTP ou des transports comme à Brest, Rennes ou encore Lorient.

De surcroît, l’inflation ne concerne pas seulement l’énergie mais aussi les produits alimentaires, qui d’après la banque de France, « devrait nettement augmenter dans les mois à venir ». Dans le même sens Michel-Edouard Leclerc, milliardaire et patron de l’institution du même nom, met en garde face au risque d’une « nouvelle vague de spéculation et d’inflation » et de l’augmentation des prix alimentaires « à venir ». Et d’annoncer notamment une hausse de 15% à 20% du prix du café. Un avertissement qui fait écho aux propos d’Emmanuel Macron le 11 mars dernier, pour qui « l’Europe et l’Afrique seront très profondément déstabilisées sur le plan alimentaire » par la guerre en Ukraine.

Ainsi, il est clair que ce sont les millions de travailleurs qui subissent la situation économique et en payent les conséquences au quotidien. Depuis septembre les salaires n’augmentent pas pour compenser l’inflation, pourtant les bénéfices des grandes entreprises ne cessent de dépasser de nouveaux records. Souvent, à l’occasion des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), le patronat consent à augmenter les salaires de moins de 3% : ce qui revient en définitive à ce que les travailleurs perdent de l’argent ! A rebours, un rapport Oxfam a montré qu’en France, la fortune des milliardaires a augmenté de 86% depuis le début de la pandémie. Pourtant face à cette situation explosive, le gouvernement enchaîne comme à son habitude les annonces fumeuses et électorales à l’image du chèque carburant fin 2021 ou plus récemment la compensation carburant et l’augmentation du point d’indice de la fonction publique. Ces dernières semaines, le gouvernement a clairement affiché sa volonté de faire payer cette crise aux travailleurs. Voulant éviter à tout prix un nouveau « quoi qu’il en coûte », la macronie appelle à « faire un effort »

Bien loin de la démagogie électorale des politiciens macronistes et de l’opposition autour de la question pouvoir d’achat, des mesures d’un autre type sont nécessaires pour lutter contre l’inflation, et pour garantir le niveau de vie de la majorité des travailleurs.

-  Alors que la proportion de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter ces dernières années, il est urgent d’en finir avec cette situation au travers d’une augmentation immédiates et généralisée de 300 euros net des salaires pour toutes et tous. Il faut également une revalorisation immédiate du Smic à 1.800 euros net. Pour contrer l’inflation toujours plus exorbitante, les salaires, les pensions et les allocations, doivent suivre l’augmentation du coût de la vie au travers d’un mécanisme d’indexation.
 
-  Tandis que les classes dominantes et le gouvernement appellent de manière méprisante « à faire des efforts » en consommant moins – tant en énergie qu’en nourriture - il faut des mesures efficaces : les prix de l’énergie et des matières premières, tant alimentaires qu’industrielles, doivent être plafonnés et gelés, la TVA supprimée immédiatement. Mais nous ne pouvons faire confiance aux grands patrons des groupes industriels pour réguler les prix (comme font semblant de le quémander Castex et Le Maire aux distributeurs de carburant). Ils tirent constamment profit de l’inflation comme ils ont constamment recours à des astuces et tromperies pour continuer à accumuler les richesses. Pour cela des comités de contrôle populaires de consommateur et producteurs doivent s’organiser pour surveiller les prix, mesurer l’inflation réelle, la qualité des produits de première nécessité et exiger de l’Etat la mise en place de ces mesures de plafonnement des prix.
 
 
-  Nous ne pouvons accepter qu’en même temps que l’augmentation du coût de la vie sur des produits de première nécessité plonge dans la difficulté une grande partie de la population dès le 10 du mois, le patronat des secteurs où les prix augmentent fassent des bénéfices records. Par exemple, Total a enregistré 16 milliards de bénéfice sur l’année 2021 en s’engraissant sur la hausse du prix du carburant. Il faut nationaliser, sans indemnités ni rachat, et sous contrôle des travailleurs et de la population, les entreprises du secteur énergétique, il faut confisquer leur magot et mettre leurs moyens techniques au service de toutes et tous.
 
-  Contrairement à ce que l’on peut souvent entendre dans la presse et les médias patronaux, il y a suffisamment d’argent pour financer tout cela. Nous l’avons dit, les records de bénéfices dans le CAC 40 ne cessent de se multiplier, les taux de marge des entreprises atteignent des niveaux inédits, de même que le montant des dividendes et la fraude fiscale. L’argent est dans les poches du patronat ! La suppression de l’ISF a fait perdre 5 milliards d’euros par an à l’Etat, il doit être immédiatement rétabli, avec une forte taxation des plus hauts revenus et une forte progressivité fiscale. Les amendes pour les grands fraudeurs du fisc doivent être durcies.
 
Il est certains que nous ne pouvons attendre des élections à venir l’application de ces mesures d’urgences. Nous assistons depuis septembre 2021 à une vague de mobilisations sur les salaires dans le secteur privé, et ce dans plusieurs pays du monde, comme aux Etats-Unis. Cela montre qu’il existe une colère à la base. En France ces mobilisations sont encore isolées et avec peu de perspectives. Il s’agit de les coordonner pour permettre d’approfondir le rapport de force. Cela passera nécessairement par le fait de briser l’isolement des luttes menées entreprise par entreprise, chacune focalisée sur son propre calendrier de négociation. C’est pourquoi il nous faut un véritable plan de bataille offensif, qui donne envie de se battre, cherche à coordonner les différents secteurs déjà en lutte et à élargir la grève dans la perspective d’un grand mouvement d’ensemble pour les salaires et contre la vie chère.

 
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