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La Izquierda Diario
28 de mars de 2022 Twitter Faceboock

Le Pen, déwò !
« Racistes dehors » : des manifestants guadeloupéens empêchent une interview de Marine Le Pen
Phil Adrian

À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen est venue courtiser les électeurs de Guadeloupe ce week-end. Seulement quelques heures après son arrivée, des militants sont venus montrer leur opposition à sa venue, obligeant la candidate à s’exfiltrer en urgence alors qu’elle était en pleine interview.

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Crédit Photo : Capture d’écran vidéo BFMTV

Dans la soirée du samedi 26 mars, en plein tournage d’une interview pour France 3 au pied de son hôtel, Marine Le Pen a vu débarquer des dizaines de militants au son de slogans tels que « Marine Le Pen raciste » ou encore « Raciste dehors ! Le Pen déwò ». Surprise, la candidate d’extrême droite a dû interrompre son interview avant de se retrancher en urgence jusqu’à sa chambre d’hôtel accompagnée par ses gardes du corps.

Un coup dur pour Marine Le Pen, qui comptait sur le bon déroulement de son séjour, proche du premier tour, pour mettre un point d’honneur à la soi-disant « entreprise de dédiabolisation » qu’elle mène depuis des années. Mais les militants guadeloupéens ne sont pas dupes, et ont encore une fois refusé de laisser l’extrême droite s’exprimer, tout comme ils l’avaient fait pour Le Pen père 35 ans plus tôt.

La mobilisation organisée par une coalition de groupes comme l’Alyans Nasyonal Gwadloup (ANG) ou encore L’UPLG (Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe) a donc été une réussite, freinant ainsi la tournée présidentielle de Marine Le Pen. Elle, dont le programme déborde de mesures racistes, de répression des quartiers populaires, et de lutte contre l’immigration des personnes racisées, n’a pas sa place sur le territoire guadeloupéen qui a connu et connaît encore un traitement impérialiste et colonial de la part du gouvernement français. Gaston Samut, secrétaire général de UPLG présent au rassemblement, l’exprime très clairement : « L’inégalité des races, la supériorité de l’homme blanc sur les noirs, nous ne voulons pas de cela en Guadeloupe. Elle est exactement comme son père ».

Le Front national, devenu Rassemblement National sans perdre de son idéologie, a toujours refusé de reconnaître les crimes coloniaux et esclavagistes de la France, dont l’histoire est sans cesse transformée par les révisionnistes réactionnaires. Marine Le Pen, son parti, sa famille et son programme, n’est pas la bienvenue dans ces territoires qui ont trop souffert de la gestion coloniale et raciste de l’Etat français.

Durant les dernières années, ce mépris et l’inaction qui en découle ont été particulièrement visibles dans les territoires dits « d’outre-mer ». La crise sanitaire et les révoltes qui ont émergé en Guadeloupe et Martinique ont été une énième preuve de la répression coloniale qui s’abat sur ces populations. Malgré ce contexte, Marine Le Pen a cru possible de venir sans encombres. Elle qui affirme que « la colonisation a beaucoup apporté a connu un retour brutal à la réalité à peine quelques heures après avoir atterri sur l’île.

C’est donc en toute légitimité que les guadeloupéens refusent que Marine Le Pen vienne déverser ses propos raciste sur leur sol. Mais au delà de la candidate d’extrême droite, la colère devrait être dirigée contre l’ensemble des politiques qui répriment le peuple guadeloupéen, à l’image du gouvernement Macron qui a réprimé dans le sang les mobilisations de ces derniers mois. Ainsi, la politique d’extrême droite de Marine Le Pen n’est que l’une des facettes réactionnaires d’un Etat français qui impose à la Guadeloupe une domination coloniale depuis plusieurs siècles.

 
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