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27 de juin de 2022 Twitter Faceboock

Soutien
Racisme, mépris de classe… la macronie, la droite et l’extrême-droite à l’offensive contre Rachel Keke
Gabriel Ichen

Depuis son élection en tant que députée, Rachel Keke, figure de la grève des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles, est la cible d’attaques de la droite et de l’extrême-droite. Des attaques qui traduisent tout le mépris de classe et le racisme de la classe dominante.

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Crédits photo : REUTERS

Racisme et mépris de classe face à la candidature de Rachel Keke

Depuis sa candidature à l’Assemblée nationale, et pire encore avec son élection, la droite et l’extrême-droite ne cessent de s’en prendre à Rachel Keke. Des attaques pleines de mépris de classe et de racisme.

Déjà pendant l’entre-deux tour des législatives, Rachel Keke avait été la cible d’attaques de son adversaire de la macronie, l’ancienne ministre des sports Roxana Maracineanu. Agacée qu’on souligne le caractère inédit de cette candidature d’une femme de ménage, cette dernière avait expliqué : « ce qu’on demande, c’est d’être député, de porter des lois, un programme. Elle n’y va pas pour faire le ménage ». Déniant à la figure de la grève des Ibis Batignolles sa qualité de sujet politique, Maracineanu avait de même qualifié Rachel Keke « d’otage de la France Insoumise ».

Mais c’est surtout suite à sa victoire face à Roxana Maracineanu et à son entrée à l’assemblée nationale, que la droite et l’extrême-droite ont déchaîné leur mépris Rachel Keke. Sur un plateau de CNews, la réactionnaire et raciste notoire, Elisabeth Lévy a ainsi laissé libre cours à son racisme le jour de la rentrée des députés en expliquant : « Bon elle est pas en boubou déjà. (…) Je ne voulais pas qu’elle vienne en boubou. » Sur le plateau des Grandes gueules de RMC, le chroniqueur macroniste Stéphane Manigold s’est quant à lui permis une sortie pleine de mépris de classe : « cette fille va passer de 1500 euros de revenus par mois à plus de 5000 […] faire les choses avec les tripes et le cœur ça donne pas un amendement »

De vieux posts Facebook déterrés

A ce mépris caractéristique s’est ajouté la semaine dernière une polémique impulsée par l’extrême-droite. Le site Fdesouche a en effet relayé d’anciens posts partagés par Rachel Kéké sur son compte Facebook, plusieurs années avant que cette dernière ne mène une lutte historique contre le groupe Accord puis entre en politique. Parmi ces posts, des contenus xénophobes et racistes anti-arabes et contre les musulmans partagés en 2016, le partage d’un lien de soutien à la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2017 ou encore un post de 2018 exprimant un soutien au dictateur syrien Bachar Al-Assad, qui se mêlent à des publications dénonçant les violences policières ou l’impérialisme français en Côte d’Ivoire.

En bons vautours, la macronie, la droite et l’extrême-droite se sont empressés de se saisir des publications réactionnaires pour attaquer de nouveau. Nathalie Loiseau, tête de liste aux élections européennes pour LREM, s’est ainsi fendue d’un tweet expliquant « les bras m’en tombent ». Une réaction qui pourrait presque prêter à rire alors qu’il est de notoriété publique que celle-ci a figuré dans sa jeunesse sur une liste étudiante du GUD, groupe néo-nazi dont des membres sont historiquement proches du RN et dont l’assassin de l’ex-rugbyman Aramburu, Loïck Le Priol, a été membre. Roxana Maracineanu a de son côté utilisé ces publications pour se venger de sa défaite, dénonçant le soutien apporté au dictateur Bachar Al-Assad.

La fachosphère s’en est également donnée à cœur joie sur l’affaire, les journaux d’extrême-droite cherchant à lui donner un maximum d’écho. Comble de l’hypocrisie, l’ex-figure du RN et aujourd’hui membre de Reconquête, Gilbert Collard a publié un tweet dénonçant les publications partagées par la nouvelle députée en expliquant : « le racisme n’a pas de couleur de peau ni de parti ». Une manœuvre bien grossière pour ce politicien d’extrême-droite.

Rachel Keke s’est finalement exprimée en évoquant « des posts qui ne reflètent absolument pas qui je suis et ce que je défends aujourd’hui dans mon combat politique. » De fait, le contenu de ces publications est diamétralement opposé à ce que Rachel Keke a défendu dans la grève d’Ibis ou aux élections législatives. Il témoigne surtout de la confusion et des positions réactionnaires qui peuvent exister au sein de la classe ouvrière, y compris dans ses franges racisées et issues des quartiers populaires qui n’échappent pas totalement à l’attraction que cherche à susciter la démagogie pseudo-« anti-système » de l’extrême-droite.

A l’inverse, on ne peut que souligner l’hypocrisie de l’extrême-droite et de LREM, et en particulier de deux anciennes ministres qui ont été actrices d’un gouvernement qui s’est adonné à de multiples offensives racistes et islamophobes, qui vend des armes à des régimes autoritaires comme ceux de l’Égypte de Al-Sissi ou de l’Arabie Saoudite, et qui maintient la présence de militaires au Sahel qui bombardent des civils maliens. Un gouvernement qui n’a pas ailleurs aucun problème à intégrer en son sein des ministres accusés de viols comme Damien Abad ou Gérald Darmanin.

 
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