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La Izquierda Diario
29 de septembre de 2022 Twitter Faceboock

Rejoins la campagne !
Indexation des salaires, expropriation des groupes de l’énergie : un programme face à la crise !
Laura Varlet, cheminote syndicaliste

En cette rentrée, les prix s’envolent et les salaires ne suivent pas. Or, cette situation va durer et s’empirer. Alors que l’hiver s’annonce très dur, Révolution Permanente lance une campagne pour un programme à la hauteur de la crise et un plan de bataille pour l’imposer.

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Tout augmente, sauf nos salaires !

En France, la rentrée est marquée par l’accentuation de la crise économique internationale. L’inflation progresse et va s’accélérer dans les mois à venir. Cette situation se combine avec un saut important dans la crise énergétique, conséquence de la poursuite de la guerre et des sanctions occidentales contre la Russie.

Contrairement à ce que peut laisser entendre le gouvernement, les tendances à l’inflation sont loin d’être conjoncturelles. Elles s’inscrivent dans un scénario de déséquilibre profond de l’économie internationale, dans la continuité de la crise ouverte en 2008. Les tendances à la récession au niveau européen et mondial pourraient rapidement entraîner des fermetures d’usines et licenciements massifs.

Déjà, l’hiver prochain s’annonce particulièrement tendu. Dès janvier, nos factures d’énergie augmenteront de 15% alors que l’augmentation des prix alimentaires devrait continuer. Plus largement, la crise économique profonde aura des conséquences dramatiques pour des millions de familles ouvrières dans les mois et années à venir.

Dans ce contexte, le gouvernement assume de nous faire payer la crise et multiplie les contre-réformes. Macron a ainsi remis la réforme des retraites sur la table ces dernières semaines. En parallèle, il prévoit toujours de s’en prendre à l’assurance-chômage et au RSA et annonce de nouvelles attaques : déremboursement de certains arrêts de travail, indexation du tabac sur l’inflation pour augmenter le prix, etc. Tout en appelant à la « sobriété », ils nous promettent une véritable guerre sociale.

Dans cette situation, il y a urgence à défendre un programme d’urgence pour faire face à la crise et au gouvernement. C’est en ce sens que Révolution Permanente lance une campagne pour populariser quelques mesures essentielles, pour ne pas payer la crise, unifier les différents secteurs du monde du travail et construire un plan de bataille pour les arracher !

Augmentation de 400 euros des salaires, pensions et minimas sociaux pour tous et toutes !

Ces derniers mois, la question des salaires a pris une importance centrale. Pour l’ensemble des travailleurs, les salaires réels sont en effet rognés chaque mois par la hausse des prix. Différentes grèves ont permis d’obtenir des augmentations, tandis que dans d’autres secteurs les entreprises les ont concédés pour calmer la colère. Pourtant, ces augmentations sont systématiquement en dessous de l’inflation et ne concernent qu’une partie de notre classe. Les plus précaires n’en voient pas la couleur, de même que toutes celles et ceux qui vivent du chômage, de pensions ou des minimas sociaux, déjà trop faibles.

Il nous faut refuser toute logique de division entre les travailleurs qui ont un emploi stable, les travailleurs précaires et ceux qui sont au chômage. On doit également refuser de penser le problème uniquement entreprise par entreprise, au bon vouloir de son patron. C’est pour cela qu’il est urgent de revendiquer une augmentation des salaires, des pensions et des minimas sociaux de 400€ pour toutes et tous.

Avec les milliards accumulés par le grand patronat, de l’argent il y en a, et on doit le réclamer. Pour cela, rien de plus efficace que notre unité dans la lutte, car ce n’est certainement pas dans une « conférence pour les salaires » qui renvoie le problème aux négociations de branches avec le patronat, comme le propose la NUPES, qu’il sera possible d’arracher des vraies augmentations de salaires.

Les hausses ponctuelles ne suffisent pas : indexation des salaires sur l’inflation !

Si exiger des hausses de salaires comme de nombreux travailleurs l’ont fait ces derniers mois est essentiel, ce n’est pas suffisant. La plupart des grèves pour les salaires n’obtiennent que des augmentations partielles, en moyenne autour de 3,5%, qui ne permettent même pas de rattraper ce que l’inflation nous vole. Par ailleurs, l’augmentation des prix est partie pour durer et empirer. On ne peut donc pas se contenter d’augmentations ponctuelles, même élevées.

Pour s’assurer que nos hausses de salaires ne seront pas mangées par les prix, notamment des produits de première nécessité, il faut exiger l’indexation des salaires sur l’inflation. Il s’agit tout simplement d’une mesure de bon sens, surtout si on se rappelle ce qui s’est passé après la grande grève générale de mai 1968. Après un énorme mouvement, avec 10 millions de grévistes qui ont paralysé l’économie, l’inflation a fini par rattraper en quelques mois l’augmentation des salaires qui avait été obtenue par la lutte.

Cette mesure est ambitieuse et, de la CGT à LFI, peu la défendent. Mais il en va de notre survie dans une économie de plus en plus instable. Une telle mesure, qui existe de façon partielle dans certains pays, serait un acquis immense pour notre classe, à léguer aux générations à venir. Nous ne pouvons pas laisser la question de savoir si nous pourrons manger demain au bon vouloir des patrons !

Crise énergétique et écologique : exproprions les géants de l’énergie !

A l’heure où on nous parle de crise énergétique et où l’on nous annonce un hiver rude, les profits incroyables des multinationales de l’énergie ont fait beaucoup de bruit. Face à ça, les mesures sur les « super-profits » sont au cœur du débat public et l’Union Européenne a même annoncé des mesures temporaires pour tenter de calmer la colère. Évidemment, ce sont des miettes, car il est illusoire de penser que les grands groupes comme Total, Sellantis ou d’autres vont s’asseoir autour d’une table et accepter qu’on touche à leurs profits.

Face à des entreprises qui prospèrent sur la crise et détruisent la planète, taxer les profits pour les confier à un État spécialiste en cadeaux au patronat, est une impasse. La lutte pour résoudre de manière durable la crise énergétique et ne pas payer des factures mirobolantes implique d’exproprier et de mettre sous contrôle ouvrier les grands groupes de l’énergie, comme Engie ou Total. Comme la santé pendant la pandémie, l’énergie est un secteur essentiel et ne doit pas être laissé sous le contrôle de ces entreprises qui profitent de la crise pour s’enrichir encore plus pendant que ceux qui triment au travail tous les jours n’arrivent pas à s’en sortir.

Ce n’est pas des mesurettes comme le bouclier tarifaire qu’il nous faut, mais le blocage des prix et l’expropriation de ces grands groupes sous contrôle de ceux qui peuvent mettre leurs connaissances et leur savoir-faire au service des besoins de la population, c’est à dire les travailleurs eux-mêmes. Après un été qui a montré à quel point la catastrophe climatique était déjà là, une telle mesure serait également essentielle pour transformer la production dans un sens écologique et opérer une véritable transition énergétique face à l’urgence climatique. Cela ne peut pas être laissé dans les mains d’entreprises comme Total qui, malgré un discours de « greenwashing » en France, n’hésite pas à construire un pipeline réchauffé de 1500 km en Ouganda, détruisant au passage des parcs naturels et déplaçant de forces des populations entières.

Il faut un plan de bataille !

Défendre un tel programme d’urgence pose la question du plan de bataille pour arracher des revendications ambitieuses. Ces dernières semaines ont justement été marquées par le réveil de différents secteurs, dont certains n’avaient pas relevé la tête depuis de nombreuses années. Chez ExxonMobil, les ouvriers ont ainsi mis à l’arrêt la deuxième plus grosse raffinerie en France, représentant 15% des capacités de raffinage, ce qui n’était pas arrivé depuis 1993. A PSA Hordain, Air France ou encore dans plusieurs magasins Carrefour des grèves ont également montré une disposition à la lutte à la base.

Pourtant, l’attitude des directions syndicales est à l’opposé de cet état d’esprit. Ce qui prime actuellement du côté de la CGT, de FO, de Solidaires, de la FSU ou de la CFDT, c’est l’attentisme, parsemé de journées isolées sans véritable appel à la grève et sans un plan de bataille d’ensemble en perspective. Le 29 septembre apparaît ainsi comme un rituel de rentrée, sans perspective, avec la différence que cette année l’appel de la CGT et Solidaires est boycotté par Force ouvrière et la CFDT au niveau national. Comme si les travailleurs et travailleuses et la jeunesse précaire de ce pays pouvaient se payer le luxe et de la division et de dates routinières !

S’il faudra être mobilisé jeudi, c’est donc pour exiger haut et fort un plan de bataille. Il faut briser la routine actuelle du « dialogue social » et des journées isolées. Cela commence par construire une réelle journée de grève interprofessionnelle, qui permette de bloquer le pays mais aussi de faire converger les grèves existantes dans un cortège interprofessionnel des secteurs en lutte. Ce serait la meilleure manière de montrer ce qu’il faut généraliser à plus large échelle et d’inspirer de nombreux secteurs de leur stratégie de grève reconductible.

Une telle journée pourrait être un point d’appui pour exiger un véritable appel à la grève d’au moins 48 ou 72h, et commencer à construire un plan de bataille à la hauteur de la crise à laquelle nous faisons face. Une telle journée devrait également permettre de discuter du programme dont nous avons besoin face à la crise. Il y a urgence !

Si vous voulez participer à la campagne politique de rentrée de Révolution Permanente, prenez contact avec nous via ce formulaire !

 
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