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La Izquierda Diario
24 de janvier de 2023 Twitter Faceboock

Retraites et mouvement étudiant
20 étudiants en garde-à-vue : un rassemblement sous haute surveillance policière à Aubervilliers
Antoine Weil
Le Poing Levé EHESS

Après l’arrestation hier soir d’au moins 20 étudiants mobilisés contre la réforme des retraites qui occupaient une salle du Campus Condorcet, un rassemblement de soutien était organisé cette après-midi sur le campus à Aubervilliers. Une centaine d’étudiants étaient présents, encadrés par un important dispositif policier avec 6 camions et 10 voitures de polices circulant sur le campus.

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Crédit photo : Révolution Permanente
Article actualisé à 22h30 le mardi 24 janvier

Hier soir, au moins vingt étudiants mobilisés contre la réforme des retraites ont été arrêtés et placés en garde à vue après une brève occupation d’un bâtiment du Campus Condorcet à Aubervilliers. Leur interpellation, diffusée sur les réseaux sociaux, s’est déroulée moins d’une heure après le début de l’occupation, et a fait suite à la demande de la présidence du Campus Condorcet. A l’heure actuelle, certains étudiants concernés sont encore gardées à vue, tandis que quelques-uns ont été relâchés autour de 19h.

Alors que le syndicat Solidaires Étudiant-es estimait qu’au moins vingt étudiants avaient été interpellés, un article du Parisien publié dans la soirée du 24 janvier fait état d’une « trentaine de personnes [...] placées en garde à vue », d’après une source policière.

Un rassemblement de solidarité s’est donc tenu ce mardi à 14h30, à l’initiative du syndicat Solidaires Étudiant-es de l’EHESS- principale université présente sur ce campus qui regroupe des masters de sciences sociales de plusieurs établissements. Alors qu’une centaine d’étudiants étaient présents pour exiger la libération de leurs camarades, la présence policière était particulièrement importante.

Le campus, dont les principaux bâtiments étaient fermés pour empêcher les étudiants de se rassembler, était quadrillé par les forces de police. Six camions et dix voitures de police étaient présents, avec des forces de l’ordre empêchant l’accès au bâtiment principal du campus. Plusieurs brigades, armées notamment de flashball et de bombes lacrymogènes, suivaient de près les allées et venues des étudiants mobilisés. Une équipe de cadreurs dépêchées par la préfecture filmaient même les étudiants rassemblés.

Ce dispositif répressif particulièrement important, illustre la volonté des pouvoirs publics d’intimider les étudiants se mobilisant contre la réforme des retraites. Après l’envoi de CRS pour déloger des étudiants rassemblés en Assemblée Générale la semaine dernière à Strasbourg, l’arrestation d’au moins 20 étudiants du Campus Condorcet, puis la forte présence policière au rassemblement de soutien est une preuve que le gouvernement est décidé à réprimer toute action étudiante, afin de tuer dans l’œuf la mobilisation contre la réforme des retraites sur les lieux d’étude. C’est une preuve également que le gouvernement craint l’entrée en scène massive de la jeunesse aux côtés des travailleurs.

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Après quelques prises de parole lors du rassemblement, les étudiants présents ont décidé d’interpeller la présidence du Campus, responsable de l’arrestation des 20 personnes en gardes à vue. En effet, toute intervention policière dans les universités ne peut se faire qu’après l’aval du chef d’établissement. Face aux étudiants, le président du Campus Pierre-Paul Zalio a assumé avoir contacté les forces de police, tout en se déclarant hypocritement inquiet de la situation des gardés à vue. S’il a déclaré ne pas avoir porté de plainte, il s’est refusé, à l’heure où nous écrivons ces lignes, à rédiger un communiqué demandant la libération et l’absence de poursuites contre les personnes arrêtées.

Lors de l’échange avec la présidence, plusieurs professeurs et personnels administratifs présents ont exprimé leur soutien avec les étudiants mobilisés. En fin de journée de nombreuses personnes étaient encore sur place en l’attente de nouvelles informations concernant leurs camarades, toujours sous une étroite surveillance policière, présente aux quatre coins du campus et à ses alentours.

Dans ce contexte d’encadrement policier et de répression pour empêcher les étudiants de se mobiliser, une délégation du Poing Levé étaient également sur place pour apporter son soutien.

Comme l’explique Ariane, militante à Paris 1, il faut dénoncer toutes les tentatives de répression et d’intimidation pour empêcher la mobilisation étudiante. Pour faire payer à Macron sa réforme des retraites et la mise au pas de la jeunesse qu’il essaie d’appliquer, il faut que les lycéens et étudiants s’organisent massivement dans des Assemblées Générales sur les lieux d’étude et rejoignent les travailleurs dans la bataille pour faire reculer le gouvernement !

 
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