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La Izquierda Diario
11 de janvier de 2017 Twitter Faceboock

Dans un quartier où le chômage atteint 34 %
Hassan, condamné à 8 mois de prison ferme après avoir blessé au doigt une policière
Arthur Nicola

Photo d’illustration - Immeubles dans le quartier de Beaubreuil, à Limoges. © AZZOPARD Brigitte

Alors que le débat sur la présomption de légitime défense des policiers fait rage et que les procès de victimes de violences policières se succèdent, comme celui d’Amine Bentounsi, la police continue encore et toujours sa politique de harcèlement des populations précarisées, de surcroît lorsqu’elles sont racisées. Dernier scandale en date : un jeune homme condamné à huit mois de prison ferme pour avoir blessé au doigt la policière qui l’a interpellé, ainsi que pour un appel à la rébellion.

Link: http://www.revolutionpermanente.fr/Hassan-condamne-a-8-mois-de-prison-ferme-apres-avoir-blesse-au-doigt-une-policiere

L’affaire est tristement banale : Hassan C., 19 ans, revend de l’herbe dans le quartier de Beaubreuil, au nord de Limoges, quand une patrouille de police le prend en chasse puis finit par l’arrêter, avec 330 g de marijuana sur lui. Lors de l’interpellation, en se débattant face à la violence de la police, le jeune homme « blesse au doigt » une agente de police. Par ailleurs, durant son interpellation, un attroupement se forme : les policiers accusent Hassan d’appel a la rébellion, « manquant de créer une émeute. » On se demande bien ce que peut être la blessure au doigt dont la policière semble avoir tant souffert. Quoi qu’il en soit, les flics, qui se sont portés partie civile, ont demandé chacun 400 € de dommages-intérêts… autant se faire de l’argent sur le dos des pauvres quand on le peut.

Alors que le quartier de Beaubreuil est connu pour être un quartier particulièrement pauvre, avec 34 % de la population au chômage (soit deux fois plus que le taux de la ville de Limoges, qui se situe déjà à 17 %), il s’agit bien pour les forces de l’ordre et leur justice de réprimer coûte que coûte et de maintenir les populations les plus pauvres dans un état de soumission absolue : c’est pour cela que le juge a condamné Hassan à 18 mois de prison, dont 8 ferme. La seule chose dont Hassan doit être soulagé, c’est de ne pas être mort d’étouffement durant l’interpellation, comme l’a été Adama Traoré cet été, même s’il sait cependant que la violence des forces de répression continuera par les matraques des matons.

Au-delà d’un réel programme contre la précarité et le chômage, l’affaire rappelle à quoi sert à la prohibition du cannabis, à savoir une décision politique permettant la répression des jeunes des quartiers. Loin de lutter contre le réel problème de santé publique que sont les produits stupéfiants, les lois d’interdiction ne font que maintenir et conforter un système de violences, entre les trafiquants qui ne mènent ni plus ni moins que des guerres commerciales, comme le font à un niveau légal tous les jours les entreprises du CAC 40, et les policiers qui installent un état d’urgence constant sur les populations, à coup de matraques, de lacrymo et d’insultes quotidiennes. La légalisation et la revente par l’État, accompagnée d’une réelle politique de prévention et de soins, sera l’unique façon de mettre fin à ces violences.

 
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