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La Izquierda Diario
3 de février de 2017 Twitter Faceboock

Rassemblement des grévistes de la Fnac Champs-Elysées et de leurs soutiens
Vidéo. 50ème jour de grève à la Fnac, 100 % de réduction sur les salaires, 200 % de détermination

Déjà le 21 janvier dernier lors de leur rassemblement, les grévistes de la Fnac Champs-Elysées, acteurs de la plus longue grève de l’histoire de la Fnac, avaient impressionné par leur détermination à aller jusqu’au bout. Ce mercredi 1er février, c’est un regroupement de plusieurs dizaines de personnes qui les a encore entouré, attirant des postiers de Clamart (Hauts-de-Seine) en grève eux aussi depuis 80 jours pour leurs conditions de travail, des cheminots de Paris-Nord qui ont brillé par une grève suivie à 90 % les 23 et 24 janvier derniers, des étudiants d’universités franciliennes, et différents soutiens venus appuyer le message des grévistes à leur direction : on lâche rien !

Mar Martin

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Cette boutique-vitrine de la Fnac a beau être située au coeur de « la plus belle avenue du monde », devant les fourrures et les rolex qui défilent dans toutes les langues, le luxe environnant ne se ressent pas sur les conditions de travail des salariés de l’avenue. C’est le message que passent depuis maintenant 50 jours les travailleurs de la Fnac des Champs, exploités encore un peu plus que leurs collègues des autres magasins.

Pas loin du Palais présidentiel, Alexandre Bompard - le PDG bien à l’aise de la Fnac mais aussi depuis récemment de Darty - ne se gêne pas pour cautionner toutes les combines pour gratter toujours un peu plus sur les payes de ceux qui travaillent à ses profits (36 millions en 3 ans). Ici, les congés maternité et les accidents de travail ne sont pas entièrement pris en charge. Un manque à gagner de plusieurs centaines d’euros chaque mois, plusieurs milliers si l’on additionne les mois et le nombre d’enfants, comme l’explique Faustine, salariée en grève. « L’excuse qu’ils nous donnent quand on leur demande pourquoi une maman perd 400 à 500 € de salaire pendant qu’elle est en congés maternité […] c’est ‘bah… on n’arrive pas à calculer.’ […] Et après quand on leur dit ‘bah pas de souci on va vous faire le calcul’ ils nous disent ‘oui mais c’est pas toi la gestionnaire de paye’ » Un des chevaux de bataille central pour les grévistes car « c’est un soutien pour toutes, c’est le droit des femmes, le droit des mamans et c’est hyper important ».

Si les conditions générales de ces travailleurs qui bossent jusqu’à minuit, le dimanche, en sous-sol, donc sans lumière du jour, mais avec la pollution des véhicules qui s’y engouffre, c’est un autre exemple qu’Alexandre, gréviste lui aussi, met en avant : celui des planning mouvants de semaine en semaine sans même être informé bien à l’avance, mettant en difficulté les possibilités de vie à côté, particulièrement pour les familles. Un turnover d’autant plus accentué pour les intérimaires, nombreux dans ces boutiques : « Si vous allez voir en caisse ici y a 50 % d’intérimaires, et ça c’est au minimum, si vous venez en période de fin décembre c’est encore plus. Et les intérimaires on leur donne leur planning au jour le jour, avec des planning en dents de scie qu’on vous a donné toute à l’heure. Et eux ben ils se contentent de ce qu’ils ont parce qu’ils sont intérimaires, si ils disent non le lendemain ils sont pas re-plannifiés. »

Et si le magasin affiche de nombreuses promotions sur les articles du magasin, il semble que la plus grosse réduction soit faite sur les payes : aux - 50 et - 30 % affichés sur les produits, rivalise - et de loin - un gros - 100 % sur les salaires ! Une entrave à la grève déguisée même si tellement banale, que les grévistes tentent de pallier au mieux via une caisse de grève mise en place à leur piquet et également en ligne ici.

Mais la direction peut bien rester muette à leurs interpellations, rien ne semble entacher la détermination des grévistes. Au contraire, au rassemblement a suivi l’envahissement du magasin des Champs, dans une ambiance combative - la preuve en images - boostée par la participation des travailleurs et étudiants d’ailleurs, mais partageant bel et bien la lutte des Fnac. « Public-privé, même combat ! » comme le rappelle une cheminote venue en soutien. Une solidarité jusqu’au bout, car comme le dit Brahim, postier dans le 92 : « ce serait un encouragement à plein d’autres secteurs que cette grève finisse par une victoire. »

 
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