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La Izquierda Diario
21 de février de 2017 Twitter Faceboock

Vérité et Justice pour Ali Ziri, Adama, Amine, Zyed et Bouna, Théo… !
Crime policier : la justice referme l’affaire Ali Ziri sur un non-lieu

L’affaire de la mort d’Ali Ziri le 11 juin 2009 dans le commissariat de police d’Argenteuil a trouvé une fin judiciaire mardi 16 février : la justice a décidé de refermer le dossier sur un non-lieu. Une telle décision n’a pas “surpris” les proches d’Ali Ziri qui « s’en doutaient » parce que dans des cas de violences policières, les familles de victimes le savent d’expérience : en France, la justice acquitte souvent. Et les proches et soutiens d’Ali Ziri n’ont rien lâché depuis 2009. Ils ont fait tous les recours possibles pour obtenir justice et vérité mais la machine judiciaire à laquelle ils se sont confrontés est au service des puissants. Une justice qui protège, acquitte, systématiquement les coupables : des policiers, des gendarmes en service, qui le 11 juin 2009 ont roué de coups un homme de 69 ans.

Cécile Manchette

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Qui a tué Ali Ziri ? Ali Ziri a été interpellé le soir du 9 juin 2009 avec un ami, Arezki Kerfali, 60 ans, à bord d’un véhicule que ce dernier conduisait. Alcoolisés, les hommes avaient été transportés au commissariat d’Argenteuil et placés en garde à vue. Ali Ziri, tombé dans le coma, est mort deux jours plus tard à l’hôpital d’Argenteuil. Une première autopsie avait conclu que des problèmes cardiaques et l’alcoolémie étaient les causes du décès. Mais une contre-expertise avait révélé la présence d’une vingtaine d’hématomes, dont certains larges de 17 cm. L’institut médico-légal concluait qu’Ali Ziri était « décédé d’un arrêt cardio-circulatoire […] par suffocation multifactorielle (appui postérieur dorsal, de la face et notion de vomissements) ». En cause, l’usage de la technique interdite du « pliage » pour maîtriser la victime. Une histoire qui en rappelle d’autres. Comme celle d’Adama Traoré, mort à Beaumont-Sur-Oise suite à son interpellation. La mort d’Adama avait d’abord été expliquée par un « malaise cardiaque », puis par une « infection généralisée » qui aurait subitement touché « tous les organes ». Une contre-autopsie demandée par la famille avait permis de découvrir la vérité : Adama est mort d’asphixie suite à la technique de plaquage ventral utilisé lors de son interpellation.

Technique du « pliage », plaquage ventral, telles sont les méthodes de la police. Et il y en a d’autres : le harcèlement, le contrôle au faciès, les insultes, les coups de taser, et aussi le viol. Une vidéo datée du 2 février montre plusieurs policiers en train d’agresser verbalement, physiquement et sexuellement un jeune homme de 22 ans. Théo, lorsqu’il arrive à l’hôpital, souffre d’une déchirure de l’anus de 10 cm. Ce qui a provoqué la blessure ? Une matraque.

Zyed et Bouna en 2005, Ali Ziri en 2009, Adama en 2016 et Théo en 2017. En 2017, après presque un an et demi d’état d’urgence, avec toujours plus d’armes et de moyens pour la police, de dispositifs sécuritaires, les exactions quotidiennes des « forces de l’ordre », qui se font de plus en plus violentes, percent la bulle médiatique grâce à la mobilisation, aux manifestations, aux prises de paroles, aux témoignages et aux combats menés par les familles de victimes,. Ce qu’a subit Théo n’est pas un cas isolé. Et ce ne sont pas ces quelques policiers qui individuellement ont un « problème » mais bel et bien l’ensemble du corps de police. Parce que la question politique qui surgit et commence à se répandre c’est « mais que fait la police ? », quel est le rôle de la police à part réprimer la population, « maintenir l’ordre », terroriser les plus opprimés et faire taire tout ceux qui viendraient perturber l’ordre imposé.

Et que fait la justice ? Elle impose aux victimes un parcours du combattant, elle décide de ne pas poursuivre les policiers parce qu’elle établit qu’ « aucun acte de violence volontaire ne serait la cause directe ou indirecte du décès ». Et cela malgré les preuves, malgré la contre-autopsie. Et, finalement, le 16 février 2017, la haute juridiction a fini par rejeter le pourvoi contre l’arrêt de la cour d’appel de Rennes qui avait confirmé, en 2014, le non-lieu prononcé par les juges d’instruction. Elle a fini d’enterrer l’affaire. Mais aujourd’hui, les familles de victimes de violences policières et du racisme d’Etat commencent à s’unir, se solidariser et les mobilisations en soutien ne tarissent pas. La colère que suscite chacun de ces crimes, de ces injustices est légitime. Et cette colère qui vient des quartiers populaires quand elle s’exprime est, depuis quarante ans, constamment criminalisée et réprimée. Contre l’impunité policière et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice, les familles des victimes de crimes policiers appellent à une manifestation nationale le 19 mars contre les crimes policiers et le racisme institutionnel. Nous serons nombreux à nous mobiliser dans la rue pour réclamer justice et vérité pour Ali Ziri, Adama, Théo, Amine Bentounsi, Hocine Bouras, Abdoulaye Camara et tant d’autres.

 
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