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La Izquierda Diario
27 de février de 2017 Twitter Faceboock

Il en faudra plus pour convaincre les éléphants de ne pas transhumer vers chez Macron
Hamon-Jadot plus potes que jamais, Mélenchon en mode non-agression. Ambiance tambouille

Il n’y a pas que la campagne de Fillon qui suscite des interrogations en interne. Alors certes, Hamon n’est pas dans la situation du candidat de la droite, loin de là. Néanmoins, sa campagne peine à décoller alors qu’il perd des soutiens sur sa droite sans en engranger sur sa gauche. Et sans pour autant que Mélenchon ne passe à l’offensive. Qu’a-t-il derrière la tête ?

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Jean-Patrick Clech

« Gauche » fast-food

Jadot -l’ancien candidat des écolos qui n’aura jamais vraiment essayé de l’être si ce n’est pour négocier un accord avec le PS- et Hamon, ont scellé leur accord électoral, lundi, dans un Mc Do de la Gare de l’Est dont les salariés sont en lutte. Ce qui aurait pu être un symbole fort de gauche est en réalité à l’image de la campagne de com’ qui tient lieu de politique chez Hamon. Précarité ? Licenciements ? Bas salaires ? Le problème, pour le candidat socialiste et son ticket présidentiel, c’est l’évasion fiscale de Mc Do et une nouvelle Loi Travail qu’il faudrait adopter pour remplacer celle de Myriam El Khomri. Il semblerait que les syndicalistes CGT présents sur place et que l’on avait pourtant briefé en amont n’aient pas été franchement convaincus…

Les éléphants quittent le navire

Et pourtant, même comme cela, Hamon est trop à gauche pour les éléphants du PS. Candidat socialiste ? Il faudrait en effet dire, par souci de précision, candidat d’une partie du PS. Hamon n’a pas seulement droit au même traitement que Royal en 2007, à savoir un service minimum. Une bonne partie des poids-lourds socialistes, sont actuellement, en transhumance vers chez Macron. Il y a ceux qui n’ont pas digéré que Hamon négocie certaines circonscriptions avec les écolos, il y a ceux qui assument pleinement le tournant de Valls et Hollande qui mène tout droit chez Rothschild. Ainsi, qu gouvernement, Le Foll, porte-parole, Le Drian, à la Défense, Tourraine, à la Santé, s’apprêtent à tourner casaque. Christophe Caresche, parlementaire et chef de file de la droite du PS s’attend, quant à lui, à ce qu’une quarantaine de députés, voire soixante-dix, e suivent dans son soutien à Macron au cours de la semaine.

En attendant, l’accord Hamon-Jadot ressemble, à un accord branlant. Jadot l’a fait passer auprès de 80% des militants qui ont pu s’exprimer dimanche au nom d’un sauvetage très pragmatique d’un groupe parlementaire écolo pour la prochaine législature et ce alors que les 500 signatures garantissant une présence des Verts au premier tour n’était même pas garanti. Une partie de la gauche militante d’EELV n’a pas digéré le chantage.

Mais Hamon ne réussit pas à faire passer l’idée que certains, au PS, seront privés d’investiture, alors que d’autres sont vent debout contre les concessions a minima faites à Jadot sur le nucléaire -sortie sur 25 ans- ou sur NNDL -l’aéroport étant condamné depuis belle lurette sans pour autant que tous aient fait leur deuil du projet. Le feu roulant des critiques tonne en interne contre Hamon sans que ces trois semaines passées à trouver un accord avec Jadot pour rallier un électorat jugé microscopique ne permette de contrebalancer la défection de la droite du groupe parlementaire et de fédérations entières du PS (Côté d’Or, Rhône ou encore Bouches-du-Rhône) qui penchent vers Macron. Les plus aimables à l’égard de Hamon disent qu’il fait dans la même veine que « le programme de 81 mais sans les nationalisations et sans avoir l’étoffe de Mitterrand ». Pour ce qui est d’un certain nombre de vieilles promesses ressorties des cartons socialos, on ne saurait leur donner tout à fait tort.

Mélenchon se plaint du calendrier

Face à autant de tergiversations et de compromis tièdes, on aurait pu s’attendre à ce que le candidat de la France Insoumise tape un grand coup. Il n’en est rien. Après avoir promis de laisser sa porte ouverte en vue d’une discussion avec Hamon, un constat de désaccord a été acté, vendredi, sans que Mélenchon n’en profite pour passer à la contre-offensive contre la gauche social-libérale dont Hamon est l’un des avatars.

Le candidat socialiste continue, en effet, à se dire fier du quinquennat sur de nombreux dossiers, dont l’éducation (?!?) ou certaines mesures contenues dans la Loi El Khomri. Avec l’accélération de la campagne, Régis Juanico, l’un de ses très fidèles lieutenants, issu, lui aussi, du MJS, a promis d’en rajouter une couche dans la défense et l’illustration du hollandisme. Et pourtant, Mélenchon s’est contenté de pointer qu’il était « beaucoup trop tard » pour un rapprochement entre eux, comme s’il s’agissait d’une question de calendrier plus que de contenu. Il en est même venu à parler d’un « code de respect mutuel dans la campagne », comme s’il y avait un quelconque respect à avoir pour un candidat qui non seulement reste solidaire d’une partie du bilan du quinquennat passé mais qui en est comptable en tant que ministre puis député de la majorité.

En évoquant le calendrier, Mélenchon a-t-il en tête le second tour des législatives du printemps, voire le premier ? On se croirait revenu à 2008, au congrès de Reims. A l’époque, Mélenchon et son courant, au sein du PS, avaient choisi d’appuyer la motion « Un Monde d’avance », conduite par un certain benoît Hamon, arrivé en quatrième position. Souvent l’histoire se répète. Jamais à l’identique. La seconde fois, comme le disait le vieux Marx, c’est sous la forme d’une farce.

 
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