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La Izquierda Diario
17 de janvier de 2019 Twitter Faceboock

Embryon de structuration ?
Tour de France des Assemblées Générales de Gilets Jaunes : un début de structuration « par en bas »
Julian Vadis

Si la spontanéité du mouvement est un marqueur important du soulèvement, de plus en plus les Gilets jaunes se structurent « par en bas » : des Assemblées Générales se multiplient partout en France. De ce fait, les Gilets jaunes développent leur propre expérience d’organisation, pour le moment à une échelle locale, voire régionale.

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Crédits photos : © Jérémie FULLERINGER

Le 17 novembre dernier, spontanément, des milliers de Gilets Jaunes se sont mis en mouvement et ont bouleversé la situation politique hexagonale. Deux mois plus tard, le mouvement s’est aujourd’hui enraciné, après les fêtes de fin d’année, avec un acte IX, le plus massif depuis le début de la mobilisation.
 
Malgré la tentative d’enfumage du gouvernement à la sauce « grand débat national », il y a fort à parier que l’acte X, samedi prochain, sera lui aussi important dans la rue. Forts de deux mois d’expérience de mobilisation, les Gilets Jaunes, qui pour la plupart manifestent pour la première fois, font leur propre expérience pour organiser le mouvement à la base. C’est ainsi qu’une vingtaine d’Assemblées Générales ont fleuri depuis le début du mouvement.
 

Des « pointes avancées » dans différentes villes

 
Si, bien sûr, l’état de structuration du mouvement est encore embryonnaire, quelques villes se détachent du lot, sorte de « pointe avancée » de ce phénomène. Ainsi, à Lyon, trois assemblées générale se sont déjà tenu, cherchant à coordonner et organiser les différentes actions, réunissant à chaque fois un minimum de 500 Gilets Jaunes. Toulouse n’est pas en reste, avec la aussi trois assemblées générales, réunissant de 600 à 300 personnes.
 
A Caen, après une assemblée générale organisée dans un squat de migrants, merveilleuse démonstration contre les accusations en « extrême droitisme » du mouvement, 300 personnes se sont à nouveau réunis le 11 janvier. Enfin, à Commercy, bourgade de 6000 habitants dans la Meuse, une assemblée générale a lancé un appel pour une « AG des AGs », pointant la nécessité de coordonner le mouvement à l’échelle nationale.
 

En région parisienne, une dizaine d’AG émerge

 
Dans ce mouvement qui a mis les marges au centre, si Paris est, du point de vue politique, l’un des points névralgiques de la mobilisation, il n’est pas encore à l’avant-garde en matière de structuration du mouvement. Pourtant, là aussi, des embryons d’organes d’auto-organisation émergent.
 
Au total, ce sont sept différents « point » qui se structurent, mêlant assemblée de ville et regroupement plus large : A Paris Nord / 18e, à Rungis, à Belleville, à Pantin, à Ivry (rassemblant l’ensemble du 94), à la Plaine Saint Denis et dans l’Essonne.
Pour l’heure, il n’existe pas de structure à échelle de l’ensemble de la région parisienne, même si l’Assemblée de Rungis est à la pointe à l’heure actuelle, cherchant à structurer l’ensemble du mouvement sur la capitale. L’émergence de ces structures d’auto-organisation, avec toutes les limites qu’elles comportent, vont dans le bon sens en ouvrant la possibilité de pouvoir contrôler les porte-paroles, ou encore de se donner les moyens de massifier le mouvement en l’élargissant à d’autres secteurs, du monde du travail, de la jeunesse et des quartiers populaires.
 

Ailleurs aussi, le mouvement se structure

 
Ailleurs en France aussi, le mouvement cherche à se structurer. A Montpellier ce 13 janvier, 200 Gilets Jaunes se sont donc retrouver à Odyséum pour penser la suite de la mobilisation. A Nîmes, une AG rassemblant l’ensemble des Gilets Jaunes du Gard se tient également.
 
A la dernière Assemblée Générale tenue à Strasbourg, 250 personnes se sont rassemblées, venues de Colmar, Horbourg-Wihr, Sélestat, Châtenois, Gambsheim mais aussi de Lorraine, avec la présence de Gilets Jaunes de Sarreguemines. Autre rassemblement plus large, coordonnant plusieurs villes, l’AG de Touraine, rassemblant à chacune de quatre assemblée tenue plus de 70 Gilets Jaunes. Dans le Nord, l’AG de Lille rassemble les Gilets Jaunes locaux et ceux de Douai, Arras et Sin le Noble. Même méthode de regroupement dans le Puy de dome, ou une trentaine de personnes ont répondus à l’appel.
 
Enfin, des Gilets Jaunes organisent également de première assemblées générales à Nantes, à Dijon, à Clermont et à Alençon.
 

Une dynamique à poursuivre et la nécessité d’entraîner le mouvement ouvrier

 
Contre toute récupération du mouvement et pour son amplification, ces différents « embryons d’auto-organisation » devraient se donner comme tâche de se développer, en s’élargissant sur l’ensemble du territoire, tout en commençant à mettre en place des représentants mandatés et révocables, pour ensuite se poser la possibilité coordonner à échelle nationale. Les Assemblées Générales listées ci-dessus doivent donc servir « d’exemple à suivre », jusqu’à devenir un phénomène majoritaire, pour un contrôle démocratique par la base des Gilets Jaunes. C’est sur cette voie que le mouvement pourra résoudre l’une de ses contradictions : A savoir, réussir à se structurer sans pour autant être récupéré par de prétendus leaders auto-proclamés.
 
Il est aussi notable que, par endroit, des convergences entre Gilets Jaunes et syndicalistes se font jour, dans les Ags comme dans l’action. Il s’agit là aussi d’un élément essentiel pour instaurer un rapport de force conséquent et faire plier Macron. En ce sens, l’aspiration à faire de la construction de la Grève Générale un axe central de la mobilisation, qui fleurit dans une fraction pour l’instant minoritaire des Gilets Jaunes, doit devenir une aspiration collective. Par sa ténacité et son enracinement, le mouvement des Gilets Jaunes a déjà fait la démonstration de sa détermination et de sa capacité à arracher des concessions au gouvernement. Il s’agit aujourd’hui d’œuvrer pour « passer à l’étape supérieure ». Pour ce faire, la mise en mouvement du « géant endormi » qu’est le mouvement ouvrier organisé, notamment dans les grands centres industriels, avec ses méthodes de luttes, c’est à dire la grève et l’auto-organisation, est indispensable.
 
[Nota Bene] Il est possible que certaines assemblées générales ne figurent pas dans ce listing. N’hésitez pas à nous le faire savoir dans les commentaires. Nous compléterons alors ce « tour de France des AGs »

 
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