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La Izquierda Diario
25 de janvier de 2019 Twitter Faceboock

Les rats quittent le navire
"Le grand débat est faussé" : et c’est Chantal Jouanno qui le dit !
Joachim Valente

Clair comme de l’eau de roche pour une grande partie de la population, les derniers sceptiques seront sûrement convaincus par Chantal Jouanno : « le grand débat est faussé ». L’ancienne ministre de Sarkozy, ralliée à Macron depuis son élection, va même plus loin, elle y voit une « opération de communication ».

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Le gouvernement et une bonne partie du personnel politique n’en démordent pas, le grand débat national lancé depuis une dizaine de jours est l’issue « par le haut » à la crise ouverte par le mouvement des gilets jaunes. La colère a été entendue, le gouvernement serait même prêt à en entendre encore plus et à « écouter les Français ».

Pourtant, dans la matinale de LCI, Chantal Jouanno, présidente de la Commission Nationale du Débat Public (organe fantôme bien utile à ressortir en périodes de crise), qui s’était fait retirer l’organisation du débat par le gouvernement alors qu’une polémique enflait sur son salaire indécent, a accusé Macron de se payer une « opération de communication » en organisant un débat faussé où c’est le gouvernement qui pose les questions et donne les réponses.

Comment expliquer cette volte-face de celle qui est allée jusqu’à revenir sur son retrait de la vie politique pour soutenir Macron après son élection (ce qu’il lui a bien rendu quand on connaît la rémunération du poste actuel où elle a été nommée par le président) ? Une profonde envie de connaître les préoccupations des classes populaires ? Son parcours politique (Science Po Paris, ENA, ministre de Sarkozy, sénatrice...) permet d’en douter. Une revanche alors, pour avoir été écartée de l’organisation du débat ? Peut-être. Toujours est-il que les classes dominantes et la classe politique à leur service ne sont plus aussi emballées par leur jeune champion réformateur. Plusieurs analystes de la presse bourgeoise s’inquiètent de la capacité de Macron à mener les réformes dont le capitalisme français a besoin (réforme des retraites, attaques contre les fonctionnaires, contre la sécurité sociale etc...) lors de la suite de son mandat même s’il arrivait à calmer rapidement la crise ouverte par les gilets jaunes. Et même cela tout le monde dans les hautes sphères de la société n’est pas d’accord sur la méthode à employer. Enfin, les politiques commencent à penser comment sauver leur peau. Le bateau Macron prend l’eau et personne ne veut se retrouver trop mouillé ni même couler avec lui si la brèche n’était pas colmatée. Si un Gérard Collomb a eu la chance de partir suffisamment tôt, des rumeurs annoncent un départ prochain de Gérald Darmanin du gouvernement. Après avoir mené à bien les réformes dont il était chargé celui-ci, préférerait reprendre la mairie de Tourcoing, partir sur une bonne note et éviter de se compromettre avec un gouvernement en crise.

Face à la crise, la classe politique tente un minimum de serrer les rangs (tout le monde s’empresse de rappeler son attachement à la démocratie représentative et de s’opposer farouchement à toute augmentation des salaires qui mèneraient le pays à la ruine) jusqu’à un certain point. Les oppositions en tout genre cherchent à surfer sur le mouvement et à gagner le plus de points possibles. Si avec le grand débat Macron cherche à se remettre les maires ou les couches supérieures des classes moyennes dans la poche, la défection de Chantal Jouanno illustre un phénomène plus profond. Macron n’est plus le candidat d’hypercentre, ni de gauche, ni de droite, qui fait consensus au sein de la bourgeoisie et peut attirer à lui des éléments opportunistes de divers bords. Aujourd’hui ces mêmes personnes, sentant le vent tourner, tendent à effectuer le mouvement inverse. A l’image de sa réception par les gilets jaunes et leurs sympathisants, les premiers qu’il devait calmer, le grand débat ne convainc pas. Pas même dans le camp pour qui il a été mis en place !

Crédit photo : AFP / CÉLINE LEVAIN

 
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