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La Izquierda Diario
20 de mars de 2019 Twitter Faceboock

Vers une deuxième condamnation ?
Round-up : Monsanto reconnu responsable du cancer d’un agriculteur américain
Elise Duvel

Edwin Hardeman s’est lancé dans un bras de fer contre le géant agro-chimique Monsanto (racheté par Bayer). Un jury américain lui a donné raison et a jugé le Roundup responsable en grande partie de son cancer. Quelques jours plus tôt, l’Assemblée Nationale repoussait l’interdiction des pesticides en France à 2025.

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Le plaignant avait utilisé le désherbant de Monsanto à base de glyphosate pendant plus de 30 ans. Les jurys du tribunal fédéral de San Francisco ont déclaré certain le lien de causalité entre la maladie de l’agriculteur et le pesticide à l’unanimité. Diagnostiqué d’un cancer du système lymphatique en 2005, il porte plainte contre le géant de l’agro-industrie qui continue de déclamer que sont Roundup est inoffensif.

Ce mardi, la justice fédérale américaine donne tord à Monsanto ouvrant la voie à une deuxième phase du procès qui devra répondre aux questions suivantes : Monsanto connaissait-il les risques ? Les a-t-il cachés ? Si le jugement répond par la positive, quels dommages et intérêts doit-il payer ?

L’été dernier pour la première fois, la firme avait été condamnée à verser 289 millions dollars de dommages à un jardinier américain, Dewayne Johnson, souffrant d’un cancer suite à l’utilisation de l’herbicide. Aujourd’hui, 11200 plaintes contre Monsanto sont en cours de traitement aux Etats-Unis. Si les procès aboutissent, cela pourrait révéler à grande échelle le scandale sanitaire dont est responsable la firme.

Des centaines d’accusations de maladies de la peau et de cancers liés à l’utilisation du glyphosate (la molécule qui compose le Round Up) sont répertoriées dans le monde entier notamment chez les agriculteurs. C’est pourquoi, l’enjeu des procès contre la firme est mondial. Il pourraient être la lueur d’espoir pour toutes les personnes qui mènent une lutte totalement inégale contre le géant Monsanto.

Si de plus en plus de procès commencent enfin à incriminer les herbicides de Monsanto responsables de maladies, la lutte contre les destructions humaines et environnementales dont la firme est coupable est loin d’aboutir. Vendredi dernier, en pleine mobilisation pour le climat, l’Assemblée nationale repoussait de 3 ans, donc en 2025, l’interdiction de la production, du stockage et la vente de pesticides en France, déjà interdit en Europe. La promesse de Macron d’interdire les pesticides est bien loin deux ans après son élection.

Il faut dire que le lobbying de la firme Bayer-Monsanto offre de juteux financements à l’ALDE, l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l’Europe, parti européen auquel s’est rattaché Macron et LREM. Comme il est possible de le faire au niveau européen, ce parti politique a reçu des financements de plusieurs entreprises telles que Bayer-Monsanto, ce qui est interdit en France.

Comment pourrait-il interdire le glyphosate, principale molécule qui compose le Roundup de Monsanto, alors même qu’il reçoit de l’argent de ce géant pour financer sa campagne aux européennes. Cette révélation avait d’ailleurs mis sérieusement dans l’embarras LREM, obligé à se distancier publiquement de ses propres financeurs.

En réalité, appuyé par ces gouvernements, Monsanto exerce depuis des décennies un puissant lobbying visant à faire taire toute remise en cause de son quasi-monopole, au détriment du système écologique et de la vie humaine. L’entreprise qui prétend aider les paysans et agriculteurs en leur proposant un meilleur avenir par l’utilisation de ses semences OGM, oublie souvent de dire que ces dernières sont à usage unique, et produisent des graines stériles. Ainsi il faut racheter les semences chaque année et nombreux sont les agriculteurs ruinés, voire poussés au suicide.

Les gouvernements sont complices des pratiques mortifères du Goliath de l’agro-chimie. La logique productiviste du système capitaliste, basée sur l’oppression et l’exploitation de l’homme, et de la nature, est destructrice de nos vies et de la planète. Les travailleurs, eux, n’ont aucun intérêt à poursuivre ces pratiques.

 
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