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LREM sous pression : l’alliance européenne de Macron financée par Bayer-Monsanto

France 2 a confirmé l'information, le parti de Macron aux européennes reçoit des financements de la part du groupe Bayer-Monsanto. Rappelons que Bayer-Monsanto est le principal producteur du Glyphosate, entre autres, que Macron avait promis d'interdire en France durant sa campagne électorale. Mais sous la pression, LREM demande aujourd’hui a son allié européen de renoncer à ces fonds privés.

mardi 12 mars

Crédit photo : Ludovic Marin/AFP via Getty Images

L’ALDE, l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l’Europe, est le parti européen auquel s’est rattaché LREM. Comme il est possible de le faire au niveau européen, ce parti politique a reçu des financements de plusieurs entreprises telles que Bayer-Monssanto, ce qui est interdit en France.

Le parlement européen avance le chiffre de 425 000 euros de financements pour l’ALDE provenant de différentes entreprises depuis les dernières européennes de 2014. De plus, un congrès du parti organisé en 2018 à Madrid avait été, pour partie, financé par des fonds provenant aussi de grands groupes tels que Google, Bayer-Monsanto ou encore Microsoft.

Alors que Macron se dit à la pointe des questions écologiques, ces financements viennent prouver le contraire. Comment pourrait-il ne serait-ce qu’interdire le glyphosate, mesure déjà loin d’être suffisante en matière d’écologie, s’il s’agit de l’un des principaux marchés de Bayer-Monsanto ?

Dans le même temps, Stéphane Séjourné dit découvrir ces financements. Alors qu’il est le directeur de campagne de Macron aux européennes, on se demande comment il a pu ne pas être au courant.

Mais sous la pression, LREM, par le biais de Séjourné, a fini par dénoncer ce qu’il a appelé « pratique incompatible avec une vie démocratique irréprochable », remettant en cause l’alliance de LREM avec cette organisation. Un volte-face qui ne doit rien à de quelconques aspirations démocratiques mais plutôt à une volonté d’éviter à tous prix le scandale dans un contexte social explosif.

C’est tout d’abord Marine Le Pen, le 7 mars, qui avait attaqué l’ALDE pour avoir reçu des financements de la part de grands groupes. Mais émanant d’un parti au cœur de nombreuses affaires de corruption et de détournement de fonds, financé par des proches de Poutine, cette critique est avant tout pour le Rassemblement National un moyen de délégitimer son principal opposant aux européennes.

Ce que dévoilent surtout ces financements, c’est les règles du jeu parfaitement anti-démocratiques de ces élections, où les principales formations réactionnaires bénéficient de moyens colossaux en se soumettant aux intérêts de grandes multinationales, tandis que les « petits » partis indépendants du patronat tels que le NPA rencontrent d’importantes difficultés se présenter.

Ainsi, alors que Macron cherche à incarner l’aile progressiste de l’Union Européenne, ces financements viennent démontrer que les intérêts défendus par LREM et ses alliés – pas plus que le RN – ne sont nullement ceux de la majorité de la population et ou de la planète, mais plutôt ceux d’une minorité de grands patrons.




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