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La Izquierda Diario
9 de mai de 2019 Twitter Faceboock

Cuba : La nouvelle déclaration de guerre commerciale de Trump se met en place
Muriel Radler

Les États-Unis ont activé le chapitre III de la loi Helms-Burton et deux procès viennent de s’ouvrir contre des entreprises qui auraient « tiré parti de biens confisqués » lors de la Révolution.

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Photo : Mumu

Dans un contexte de redéploiement de l’impérialisme étasunien et d’interventionnisme au Vénézuela, l’administration Trump tente une nouvelle fois d’asphyxier Cuba. La société américaine Carnival, leader mondial du marché de la croisière et deux entreprises cubaines, Cuba Petroleo (Cupet) et la holding Cimex sont les premières à être attaquées en justice. Une manoeuvre pour effrayer les partenaires commerciaux et affaiblir encore plus le vieil ennemi, soutien de Maduro.

L’embargo, qui a fait perdre 4,321 milliards de dollars à Cuba, entre avril 2017 et mars 2018, selon les instances cubaines, s’est vu renforcé du chapitre III de la loi Helms-Burton. Une loi en place depuis 1996 mais un chapitre jamais appliqué en raison du risque d’engorgement du système judiciaire américain et pour ne pas froisser les nombreux alliés déjà pénalisés par l’embargo. Une loi qui n’affecte pas uniquement les Cubains mais aussi les entreprises étrangères. En effet, elle autorise les citoyens des États-Unis, à engager des poursuites judiciaires contre des personnes et/ou des entreprises qui gèrent ou bénéficient des biens nationalisés au lendemain de la révolution, entre 1959 et 1961.

C’est ainsi qu’une première entreprise est attaquée, Carnival, société de croisière basée à Miami, le fief des anti-castristes. Une société qui transporte environ 3,7 millions de passagers dans le monde et notamment vers la Havane et Santiago.
« Les frères Castro et leurs amis du parti communiste ont volé ce qui appartenait à mon grand-père » a déclaré Mickael Behn. « Carnival fut le premier groupe de croisières à bénéficier de notre propriété volée, il mérite donc l’honneur peu enviable d’être le premier à être poursuivi » a dit M. Garcia Bengochea. Ce sont eux les deux premiers plaignants a utiliser cette loi. Deux américains d’origine Cubaine qui revendiquent la propriété des ports qui 60 ans en arrière appartenaient à leurs grand pères.

Mais s’ils sont les premiers, ils ne sont pas les seuls. « Je suis très optimiste sur le fait que justice sera rendue au bout du compte, ça fait 60 ans que j’attends ce moment » a déclaré José Ramon Lopez Regueiro, qui avait 6 ans quand son père quittait Cuba lorsque le peuple cubain renversait son ami proche, l’allié des États-Unis, le dictateur Fulgencio Batista. Celui-ci revendique —entre autre— l’aéroport de la Havane, sur lequel atterrissent de nombreuses compagnies étrangères telles que Air France consorts.

Bien qu’à la Révolution les biens nationalisés furent indemnisés, les héritiers revanchards qui parfois n’ont jamais remis un pieds sur l’île ne comptent pas laisser passer cette nouvelle occasion d’affaiblir le pays et de gagner des sous. Ainsi ce sont plusieurs centaines de procès qui pourraient s’ouvrir. 

Mais ce traité est contesté. Carnival a annoncé qu’elle ne modifierait en rien ses croisières à Cuba. De même l’UE principal partenaire commercial de l’île, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Federica Mogherini, a déclaré que cette législation est « contraire au droit international » et qu’elle « s’appuiera sur toutes les mesures appropriées pour réagir aux effets de la loi Helms-Burton ». Ainsi ce n’est pas seulement une guerre commerciale contre Cuba qui s’ouvre mais aussi contre ses partenaires commerciaux.

Cependant malgré ces déclarations et l’incertitude quant à l’aboutissement des sanctions, c’est un nouveau coup dur pour Cuba, qui risque de voir les investissements étrangers se réduire.

Aujourd’hui les États-Unis reviennent sans honte vers une politique d’interventionnisme musclée. Ainsi le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, a tout simplement déclaré « Aujourd’hui, nous le proclamons fièrement : la doctrine Monroe est bien vivante ». Une doctrine édictée en 1823 qui pourraient être résumée par cette phrase de James Monroe, 5ème président des Etats Unis, « Aux Européens le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde ». Une doctrine qui sera utilisée de plusieurs façons, et notamment par la défense de coups d’État contre révolutionnaires et la mise en place de nombreux dictateurs favorables aux États-Unis en Amérique Latine.

Les États-Unis qui avaient soutenu Cuba dans sa guerre d’indépendance contre la couronne espagnole n’avaient ensuite pas supporté la Révolution de 1959… Au point de tenter de faire tomber le régime de Fidel Castro par une action militaire : celle de la baie des cochons en 1961. Et c’est lors de la commémoration des 58 ans de cette opération que Bolton a fait ces déclarations allant jusqu’à comparer les participants à cette opération, CIA et mercenaires contre-révolutionnaires, aux « hommes courageux de Bunker Hill et de la Normandie ».->https://www.wsws.org/fr/articles/2019/04/25/pers-a25.html]
Rappelons que cette défaite ridiculisa la plus grande puissance mondiale, montra la détermination des cubains, mais aussi que cette intervention poussa le jeune régime castriste a aller bien plus loin dans son attaque de la propriété privée et les nationalisations pour faire face à la menace impérialiste, alors qu’il n’en était pas question en 1959. 

Si Cuba vient d’adopter une nouvelle constitution entérinant la reconnaissance de la propriété privée, l’économie de marché et les investissements étrangers,, ce retour à une politique des plus agressives de la part des États-Unis n’entrainera surement pas un retour politique en arrière de la part de Cuba, qui se retrouve de plus en plus isolée alors que les États-Unis font tout pour faire tomber son dernier grand allié, le Vénézuela. 

 
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