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La Izquierda Diario
3 de juillet de 2019 Twitter Faceboock

Le CICE, un cadeau pour les actionnaires
Licenciements à Conforama. L’État offre 50 millions aux actionnaires
Martin Leroye

Alors que Conforama a un trou de 6 milliards dans sa comptabilité, le groupe a annoncé 1900 licenciements en France. L’État avait pourtant versé 50 millions dans le cadre du CICE, sensé soutenir l’emploi. Comme annoncé le CICE ne sert qu’à remplir les poches des actionnaires.

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Crédit photo : JSL

Après les plans sociaux de General Electric et de Ford, c’est maintenant à l’enseigne Conforama, qui compte environ 9000 employés en France, de licencier en masse. En effet, celle ci a annoncé aux syndicats vouloir supprimer 1900 postes courant 2020, soit presque 20% du total de ses employés en France. En tout, ce seront 42 magasins qui fermeront, dont 32 magasins Conforama et 10 magasins maisons dépôts, s’accompagnant de licenciement dans les autres magasins.

Justifier ce plan social par les difficultés financière de l’entreprise, notamment la concurrence très forte de ce marché, c’est oublier les magouilles de la maison mère Steinhoff. Depuis 2017, elle est en démêlé avec la justice. D’après RFI, l’ancien PDG est « sous le coup de plusieures poursuites judiciaires dans le monde ». « Il est accusé avec d’autres dirigeants de l’époque d’avoir falsifié les informations sur les finances du groupe qui possède 40 enseignes de meubles dans une trentaine de pays » . Toujours selon RFI, ça serait « au total, près de 16 milliards d’euros se seraient envolés ». D’après Capital.fr, Steinhoff. « a surestimé ses bénéfices pour un montant total de 6,5 milliards d’euros sur plusieurs années, […]. Ces malversations comptables, via des transactions fictives ou irrégulières, ont été mises en œuvre entre 2009 et 2017 par un petit groupe d’anciens dirigeants de Steinhoff et de quelques personnes extérieures au groupe ».
Ce qui n’a pas empêché l’État français d’offrir 50 millions d’euros à l’entreprise, via le CICE, afin soit disant de la remettre sur pied.

Le CICE, un chèque en blanc donné aux patrons et aux actionnaires !

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), vendus par les deux derniers gouvernements comme un moyen de lutter contre le chômage, montre une nouvelle fois sa véritable utilité. Ford et General Electric, ont tous deux annoncé des suppressions de respectivement 800 et 1000 postes. Ford n’a pas remboursé le CICE tandis que General Electric doit rembourser 50 millions.

Gérald Gautier, secrétaire de la section fédérale du commerce & VRP à FO, a expliqué à France Info que la direction de Conforama a touché « 63 millions d’euros de crédit d’impôt compétitivité et l’emploi (CICE)" » pour « conserver l’emploi ». « 63 millions d’euros pour lesquels on n’a vu aucun investissement pour conserver l’emploi ou moderniser l’enseigne ». De là à penser que l’argent a fini dans les poches des actionnaires il n’y a qu’un pas. « On est clairement sur des aides déguisées qui ont permis pendant des années à des gros groupes, qu’ils soient rentables ou pas, de remplir les poches des actionnaires » poursuit le syndicaliste.

Avec ces grandes vagues de licenciements, facilité par les lois travails succesives,le CICE est une grande farce. Il y a eu deux fois moins d’emplois créés en 2018. Le gouvernement responsable de ses plans de licenciements successifs tente de faire croire qu’il est là pour défendre les travailleurs.

Ainsi, la secrétaire d’état à l’économie a annoncé à la radio « être extrêmement attentive à la possibilité de réduction du plan social », et être « aux coté des salariés ». Une vaste blague au vu du bilan du gouvernement Macron, qui a attaqué tout le long de son mandat les droits et les condition de travail des salariés, des cheminots aux personnels hospitaliers, difficile de faire plus hypocrite. Comme pour Ford Blanquefort, General Electric, et maintenant Conforama, le gouvernement est impuissant à conserver les emplois. Et ce du simple faite que c’est un gouvernement au service du patronat. Les travailleurs de Conforama doivent lutter contre cet attentat patronal et réclamer l’ouverture complète des livres de compte de Conforama mais également de sa société mère, afin de montrer la collusion entre le gouvernement, le patronat et les actionnaires, au dépend des milliers de familles ouvrières.

 
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