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La Izquierda Diario
19 de juin de 2020 Twitter Faceboock

La saga continue
Malaise à la direction de la RATP après la découverte d’un 4e fichier illégal de salariés
Flora Carpentier

Les fuites de fichiers illégaux s’enchaînent à la RATP, mettant la direction de l’entreprise dans une situation plus qu’embarrassante, elle qui voulait faire croire à un cas isolé. La découverte d’un 4e fichier, cette fois sur le centre bus d’Asnières-Pleyel, vient d’affaiblir un peu plus ses affirmations.

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Les pratiques illégales de la RATP ont été dévoilées ces derniers temps, révélant qu’elle procédait au fichage de ses salariés en recensant notamment le nombre de jours de grève ou d’arrêts maladies ; autant d’éléments retenus ensuite contre les salariés pour bloquer leur déroulement de carrière. Alors que la direction a voulu faire croire à un cas isolé en suspendant le directeur du centre bus de Bords-de-Marne, premier à se faire épingler, des fichiers ont été révélés sur d’autres centres, montrant qu’il s’agissait bien d’une pratique répandue au sein de la RATP, du moins au sein du département bus. Après un fichier découvert sur le dépôt de bus d’Ivry-Lebrun, c’est en effet le dépôt de Croix-Nivert-Point du Jour, dans les 15e et 16e arrondissement parisien, qui s’est également trouvé dans la tourmente. Des pratiques de la RATP d’autant plus révoltantes que c’est sur ce même dépôt qu’un an plus tôt les élus du personnel et militants CGT Cémil Kaygisiz et Michaël Libouton étaient sanctionnés de 2 mois de mise-à-pied, accusés de harcèlement envers leur direction pour leur travail quotidien en défense des salariés. Cette même direction agit quant à elle dans l’illégalité en toute impunité, puisqu’aucune mesure disciplinaire ne semble avoir été engagée à son encontre à ce jour.

Pourtant, dans une note du 4 juin 2020 faisant suite à la fuite des fichiers de Bords-de-Marne, la RATP reconnaissait elle-même l’illégalité du fichier « au regard de la loi Informatique et Libertés et au règlement européen relatif à la protection des données (RGPD) », cherchant à montrer patte blanche : « L’aspect illicite de ce fichier étant incontestable, la direction de la RATP en a immédiatement stoppé l’utilisation, et diligenté une mission d’audit ». Sa réponse toute trouvée pour se dédouaner de toute responsabilité : faire croire qu’il s’agirait d’une initiative personnelle : « Il va de soi que ce fichier est totalement contraire à la politique et aux règles de fonctionnement de la RATP ; il a été expressément retiré du processus de la commission de classement ». Les révélations en cascade prouvent néanmoins que ces pratiques sont bien plus systématiques que la RATP ne voudrait le faire croire. « On a la preuve que ce n’est pas un phénomène épisodique mais que c’est bien orchestré au sein du département bus (…) ; un acte passible de 5 ans de prison et 300.000 euros d’amende », souligne Reda Benrerbia, secrétaire général du syndicat SAT-RATP que nous avons interviewé.

Pour Ahmed Berrahal, représentant CGT sur le dépôt de bus Flandre à Pantin, où des fichiers avaient déjà été révélés en 2010, et qui vient lui-même d’être sanctionné de deux mois de mise-à-pied pour faits de grève, il est temps que ce deux-poids-deux-mesures cesse : « Pire que des voyous, ils agissent en bande organisée, et bizarrement ces gens-là sont encore dans l’entreprise ! Mais nous si on a le malheur d’être en retard ou de ne pas envoyer un arrêt maladie, c’est la porte ! » L’acharnement dont il fait l’objet s’inscrit pour lui dans la même logique : « quand tu es un militant et que tu tiens des piquets de grève, que tu dénonces des choses qui sont bien réelles... là on t’envoie en conseil de discipline pour faits de grève. Mais ces mêmes personnes qui font des fichiers illégaux, pourquoi ne sont-ils pas extradés au conseil de discipline ? Pourquoi sont-ils encore en place ? Ils doivent rendre des comptes ! »

Après la mise en demeure de la RATP par l’inspection du travail pour mise en danger de ses salariés dans le cadre de la pandémie, l’image de la direction de l’entreprise se trouve une nouvelle fois entachée par ces fichiers illégaux. Alors que la RATP criminalise l’action syndicale en sanctionnant lourdement des militants CGT comme Ahmed Berrahal et Alexandre El Gamal – qui vient d’être reconvoqué en entretien disciplinaire le 29 juin – il est plus que jamais temps de s’unir pour exiger que la direction rende des comptes, et pour imposer l’abandon des poursuites et la relaxe de tous les militants réprimés. Face aux sanctions disciplinaires, la meilleure arme restera encore et toujours la solidarité des travailleurs.

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Cagnotte de soutien à Ahmed Berrahal (sanctionné de deux mois de mise-à-pied sans salaire).

 
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