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La Izquierda Diario
15 de septembre de 2020 Twitter Faceboock

Quand les jeunes travailleurs relèvent la tête…
Grève Biocoop. La direction commence à reculer, il faut continuer !

Après 4 journées de grève massive, la direction de Biocoop – Le Retour à la Terre commence à reculer quant à l’ouverture des magasins le dimanche. Les travailleurs se battent depuis le 9 juillet pour réclamer la revalorisation des salaires, deux jours de repos consécutifs hebdomadaire et l’acceptation des ruptures conventionnelles émanant des employés dans le cadre de la vente.

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A la sortie du confinement, la direction a annoncé aux employés la mise en vente des deux magasins et l’instauration du travail du dimanche au magasin de Rive Droite malgré tous les sacrifices qu’ils ont fourni au travail pendant le confinement.
 
Très vite, une réunion inter-magasins a été mise en place car les employés des deux magasins ont immédiatement souhaité organiser leur colère. Et c’est par la méthode de l’auto-organisation que le premier mouvement de grève dans l’histoire de cette franchise de Biocoop a débuté avec les revendications suivantes : contre les ouvertures le dimanche, pour que les travailleurs souhaitant quitter l’entreprise dans le cadre de la vente puissent obtenir leurs ruptures conventionnelles et toucher le chômage pour lequel ils ont cotisé toutes ces années, pour que les salaires soient revalorisés car les salariés sont extrêmement nombreux à faire des tâches des grades au dessus sans que leurs qualifications soient reconnues et pour pouvoir disposer de deux jours consécutifs de repos hebdomadaire.
 
Après deux journées de grève réussies les 9 juillet et 1er août, au cours desquelles une centaine de soutiens est venue sur leur piquet de grève, la direction a refusé une première date de négociation mi-août car elle se trouvait en vacances (ce qui ne l’empêchait pas de prendre des décisions majeures pour l’entreprise comme le fait de quitter le réseau Biocoop ou d’appeler les magasins tous les jours). La patronne, Catherine Chalom, a également envoyé un communiqué aux salariés mettant en avant le fait que le travail du dimanche serait effectué sur la base du volontariat et qu’il serait utile aux étudiants dans cette période.
 
C’est suite à ce communiqué et à ce premier refus des négociations de la direction que les salariés ont organisé le plus grand piquet de grève depuis le début de leur mouvement le dimanche 6 septembre où plus d’une centaine de soutiens et de travailleurs de différents secteurs et sites de Biocoop se sont rassemblés devant le piquet de grève ainsi que de nombreux jeunes et étudiants. Cette troisième journée de grève a été l’occasion de rappeler à la direction qu’il n’existe pas de volontariat quand on a un loyer de 800 euros à payer chaque mois et qu’on doit à la fois travailler et étudier, que 20 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté et que 30% d’entre eux renoncent à des soins ou des examens médicaux pour des raisons financières. La foule était si dense que le magasin n’a pu faire que 88 euros de chiffre d’affaire, un véritable coup dur pour la direction.
 
En réponse au mouvement de grève des salariés, deux réunions plénières ont eu lieu mardi 8 et jeudi 10 septembre. Véritables réunions d’auto-congratulation de la direction, la patronne a passé une heure à revendiquer son engagement politique, écologiste et social. Suite à l’intervention des grévistes à ces réunions, mettant la direction face à ses contradictions, cette dernière a été invitée à venir négocier la fin du conflit vendredi 11 août. La direction a également laissé entendre qu’elle serait prête à reporter au mois de décembre les ouvertures le dimanche, à accepter quelques ruptures conventionnelles par mois ainsi que les deux jours consécutifs de repos hebdomadaire.
 
Après avoir dans un premier temps accepté un rendez-vous pour 15h, elle a informé les salariés le jour même à 13h35 qu’elle avait changé d’avis et ne viendrait pas, démontrant ainsi son mépris et son refus de négocier. Tout au long de la semaine, la direction, sans aucun fondement légal, avait essayé de changer le lieu, l’heure, le nombre de grévistes dans leur délégation ainsi que les revendications avancées. C’est suite à ce deuxième refus que les travailleurs de Rive Droite et de Rive Gauche ont annoncé qu’ils se mettraient massivement en grève samedi 12 septembre.
 
Vendredi 11 septembre à 22h02, la direction, paniquée, a écrit un communiqué sur Facebook expliquant qu’« à titre d’apaisement, nous avons décidé de ne plus ouvrir le magasin de la rive droite le dimanche, décision qui sera - nous l’espérons - suivie d’un rebond de l’activité commerciale. Des manifestations émaillent la vie de nos magasins depuis quelques semaines. Nous avons organisé des réunions d’échange avec l’ensemble des salariés de chacun des magasins ces derniers jours ; ces réunions seront suivies dans les prochains jours de réunions avec les représentants du personnel élus avec pour objectif d’arriver très rapidement à un accord. »
 
Malgré le peu de temps dont disposaient les salariés pour préparer la journée du samedi 12, la grève a été majoritaire comme elle l’a toujours été au magasin de Rive Gauche. Les travailleurs des deux magasins ont tenu leur quatrième piquet de grève (cette fois-ci devant le magasin du quartier latin) pour réaffirmer qu’ils sont libres de constituer leur délégation sans aucun critère de poste, d’ancienneté ou de représentativité au CSE, de la même manière que la direction est libre de constituer la sienne et qu’ils ne se font pas d’illusions, qu’ils se battront jusqu’au bout pour que la direction accepte de négocier sérieusement avec les grévistes et qu’elle ratifie qu’il n’y aura plus jamais d’ouvertures le dimanche ni cet hiver, ni en 2021, même en l’absence de "rebond de l’activité commerciale" dans les mois suivants pour citer le communiqué de la direction.
 
Depuis la médiatisation de leur grève, de très nombreux salariés d’autres magasins Biocoop en France ont manifesté leur envie d’élargir la grève au sein du réseau à l’occasion de la journée nationale interprofessionnelle ce jeudi 17 septembre car ils vivent des problèmes similaires dans leurs magasins. Les salariés de Biocoop – Le Retour à la Terre organisent donc un cortège « Biocoop en lutte » à la manifestation parisienne notamment pour revendiquer une réorganisation du réseau dans l’intérêt des travailleurs. Ils exigent que la représentation des salariés passe de 5 % à 50 % aux instances Biocoop et que la grille des salaires qui a été supprimée du cahier des charges soit réinstaurée et réévaluée dans tous les magasins du réseau.
 
Dans le secteur des commerces et services, ce sont des centaines de travailleurs qui n’avaient pas l’habitude de se défendre face à la dégradation de leurs conditions de travail, qui sont entrés dans la lutte depuis le confinement, à Auchan, Monoprix, Carrefour, Alinéa ou encore à Chronodrive où de jeunes travailleurs ont créé leur section syndicale. Aujourd’hui, les jeunes, souvent en contrat à temps partiel, font partie des premiers touchés dans le secteur par les attaques patronales, les licenciements et le gel des embauches.
 
C’est pour toutes ces raisons que les travailleurs en lutte de Biocoop appellent à renforcer les cadres d’auto-organisation, à coordonner le secteur et la jeunesse pour leur permettre de mettre en place une riposte à la hauteur des attaques, en refusant les licenciements, les PSE, les attaques contre les conditions de travail tout en revendiquant la hausse des salaires et le partage du temps de travail. Pour que les travailleurs, la jeunesse, les chômeurs ou les retraités ne paient pas la crise.
 
Soutenez la caisse de grève des travailleurs de Biocoop – LRT ici 

 
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