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La Izquierda Diario
16 de mars de 2021 Twitter Faceboock

Crise sanitaire
Gestion criminelle de la crise. En Île-de-France, le spectre du débordement des hôpitaux
Sara Yuki

Face aux nouveaux variants qui sont plus contagieux et au risque de saturation dans les hôpitaux franciliens, les transferts de patients dans des régions moins touchées sont de nouveau d’actualité. Le gouvernement poursuit sa politique floue au service des profits et au sacrifice de nos vies.

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Crédits photo : ARS Auvergne-Rhône-Alpes

Depuis plus d’un mois, le gouvernement poursuit son “pari sur nos vies” en s’appuyant uniquement sur le couvre feu pour faire reculer l’épidémie qui devient incontrôlable aujourd’hui en Ile-de-France. La région, qui concentre 20% de la population française, se rapproche dangereusement des 400 cas pour 100 000 habitants avec plus de 1 1000 nouvelles personnes en réanimation, soit plus d’un quart des personnes en réanimation sur le territoire national, et soit un nouveau patient toutes les 12 minutes.

Face à cette situation qui risque de rapidement devenir hors de contrôle, le personnel s’essouffle à alerter le gouvernement sur sa gestion irresponsable de la crise. « Je ne sais pas comment nous allons faire », assure Jean-François Timsit à L’Express. Il ajoute : « le système va saturer à toute vitesse, nous allons vers une catastrophe ». Nadia, aide-soignante à l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay-Sous-Bois, explique auprès de RTL : « on est tellement épuisés qu’on se dit que si on repart sur la même galère qu’en mars dernier, on ne va pas pouvoir gérer ».

Face au risque grandissant de débordement des hôpitaux en Île-de-France, le gouvernement a misé sur une solution provisoire et très peu viable : le transfert des patients vers des régions moins touchées par l’épidémie. Les évacuations ont commencé ce week-end et plus d’une centaine de TGV spéciaux sont prévus. Or, tout comme l’ordre de l’ARS aux établissements de santé de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales, cette solution semble bien insuffisante par rapport aux taux de contaminations qui vont arriver ces prochaines semaines. Pour Benjamin Clouzeau, médecin au service de réanimation médicale du CHU de Bordeaux, s’ils permettent de « donner un peu d’air à des services de réa surchargés », ces transferts ne sont « qu’une soupape ».

Benjamin Clouzau explique que les mesures déjà prises par le gouvernement doivent s’accompagner « de mesures politiques plus strictes ». Le Pr Gilles Pialoux, chef de service d’infectiologie à l’hôpital Tenon à Paris, explique lui auprès de l’Express en comparant la situation à celle au mois de novembre : « Sauf qu’à ce moment, nous savions que la situation allait s’arranger grâce au confinement. Mais là, nous n’avons aucune perspective de sortie de crise. Nous avons le sentiment qu’on laisse les hôpitaux se remplir ».

Alors que la vaccination par dose de AstraZeneca est suspendue, les chiffres de la pandémie ne cessent d’augmenter puisque nous sommes face à différents variants dont le SARS-CoV-2, plus connu sous le nom de variant anglais qui, en plus d’être beaucoup plus contagieux, est 64% plus mortel. Le couvre-feu, mesure politique trouvée par le gouvernement pour continuer d’envoyer les gens travailler tout en ayant l’air de gérer la pandémie, n’était déjà pas très efficace mais l’est encore moins face à ces nouveaux variants. C’est la porte ouverte à leur développement et à leur propagation.

Lors de ses déclarations hebdomadaires, Olivier Véran disait ce jeudi que nous étions face à une “situation tendue et inquiétante”, trois jours plus tard sur Twitch, Jean Castex déclare qu’un reconfinement n’est “pas exclu” tout en précisant qu”il “faut que l’on utilise toutes les armes à notre disposition pour l’éviter”. Une rhétorique que l’on commence par bien connaître : finalement aucune mesure n’est prise et le couvre feu continue de s’étaler sur 2021 sans fin prévue. De fait, annoncer un nouveau confinement pour l’Île-de-France, qui concentre 20% de la population et 30% des richesses sonnerait comme un aveu d’échec pour le gouvernement. Mais surtout, confiner l’Île-de-France, cœur économique de la France, reviendrait à confiner le reste du pays. Le refus du gouvernement de confiner est donc bien un choix politique.

Face à l’accélération de l’épidémie, au développement des variants et au risque probable de débordement des hôpitaux le gouvernement pourrait bien se retrouver obligé de reconfiner. Si jusqu’à maintenant, il avait tenté à tout prix d’éviter une telle option, tant pour des raisons économiques que pour éviter une vague de colère parmi la population, Macron devrait prendre la parole ce jeudi et annoncer de nouvelles mesures plus strictes. Si, en effet, les mesures prises jusqu’à maintenant pour le gouvernement sont bien loin d’être insuffisantes, ce n’est cependant pas avec un nouveau confinement made in MEDEF et 100% répressif qu’une porte à la crise s’ouvrira. Plus que jamais c’est une autre gestion sanitaire dont nous avons besoin, entre les mains des soignants et des travailleurs, et refusant de se plier à la logique du profit que Macron fait primer !

 
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