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La Izquierda Diario
3 de mai de 2021 Twitter Faceboock

journée internationale des travailleurs
Meeting internationaliste du 1er mai : « forger des organisations révolutionnaires au service de la lutte anticapitaliste »
Sara Yuki

A l’occasion de la journée des travailleurs, un grand meeting internationaliste était organisé par la Fraction Trotskyste Quatrième Internationale avec l’intervention de 14 pays en 7 langues différentes.

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Le meeting à revoir ici

Après une année de coronavirus et une période marquée par un retour en force de la lutte de classe depuis 2018, des militants de la Fraction Trotskyste Quatrième Internationale de plusieurs pays sont intervenus pour discuter de leurs expériences de luttes et de la perspective de construction d’une internationale révolutionnaire. Yunus Özgür en Allemagne, Fernanda Quirós au Costa Rica, Scilla Di Pietro en Italie, Diana Solís au Pérou, Ariane Serge et Anasse Kazib en France, Leticia Parks au Brésil, Flora Aco González au Mexique, Jo Cáceres au Chili, Violeta Tamayo en Bolivie, Ángel Arias au Venezuela, Julieta Katcoff et Raúl Godoy en Argentine, Pablo Castilla de l’Etat Espagnol et Tristan Taylor des Etats Unis nous présentent le manifeste de la fraction Trotskyste de la Quatrième internationale intitulé : « La catastrophe capitaliste et la lutte pour une organisation mondiale de la révolution socialiste ».

Les travailleur.es en première ligne face au virus

La crise sanitaire nous montre depuis maintenant plus d’un an à quel point les travailleurs essentiels sont ceux les moins considérés par la société et donc en première ligne face au virus. Leticia Parks nous rappelle que la première victime du coronavirus au Brésil était une travailleuse noire qui faisait 120km par jour pour se rendre à la résidence de ses patrons. Ceux-ci, ayant contracté le virus, n’ont pas hésité à l’obliger à venir travailler malgré les risques, ce qui lui a coûté la vie. Plus généralement, parmi les 400 000 morts dans ce pays, la majorité sont des travailleurs sans droits, qui se sont trouvés obligés de continuer de se rendre au travail, empruntant des transports bondés, sans aucun accès aux vaccins, sans examens ni accès aux soins.

Les travailleurs sont en première ligne face au virus dans tous les pays, mais c’est dans les pays sous domination impérialiste où c’est le plus flagrant. Leticia Parks dit à ce propos « l’appropriation des vaccins pour les pays impérialistes et les entreprises pharmaceutiques empêche la population brésilienne et celle d’autres pays plus pauvres d’avoir accès à l’immunisation ; ainsi, ici et dans le monde entier, notre lutte anti-impérialiste consiste également à lever les brevets sur les vaccins ».

En observant Joe Biden qui, malgré ses promesses, poursuit, pour l’essentiel, les politiques de Donald Trump, nous ne pouvons pas savoir le moindre espoir en les gouvernements plus à gauche. Tant que nous restons dans le système capitaliste, nous ne pouvons pas garder l’illusion de gérer une crise comme celle du coronavirus autrement que par le prisme des profits. Ángel Arias dénonce ainsi l’ingérence de l’impérialisme américain au Venezuela mais dans de nombreux autres pays. C’est avec des sanctions et des confiscations que les Etats-Unis violent la souveraineté nationale mais aggravent aussi les difficultés du peuple vénézuélien.

Le retour de la lutte des classes

Tout le long de ce meeting du premier mai, nous avons la démonstration d’un réel retour de la lutte des classes à l’échelle internationale. C’est Jo Cáceres qui s’exprime ainsi depuis le Chili : « Nous faisons partie d’une vague internationale de lutte qui a commencé en France avec les Gilets jaunes, puis la rébellion en Catalogne, la lutte démocratique à Hong-Kong, les rebellions de masse en Irak, en Iran, au Soudan et ainsi de suite dans de nombreux pays. »

De leur côté, Julieta Katcoff et Raúl Godoy racontent depuis l’Argentine la lutte des travailleurs de la santé qui se sont organisés à travers différents hôpitaux, soutenus par la population Neuquen mais aussi les peuples autochtones comme les Mapuche. Ils évoquent le 27 avril qui était une grande journée de mobilisation autant pour les chômeurs que les employés.

Enfin, Anasse Kazib rappelle les chiffres de l’organisation internationale du travail qui dit que la classe ouvrière n’a jamais été autant étendue depuis les 20 dernières années, avec une augmentation de 25%. Rien que pour la France nous avons le souvenir de la bataille du rail en 2016, puis les gilets jaunes en 2018 et la grève contre la réforme des retraites en 2019. Autant de mobilisation aussi massive est l’illustration de ce retour de la lutte des classes.

Le mouvement ouvrier doit s’allier avec les mouvements anti-racistes, féministes et écologistes.

Il y a donc un réel retour de la lutte des classes à l’international, mais cette lutte du mouvement ouvrier doit absolument s’allier avec les mouvements anti-racistes, féministes et écologistes.

Comme nous l’explique Tristan Taylor depuis les Etats-Unis, le mouvement Black Lives Matter nous montre à quel point le racisme est un problème structurel : « Le mouvement s’est levé contre les violences policières et a bien montré que le racisme est un problème structurel, il est le résultat de la formation de l’Etat ancré dans l’histoire de l’Etat américain établi sur la base de l’esclavage puis des lois ségrégationnsites. ». Il ajoute : « Nous voulons dialoguer avec les organisations antiracistes qui rompent avec leurs illusions sur le parti démocrate. Nous voulons dialoguer avec l’avant-garde née de la crise sanitaire et du mouvement BLM. Nous voulons aussi dialoguer avec celles et ceux qui prennent conscience de l’oppression que l’impérialisme américain fait peser sur le monde. ».

En prenant l’exemple de la lutte des raffineurs de Grandpuits Anasse Kazib nous montre comment le mouvement ouvrier s’est allié avec les organisations écologistes pour faire face à un géant comme Total et dénoncer son greenwashing. Ce sont les travailleurs qui connaissent leur outil de travail, ce sont eux qui sont les plus à même de mettre en place une transition écologique dans l’intérêt de la population et non pas dans celui des grands patrons qui ne s’intéressent qu’à leurs profits.

Enfin, en rappelant la lutte des femmes comme Danfara de Palmarès dans l’histoire de la révolution haïtienne, Leticia Park nous montre en quoi la lutte féministe est importante. Les femmes sont parmi les premières victimes de la crise et du capitalisme plus généralement car victimes de l’exploitation mais aussi de l’oppression patriarcale. Flora Aco González explique qu’au Mexique, parmi les migrant.es, ce sont les femmes qui sont confrontées aux pires conditions de migration et de vie. Conditions imposées par les Etats-Unis qui continuent de mener une politique impérialiste dans les pays d’Amérique du Sud, créant de la concurrence et de la précarité.

Construire un parti révolutionnaire internationaliste des travailleurs.

Pour être à la hauteur de ce retour de la lutte des classes et pour allier toutes ces luttes antiracistes, féministes et écologistes avec le mouvement ouvrier, il est urgent de construire un grand parti révolutionnaire des travailleurs. Depuis la Bolivie, Violeta Tamayo s’exprime ainsi en parlant de ce retour de la lutte des classes : « Notre meilleur hommage est de pouvoir extraire les leçons les plus importantes des combats, en faisant le pari de forger des organisations révolutionnaires au service de la lutte anticapitaliste et pour le socialisme ».

De son côté, après avoir parlé des dernières luttes très réprimées pour l’indépendance de la Catalogne et après avoir dénoncé la grande précarisation de la jeunesse, Pablo Castilla appel à l’organisation de celle-ci : « Nous voulons convertir la rage en organisation en regroupant la jeunesse étudiante et précaire dans une perspective de lutte aux côtés de la classe ouvrière, contre ce système capitaliste auquel nous ne devons rien. Il en va de notre vie, de notre futur. ».

Enfin, comme le dit Anasse Kazib pour conclure ce meeting, « notre classe est divisée entre embauchés et précaires, entre titulaires et sous-traitants, entre syndiqués et non-syndiqués, entre hommes et femmes et entre travailleurs français et immigrés, tout cela la bourgeoisie et l’extrême droite l’utilisent pour pouvoir nous monter les uns contre les autres. C’est pourquoi nous devons exactement faire l’inverse, nous devons construire des ponts entre nos luttes et nos revendications. ».

C’est pour une politique de classe, de démocratie directe, d’auto-organisation et d’unité de classe avec le mouvement féministe, la jeunesse, autour d’un programme ouvrier de sortie de crise que nous devons lutter. Nous vous invitons à revoir ce meeting de la journée des travailleurs et lire le manifeste de Fraction Trotskyste de la Quatrième Internationale, d’en débattre et de nous contacter mener cette lutte contre les capitalistes !

 
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