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La Izquierda Diario
12 de septembre de 2022 Twitter Faceboock

C’est pas dans les salons...
Les syndicats reçus par Dussopt : face au plan de contre-réformes, il faut rompre le dialogue social !
Paul Morao

Ce lundi, les directions syndicales étaient reçues par le ministre du Travail aux côtés du patronat. Malgré l’énorme offensive prévue contre les plus précaires, les menaces autour de la réforme des retraites et la crise actuelle, le « dialogue social » se maintient.

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Ce lundi, Olivier Dussopt recevait les directions syndicales et patronales pour présenter la « feuille de route » du gouvernement sur le terrain (anti) social. Alors que les directions de la CGT et de FO avaient boycotté le Conseil national de refondation jeudi dernier, celles-ci ont décidé de revenir rapidement au dialogue social.

Au programme de la discussion, l’offensive contre l’assurance-chômage et le RSA et un sujet surprise : la réforme des retraites. Écartée par le gouvernement depuis la rentrée, celle-ci a en effet fait son retour la semaine dernière, après que le patron du MEDEF ait tapé sur la table à ce sujet. Le gouvernement a ainsi laissé entendre qu’il n’excluait pas de passer en force sur l’âge de départ légal à l’automne, en profitant pour cela du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Logiquement, la question, qui a suscité la colère des dirigeants syndicaux, a occupé une partie des échanges. A la sortie, l’AFP notait ainsi : « les syndicats ont unanimement mis en garde le gouvernement contre toute mesure sur les retraites qui serait glissée lors des débats budgétaires cet automne, soulignant que cela provoquerait leur mobilisation et leur retrait des concertations sociales voulues par l’exécutif. »

Du côté de Force Ouvrière, Michel Beaugas a ainsi expliqué : « il serait dangereux de prendre de telles mesures pour le gouvernement car nous appellerions immédiatement à une mobilisation des salariés. » Une tonalité qui tranche avec la passivité de FO, qui a choisi de boycotter la mobilisation interprofessionnelle du 29 septembre.

Les directions syndicales seraient-elles en train de se réveiller ? Pas vraiment, car si précipiter le calendrier de la réforme des retraites est un casus belli, il n’en va pas de même pour le reste du projet de Macron, pourtant tout aussi scandaleux. Laurent Berger a ainsi expliqué que la CFDT était prête à s’engager sur des sujets « comme l’accompagnement des bénéficiaires du RSA ou des demandeurs d’emploi longue durée mais la sérénité ne sera pas de mise si l’automne est perturbé par une mesure brutale. » Une façon de signifier que son syndicat est prêt à accepter l’offensive contre les chômeurs et précaires à condition que celle des retraites soit repoussée qui constitue une véritable trahison.

Difficile dans ces conditions de faire apparaître « l’avertissement » formulé sur la réforme des retraites comme autre chose qu’une mascarade. Or, c’est précisément la passivité et l’absence de volonté de construire une mobilisation à la hauteur de la situation qui autorise aujourd’hui le gouvernement, pourtant affaibli, à se permettre d’agiter un éventuel passage en force sur un sujet aussi sensible que les retraites.

Alors que les directions syndicales en sont à sélectionner les contre-réformes acceptables, il y a urgence à leur imposer la rupture avec tout « dialogue social ». L’échec du Conseil national de refondation jeudi dernier a été un camouflet pour Macron, refuser de continuer à dialoguer avec un gouvernement qui enchaîne les attaques permettrait d’approfondir la crise de la macronie.

Dans le même temps, c’est la construction d’un plan de bataille à la hauteur de la colère autour d’un programme qui donne envie de se battre qui devrait être à l’ordre du jour. Cela implique de commencer par faire du 29 septembre une véritable journée de grève, qui mobilise différents secteurs, bloque de façon effective la production et permette de poser les jalons d’une riposte face au gouvernement. L’attitude actuelle des directions syndicales montre qu’imposer cette perspective sera un combat.

 
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