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4 de février de 2016 Twitter Faceboock

Des conditions de travail déplorables qui poussent au suicide
Toulouse. Un jeune prof-stagiaire se suicide

John Strempe

Vincent, 27ans, professeur stagiaire au collège Hubertine-Aubert, dans le quartier Croix-Daurade, à Toulouse, s’est donné la mort en raison des conditions de travail insupportables. Si les médias abordent en premier lieu « les insultes des élèves insolents et ingérables », la cause est bien plus profonde.

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Le suicide de ce jeune stagiaire de 27 ans a bouleversé la communauté éducative. Vendredi dernier, les 35 professeurs du collège de la Cepière, classé zone d’éducation prioritaire renforcée, ont cessé le travail. Endeuillés par la mort de leur collègue, ils dénoncent les problèmes de violences et surtout le manque de moyens pour réussir à faire de la pédagogie et non de la répression. Car c’est bien là le nœud du problème. Ce n’est pas le fait d’élèves violents mais la non-prise en charge et le délaissement total de ceux-ci par les institutions qui n’offrent d’autre solution que celle de les isoler.

Claire, la sœur de Vincent, dit en « vouloir à l’Éducation Nationale qui fait comme si ces problèmes n’existaient pas », et préfère ignorer les problèmes, aggravés par les différentes politiques éducatives des gouvernements qui se suivent (et se ressemblent) et ne font rien pour ces collèges en proie à des difficultés extrêmes. Privilégier la répression à l’éducation est depuis trop longtemps le fer de lance des politiques de droites comme de gauche, sans répondre aucunement aux questionnements des enseignants.

Vincent n’est malheureusement ni le premier, ni le dernier à se suicider à cause de son travail. Une enquête de l’observatoire national du suicide révèle qu’en France 27,3% des 15-75 ans déclarent avoir eu une pensée suicidaire liée à une raison professionnelle. Ce phénomène n’est pas isolé, il y a beaucoup trop de Vincent, à l’image de Corinne, caissière à Zara, qui s’est suicidée en octobre 2015 en laissant une phrase lapidaire : « Merci à Zara d’avoir gâché ma vie ».

La précarité, le harcèlement, ou, ici, les difficultés à exercer son métier dans le milieu éducatif alors que l’on est stagiaire non-titulaire, il s’agit là de trop nombreuses causes de suicide que produit, au quotidien, un système qui nous lamine.

 
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