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La Izquierda Diario
13 de février de 2020 Twitter Faceboock

Une "erreur collective" qui coûte cher
Congé de deuil parental : la CFDT quitte la table des négociations, à qui le tour ?
Boris Lefebvre

Pour ne rien arranger aux difficultés et fragilités structurelles que rencontre la majorité présidentielle, Laurent Berger de la CFDT vient de claquer la porte des négociations sur le congé pour le deuil d’un enfant.

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Crédits photo : Christophe Archambault/AFP

La polémique ouverte par le « vote de la honte » de la majorité LREM à l’Assemblée sur le congé pour deuil après la mort d’un enfant n’est pas encore terminée, contrairement à ce que Muriel Pénicaud annonçait sur RTL ce jeudi 13 février. Le refus d’allonger de 5 à 12 le nombre de jours de congés pour les parents souffrant du deuil d’un de leurs enfants ne passe pas dans l’opinion publique pas plus qu’au sein de la majorité, qui se retrouve confrontée aux conséquences inhumaines de son fanatisme néo-libéral.

Dans la bataille de la communication qui s’est ouverte pour réparer cette « erreur collective » comme la qualifie des députés de la majorité, mais qui ressemble plus à une gros couac, la CFDT tente de jouer sa carte en se désolidarisant du gouvernement. Ainsi, Laurent Berger, leader de la centrale réformiste, dénonce-t-il « une première séquence de débats à l’Assemblée nationale indigne » et les prises de paroles des députés sur le sujet comme des « objets de polémique politique ». De fait, Berger veut se placer en arbitre de la politique gouvernementale et distribuer les bons points au grès des opportunités que la situation lui fournit.

C’est pourquoi, la décision de Laurent Berger de quitter la table des négociations sur le congé pour deuil d’un enfant ce vendredi ne doit pas être vue comme un sursaut moral de la part de la CFDT. La centrale, qui a bien appuyé le gouvernement lors de la première phase de discussion de la réforme des retraites, soufflant juste ce qu’il faut de chaud pour obtenir le retrait de l’âge pivot sans toucher au système par point, ne veut pas apparaître comme trop à la remorque de la politique de Macron et comme son allié objectif.

En ce sens, les déclarations de Marylise Léon, numéro deux de la CFDT, qui dénonce, suite aux annonces faites par Mounir Mahjoubi à Sud Radio, une « concertation faire-valoir et alibi » ainsi que de « l’instrumentalisation » de la part du gouvernement lors de ces négociations, montrent clairement une volonté de la CFDT de se distancier d’un gouvernement qui perd chaque jour de sa crédibilité. Elle renchérit en affirmant « de toute façon, le coût politique, ils vont continuer à le payer ! » dans le but de distinguer la CFDT du gouvernement.

Mais ne nous y trompons pas : quitter des négociations aussi indignes et une tentative de récupération aussi grossière ne constitue en aucun cas un revirement de la CFDT. La trahison de Laurent Berger sur la bataille des retraites est encore palpable et tous les coups sont bons pour faire oublier l’adaptation aux exigences du libéralisme. Toujours est-il que la polémique ouverte sur le congé pour le deuil d’un enfant vient s’ajouter aux éléments de crise par en haut et de fragilités structurelles que traverse le macronisme, et les exacerber.

 
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