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28 de juillet de 2020 Twitter Faceboock

Un record depuis 1996
6,16 millions de chômeurs en juin : vers un taux de chômage à 11,5% en mai 2021 ?
Mica Torres

Malgré une baisse du nombre de chômeurs de « catégorie A », ce sont 6,16 millions de personnes qui ont été comptabilisées au chômage en juin 2020, un record depuis 1996. Un processus en cours et qui, selon les estimations, pourrait atteindre un pic de 11,5% de chômage en mai 2021.

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Crédits photo : Jeff Pachoud / AFP

Au mois de juin, le nombre de chômeurs de catégorie A, c’est-à-dire sans activité, a reculé de 204 700 personnes, selon les données publiées par le Ministère du Travail. Les chiffres montrent également une augmentation des sorties de Pôle Emploi pour reprise du travail, avec 42 000 personnes concernées.

Le chômage reste cependant très élevé, avec 4,22 millions de chômeurs de catégorie A en France métropolitaine, ce qui correspond à une hausse de 800 000 chômeurs sur le semestre. Ces chiffres sont issus du nouveau bilan de la situation du marché du travail durant la crise sanitaire publié par Pôle Emploi et la direction de la recherche du Ministère du Travail (Dares). Toutefois, les chiffres avancés sont en trompe l’oeil si l’on regarde le nombre de chômeurs toute catégories confondues, lui en augmentation pour le mois de juin.

6,16 millions de chômeurs en France : record absolu depuis 1996

Selon les analyses des Echos, il ne faut pas se réjouir trop vite. En effet, le chômage reste à un niveau historique. Par ailleurs, la baisse mensuelle du nombre de chômeurs de catégorie A ne s’accompagne en aucun cas d’une hausse du nombre de sorties sèches pour reprise d’emploi. Cela signifie que les personnes qui sortent de la catégorie A restent inscrits dans d’autres catégories notamment la catégorie B, correspondant à l’activité réduite, qui sont les personnes ayant effectué moins de 78 heures dans le mois.

Les services de la Dares et de Pôle Emploi confirment : « Comme en mai, la diminution du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A s’explique principalement par leur passage en activité réduite. » En cette période estivale, il est également habituel de voir ces changements de catégories, notamment concernant des activités partielles liées au tourisme, qui reste une activité importante en France, et génératrice d’emplois partiels et précaires, malgré la crise sanitaire.

Le nombre de personnes à la recherche d’un emploi tout en ayant travaillé continue d’augmenter de 13,9 %. Ainsi, le nombre de chômeurs inscrits en recherche de poste qu’ils aient travaillé ou non dans le mois (catégorie A,B et C) a augmenté de 31 000 pour atteindre 6,16 millions de personnes.. Il s’agit d’un record depuis 1996. Ainsi, nous pouvons penser que cette faible éclaircie concerne en majorité des personnes ayant retrouvé une activité plus ou moins durable. Il s’agit notamment d’emplois dans les secteurs du BTP, de l’hôtellerie ainsi que du tourisme, caractérisés par l’utilisation importante de contrats saisonniers.

La Banque de France table sur un taux de chômage à plus de 11,5% en mai 2021

De plus, ces faibles éclaircies sont aussi à mettre en perspective avec les prévisions à moyen terme. Selon Bertrand Martinot du très libéral Institut Montaigne : « Durant les prochains mois, il va y avoir beaucoup de licenciements diffus dans les petites entreprises et de plans sociaux ». Le ministère du Travail a décompté pas moins de 107 plans de licenciements concernant 20 000 personnes contre 40 l’année précédente.

Ainsi, les spécialistes sont assez unanimes sur la prévision d’un accroissement du chômage sur le second semestres de 2020 qui pourrait selon les projections de la Banque de France atteindre un pic supérieur à 11,5% mi-2021. La ministre du travail a ainsi déclaré dans L’Express qu’ « on ne retrouvera pas le niveau de chômage d’avant la crise avant plusieurs trimestres », prévoyant « plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus à la fin de l’année ».

Face à leur monde de chômage et de misère, exigeons zéro licenciement, zéro baisse de salaires et la baisse du temps de travail !

L’augmentation du chômage ainsi que l’augmentation du temps de travail permis par les ordonnances Covid à certaines conditions montrent bien encore une fois la volonté de faire payer la crise aux travailleurs. Si la crise économique est réelle, le Covid-19 n’en est pas la cause profonde, mais un déclencheur et un amplificateur de tendances de fond qui s’expriment, en réalité, depuis la crise économique de 2008. Ainsi, les attaques patronales, que cela soit en terme de licenciements, suppressions de postes ou contre les acquis des travailleurs, sont de plus en plus offensives.

Dans certains secteurs, pendant que les entreprises préparaient des plans de licenciements massifs ou encore des « accords de performance » permettant de baisser les salaires, le gouvernement leur assurait des prêts et subventions de plusieurs milliards (5 milliards d’euros de prêt pour Renault et 15 000 postes supprimés, dont 4600 en France, d’ici 2024). Il est important de rappeler également qu’une réforme de l’assurance chômage avec des possibilités restreintes d’accès aux aides est encore dans les tuyaux.

Face à ces offensives, actuelles ou en gestation, la question d’une alternative à la sortie de la crise sanitaire et économique émanant de la classe ouvrière, de la jeunesse et des classes populaires est plus que jamais indispensable. La plus élémentaire des revendications consiste à imposer, par la rue et la grève, le mot d’ordre de « zéro licenciement, zéro baisse de salaires », pour enrayer la spirale infernale du chômage et de la précarisation de masse qui l’accompagne. Par ailleurs, la question de la baisse du temps de travail, avec augmentation des salaires à 1800€ net et indexation de ce dernier sur l’inflation, est la seule solution possible pour éradiquer définitivement le chômage. Pour ce faire, il est indispensable d’exiger la rupture immédiate de toute forme de « dialogue social » entre gouvernement, patronat et syndicat pour oeuvrer à la construction d’un rapport de force conséquent, sur le terrain de la lutte des classes, pour imposer l’ensemble de ses revendications.

 
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