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13 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

Afghanistan. Au moins 18 civils tués par un bombardement de l’armée afghane
Ju Angio

Le samedi 9 janvier, l’armée de l’air afghane a procédé à deux bombardements dans le sud du pays contre des forces talibanes. Le second a touché une maison de civils, faisant 18 morts dont plusieurs enfants. La communauté internationale s’indigne, une hypocrisie sans nom au vu du fait que le pays est depuis près de 20 ans envahi par l’armée américaine et ses alliés et n’est de ce fait plus qu’un champ de ruine.

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Dans la région de Nimroz, dans le sud de l’Afghanistan, l’armée de l’air a procédé à deux bombardements contre des forces talibanes. Selon les éléments disponibles le second tir, par manque de précision de l’armement ou par volonté, aurait atterri dans une maison de civils faisant 18 victimes d’une même famille. Sous la pression de l’ONU ainsi que de l’ambassade française, le gouvernement afghan s’est engagé à ouvrir une enquête pour déterminer les causes de la mort de cette famille et sur l’intérêt de cette frappe aérienne. Ashraf Ghani, président du pays s’est dit « profondément attristé » pour ces victimes et a fait peser la responsabilité sur les talibans qui se cachent dans « les maisons des habitants pour se protéger ». Or ce sont bien les bombardements qui ont cette fois-ci fait de trop nombreuses victimes civiles.

Les bombardements de l’armée afghane contre de prétendues ou réelles positions des talibans font en effet un véritable carnage parmi la population, selon le journal Lorient Le jour reprenant les chiffres de l’Unama : « La mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Unama) avait indiqué dans un rapport en octobre que 2.117 civils avaient été tués et 3.822 blessés au cours des neuf premiers mois de 2020. Selon cette source, environ 8% des victimes civiles sur cette période avaient été causées par des frappes aériennes de l’armée afghane », le début d’année 2021 ne s’annonce pas meilleure pour les populations afghanes prises dans l’étau d’une guerre entre le régime et les talibans.

L’hypocrisie de la situation repose sur le discours moraliste des principales puissances impérialistes au travers de l’ONU alors même que la source de ce conflit avec les talibans est naît de l’ingérence de la principale puissance impérialiste, les Etats-Unis, depuis l’intervention sur le territoire afghan à partir de 2001. Une intervention qui visait principalement à acquérir un accès aux ressources du pays, et imposer une stabilité dans la région au profit de l’impérialisme américain, sous couvert de « guerre contre le terrorisme ». Une intervention de près de 20 ans sur les terres afghanes qui n’a ni réussi à battre en brèche les talibans, ni à instaurer un régime démocratique ni la paix en Afghanistan. Au contraire cette intervention des États-Unis et de ses alliés a laissé le pays en ruine, et a fait d’encore plus nombreuses victimes civiles directes ou indirectes notamment par des bombardements. Un récent rapport du gouvernement australien relatait en ce sens de nombreux crimes contre l’humanité effectués par les forces spéciales comme « des « tueries d’initiation » de prisonniers, des villages entiers torturés et des enfants égorgés ». L’horreur de cette intervention armée et de ces crimes rend de ce fait d’autant plus hypocrite les déclarations de ces puissances impérialistes contre le bombardement afghan. D’ailleurs, l’ambassade française a sauté sur l’occasion et appelé à une enquête pour montrer que la France est préoccupée par les victimes civiles alors même que l’affaire des bombardements, potentiellement d’origine française, au Mali ayant fait 20 morts parmi les civils menace la crédibilité de l’impérialisme français.

De plus, la multiplication des bombardements par l’armée de l’air afghane est une conséquence directe du retrait des troupes américains sur le territoire, déjà commencé par Obama mais approfondie par la politique d’« America first » de Donald Trump notamment par la ratification d’un préaccord de paix à Doha le 29 février 2020 entre les Etats-Unis et les Talibans qui prévoit le retrait total des troupes au 1er mai 2021, abandonnant progressivement le conflit entre ces deux forces mais en laissant le gouvernement afghan hors de l’accord. Ce faisant, le régime afghan a du redoubler d’effort dans sa lutte contre les talibans, avec pour principale avantage la force aérienne multipliant les bombardements, avec une précision relative, dont sont directement victime les populations civiles.

 
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