Pas de patrie

Raúl Godoy : "L’internationalisme, un engagement au quotidien"

Raul Godoy

Raúl Godoy : "L’internationalisme, un engagement au quotidien"

Raul Godoy

Discours de Raúl Godoy, ouvrier de Zanon sous gestion ouvrière et dirigeant historique du PTS à l’ouverture du congrès de fondation de Révolution Permanente.

Je viens avec la salutation des camarades du PTS d’Argentine ; de nos camarades ouvriers, de nos camarades étudiants, de nos camarades intellectuels mais aussi de nos camarades députés du PTS dans le FIT-U (Front de Gauche et des Travailleurs – Unité) Myriam Bregman, Nicolas del Caño et Alejandro Vilca.

Nous suivons très attentivement ce congrès qui se déroule au milieu d’une situation de crise du capitalisme international, économique, sanitaire, mais aussi au moment du déclenchement d’une guerre réactionnaire qui a des conséquences non seulement pour la classe ouvrière européenne mais pour l’entièreté de la classe ouvrière internationale. Les différents gouvernements et patronat du monde entier chercheront à en faire payer le prix aux travailleurs.

C’est un fait certain qu’il y a cette crise mondiale, mais un autre fait indéniable c’est qu’il existe une autre réalité, c’est celle du combat héroïque des 300 000 travailleuses et travailleurs de la santé qui sont en lutte aujourd’hui en Angleterre dans une grève exemplaire, un mouvement qui fait partie de plusieurs grèves en Europe. Il faudrait également mentionner le combat aussi héroïque des paysans et des classes populaires du Pérou qui résistent face à la répression, et depuis ce congrès on envoie une énorme salutation, un énorme encouragement au peuple travailleur du monde entier puisque la classe est une et sans frontières.

Les révolutionnaires doivent avoir un point de vue international et un militantisme internationaliste. Et cela ne signifie pas simplement de nous solidariser avec les luttes mais de les étudier, d’en tirer les leçons stratégiques et d’améliorer notre programme, notre stratégie, la lutte idéologique depuis notre point de vue, du marxisme révolutionnaire, et aussi apporter à la construction d’un grand parti révolutionnaire de la classe ouvrière.

La France a une histoire extrêmement riche de la lutte des classes et elle a appris beaucoup de choses à toute la classe ouvrière au niveau international. Et la classe ouvrière internationale a beaucoup appris de la Commune de Paris qui a été la première expérience de gouvernement des travailleurs du monde. Cela a posé les bases non seulement théoriques mais pratiques des expériences d’occupation d’usines et de la remise en production des usines, c’est-à-dire le berceau des premières expériences de gestions ouvrières qui a impacté toute la classe ouvrière internationale.

Et nous, modestement, en Argentine et chez Zanon, on se sent les héritiers de ces communards, qui avec du courage et de la témérité ont remis à produire les usines après les avoir expropriées quand la bourgeoisie fuyait lâchement, donnant un exemple du potentiel de la classe ouvrière.

Mais la Commune de Paris nous a laissé d’autres apprentissages dont le parlementarisme révolutionnaire ; le fait qu’un élu avec un mandat ne pouvait pas gagner plus qu’un travailleur de base. Cela mettait en évidence une caste politique qui s’enrichit à traves les postes dans l’Etat, ce qui est aujourd’hui massivement rejeté par la population. Nous avons la fierté de dire que nos députés du PTS en Argentine ne gagnent pas plus qu’un travailleur ouvrier et qu’ils mettent le reste de leur salaire au service des luttes.

Mais ce n’est pas seulement historiquement que la classe ouvrière française a influencé à travers le monde. Il n’y a pas si longtemps aussi le mouvement des Gilets jaunes a secoué le monde entier. Ils ont mis en échec le gouvernement et ont généré la sympathie de milliers et de milliers de travailleurs à travers le monde. Cet exemple du mouvement des Gilets jaunes et celui de la jeunesse chilienne qui est descendue dans la rue et s’est affrontée au gouvernement de Piñera rendent compté de l’héroïsme de la jeunesse, de sa capacité et potentiel à mettre en déroute les régimes bourgeois.

Mais nous, les révolutionnaires, on est conscients que les révoltes ne suffisent pas. Les révoltes peuvent mener à la déroute de gouvernements mais elles ne suffisent pas pour vaincre. C’est pour cela que nous devons travailler intensément à la construction de cette victoire stratégique.

Engagés dans cette tâche historique, nous dédions beaucoup de temps à l’étude, à la formation, à l’élaboration théorique et politique. C’est pour cela que je revendique la publication du livre, De la mobilisation à la Révolution, qui permet montrer réellement quelle est notre stratégie : passer de la mobilisation à la révolution, et cela est une tâche que nous dévons réaliser de façon très consciente.

Le militantisme et la pratique internationaliste n’est pas une phrase toute faite pour la répéter les jours de fête seulement. Elle exige un engagement militant pratique et quotidien.

C’est pour cela, que depuis le PTS et la Fraction Trotskyste – Quatrième Internationale, on a suivi avec énormément de fierté la campagne politique de notre camarade Anasse Kazib ici. Une campagne anticapitaliste, anti-raciste, anti-impérialiste, et qui a été suivie par beaucoup de jeunes, par les mouvements LGBT, par des mouvements écologistes, et qui a marqué les esprits. C’est-à-dire unifier ce que nous disons sur le papier avec une pratique.

Une organisation révolutionnaire internationaliste, ce n’est pas une accumulation d’accords diplomatiques entre différentes organisations. Il s’agit en réalité de construire le parti international de la révolution socialiste. Et on est très heureux de voir qu’est soumise au vote de ce congrès l’intégration de la nouvelle organisation à la Fraction Trotskiste - Quatrième Internationale, et de continuer à participer à son réseau de quotidiens dans 14 pays et 7 langues. Et cela est une grande tâche militante.

Et cet ancrage internationaliste est un énorme point d’appui pour construire une organisation révolutionnaire face à la crise qui est en train de traverser la gauche et l’extrême gauche française. Et nous sommes prêts, depuis la FT, et depuis les accumulations qu’on a dans différents pays à se mettre à la disposition de la création de la nouvelle organisation et on est très contents de ce qui va sortir dimanche de ce congrès. On vous fait un salut extrêmement fraternel et on vous souhaite beaucoup de choses dans le combat qui vous attend.

Et sachez que partout où vous menez ce travail vous n’êtes pas seuls, qu’on fait le même combat dans tous les pays où la FT existe. Vive Révolution Permanente ! vive la FT ! Et vive la Quatrième Internationale !

VOIR TOUS LES ARTICLES DE CETTE ÉDITION